15 Mars 2018

Tchad: Les fonctionnaires tchadiens sur leur garde malgré l'accord avec le gouvernement

Les fonctionnaires tchadiens ont décidé de reprendre le travail après un accord conclu avec le gouvernement mercredi soir. Mais une partie des syndicalistes reste sceptique sur les concessions obtenues.

Si les leaders syndicaux et certains salariés ont la sensation d'avoir obtenu ce qu'ils voulaient dans cet accord, ce n'est pas le sentiment de nombreux autres fonctionnaires.

Pour certains, cet accord comporte beaucoup de zones d'ombre.

"Il a été dit clairement que l'abattement des salaires sera restitué mais on se demande quand ? S'agissant du moratoire de trois mois qui sera observé par les banques, par rapport aux agents de l'État qui ont des crédits, il convient de relever que les banques sont dans une situation de droit privé", commente un juriste qui a requis l'anonymat.

"Donc concernant ce moratoire, poursuit-il, le gouvernement doit discuter avec les banques au préalable et obtenir d'elles une réponse positive. L'avenir nous dira mieux s'il y a des zones d'ombre."

Un "accord de dupe"

Mahamat Nour Ahmat Ibedou, Inspecteur général du Trésor émet également des réserves quant à l'engagement du gouvernement.

"Nous avons un sentiment d'inachevé parce que beaucoup de points ont été occultés, et des point importants. Vous savez que le gouvernement a une technique habituelle de négociations, celle de mettre ce qu'on appelle des verrous artificiels et de donner l'impression qu'ils ont cédé", prévient-il.

Et d'ajouter : "Or, en fait, sur le fond ils n'ont pas cédé. Voilà qu'on se retrouve avec le problème de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) qui n'est pas réglé, et le problème des différentes taxes que les syndicats avaient mis comme conditions pour la reprise du travail, ça n'a pas été non plus résolu. Donc nous craignons que ça soit un accord de dupe."

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Mais le président de la plate-forme syndicale revendicative, Michel Barka, tient à rassurer les fonctionnaires: "La meilleure garantie pour nous, c'est qu'on a quitté la table de négociation avec le gouvernement pour aller à la présidence de la République. Et le président lui-même, qui a suivi de bout en bout ces négociations, s'est engagé à être garant de l'application de cet accord. C'est très important pour nous ! La signature de cet accord, dès que ça va clocher, nous allons l'interpeler. Si le gouvernement ne respecte pas cet accord, nous allons réagir immédiatement. Cet accord nous oblige à surveiller les activités du gouvernement quotidiennement."

Suite à la signature de ce compromis, les écoles, universités et hôpitaux, fermés depuis sept semaines, devraient de nouveau fonctionner.

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