19 Mars 2018

Tunisie: Nord-Ouest - Manque d'infrastructures... oisiveté

Il suffit d'ailleurs de se rendre dans l'une des contrées ou des villes du Nord-Ouest pour constater cet état des lieux inquiétant qui rend compte des disparités régionales et des clivages sociaux entre les régions côtières et les zones de l'intérieur.

Cet état des lieux peu propice au divertissement, à titre d'exemple dans les régions du Nord-Ouest, réduit les activités des élèves à la fréquentation des cafés où ils passent leurs journées à jouer aux cartes quand ils disposent de moyens financiers, bien sûr, alors que d'autres sont contraints à flâner dans les rues ou à s'adonner à des jeux de quartier.

C'est le cas des jeunes de la ville du Kef qui, faute d'activités distractives à même de les motiver, se trouvent contraints de basculer dans la routine des va-et-vient entre les cafés des parcs d'attractions qui ne diffèrent pas beaucoup des cafés, excepté qu'ils offrent plus de produits de consommation.

Chiheb et ses compagnons du lycée pilote en classe terminale se passent tous les jours des coups de fil pour se fixer des rendez-vous dans tel ou tel autre lieu pour se rencontrer et passer les après-midi et même une partie de la soirée à jouer aux cartes ou à discuter de tout et de rien, en sirotant un thé ou un café express.

La nuit devient longue pour les parents car leurs progénitures passent pratiquement leurs nuits à échanger et à communiquer sur les réseaux sociaux. Ils ne dormiront que lorsque la journée donne des signes de levée pour se réveiller tard dans la journée.

Les activités culturelles se font rares

Côté culturel, les activités sont limitées pendant les vacances et ne portent que sur l'organisation de quelques festivals ou des journées culturelles qui rebutent souvent les jeunes.

Fort heureusement qu'il y a un festival de jazz qui se tient les quatre premiers jours des vacances, mais là encore, c'est une question de moyens car les billets coûtent cher, et rares sont ceux qui arrivent à suivre toute la programmation du festival, ce qui les rabat à pratiquer des activités routinières.

Pour les moins jeunes, autrement dit les élèves du primaire, des activités sont programmées par leurs familles, notamment de petites escapades dans les villes pour faire du shopping ou des visites à des membres de la famille où l'on joint le dépaysement au changement de décor, ou encore au divertissement, quand cela est possible.

Maisons de jeunes désertées

D'ailleurs, de minces activités sont prévues par les commissariats régionaux en faveur de l'enfance, alors que les maisons des jeunes ou de la culture sont pratiquement désaffectées tant elles n'offrent pas un menu culturel attractif pour les jeunes et les moins jeunes.

Mondher Ben Hammadi, dont l'unique fille, en classe de 5e année primaire, passe ses journées, nous confie-t-il, accrochée à son petit portable et connectée aux réseaux sociaux. Elle compte, ajoute-t-il, près de 400 amis, ce qui rend aussi compte de l'addiction des enfants à cette nouvelle technologie de communication qui représente véritablement une vraie manie marquée par une exaltation euphorique de l'activité mentale pour des activités ludiques. Cette minette d'à peine 11 ans n'est pas unique dans son cas. Toutes ses copines de classe auraient souscrit pour le même mode opératoire de communication.

En milieu rural, le topo est très différent mais l'addiction à l'internet est devenue aussi une réalité inquiétante d'autant plus, comme l'a expliqué Sofiène, un jeune de la localité de Sfaya à Sakiet, c'est la mode qui se généralise et cela met tout le monde en contact. Faute de mieux, il ne peut que profiter des forfaits qu'offrent les opérateurs de téléphone mobile, cela devient abordable et rend possible les liens à distance.

Il se rend de temps en temps en ville où il rencontre certains de ses amis et passe la journée au café ou à flaner.

Il faut reconnaître que les loisirs coûtent les yeux de la tête, notamment dans les lieux publics comme les hôtels, les restaurants et même les voyages en train ou en bus, d'autant plus que la baisse du pouvoir d'achat a cloué tout le monde au logis et contraint les jeunes à se rabattre sur des mièvreries pour leur divertissement.

Tunisie

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