14 Mars 2018

Mali: Des armes de guerre en pays dogon

Au Mali, au moins 25 civils ont été tués en une semaine dans des affrontements communautaires entre éleveurs peuls et agriculteurs dogons, dans le cercle de Koro. Le conflit s'étend au centre du pays.

Ce conflit ancestral est aggravé par la situation sécuritaire dans le pays. Les Dogons accusent en effet les Peuls de soutenir les djihadistes tandis que les Peuls affirment que l'armée malienne arme les Dogons. Alors, d'où viennent les armes de guerre qui aggravent ce conflit ?

Depuis le début de la crise malienne, il est frappant de constater que les autorités publiques ont mal estimé la détérioration de la situation au centre du pays et aussi mal évalué la capacité de l'Etat à gérer les conflits qui s'y développent.

"Les armes se vendent comme les arachides"

Aujourd'hui, c'est ainsi avec des armes de guerre que les communautés s'affrontent. Selon Nouhoum Togo, ancien porte-parole ministère de la défense du Mali, ces armes viendraient du marché noir issu des différentes crises qui se sont succédées dans la région. Il explique que "c'est par le nord du Mali et du côté de la Libye que les armes sont entrées sur [le] territoire. Aujourd'hui, les armes sont vendues à Gao, Tombouctou et Kidal comme l'arachide. Donc les gens peuvent trouver des armes partout."

Mais d'après Paul Mben, journaliste malien, il n'y a pas que la crise libyenne qui enrichit le marché du trafic d'arme au Mali, dans une zone "frontalière du Burkina".

Or "le Burkina au temps de Blaise Compaoré a pris part à beaucoup de conflits dans les pays limitrophes, notamment en Côte d'ivoire et au Mali. Et c'était aussi la source du trafic d'armes."

Des FAMA dépouillées

Par ailleurs, le journaliste Paul Mben explique que les attaques terroristes dont ont été victimes ces dernières années les forces de sécurité du Mali expliquent également la présence de certaines armes de l'armée régulière entre les mains des groupes communautaires car "quand les militaires sont mis en déroute, les assaillants prennent leurs armes, ils prennent les véhicules. Et ils les revendent sur le marché noir."

La crise politico-sécuritaire malienne ne peut donc plus être circonscrite au nord du pays. La tension dans le centre a des répercussions nationales et il est clair que les préoccupations sécuritaires sont tout aussi urgentes au nord et au centre du Mali.

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