19 Mars 2018

Congo-Kinshasa: « Sans l'assistance humanitaire, les choses seraient encore pires »

Photo: Myriam Asmani/MONUC
Un femme avec son enfant dans un camp de déplacés en RDC

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a commencé son intervention en mentionnant l'histoire de Moisi, une Congolaise réfugiée dans le camp de Kalémie qu'il a rencontré lors de sa mission et dont l'un des enfants, Chabani, au ventre gonflé, est apparu dans les médias.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a commencé son intervention en mentionnant l'histoire de Moisi, une Congolaise réfugiée dans le camp de Kalémie qu'il a rencontré lors de sa mission et dont l'un des enfants, Chabani, au ventre gonflé, est apparu dans les médias.

Mme Moisi, a poursuivi le Secrétaire général adjoint, fait partie des 4,5 millions de personnes actuellement déplacées en RDC, soit la plus importante population déplacée en Afrique. En outre, 680 000 Congolais ont fui vers les pays voisins.

En RDC, la situation humanitaire est complexe et immense. Plus de 13 millions de Congolais dépendent aujourd'hui de l'aide humanitaire pour survivre, soit 50 % de plus qu'en 2017.

Environ 7,7 millions de Congolais souffrent d'insécurité alimentaire grave - une augmentation de 30 % en un an, tandis que plus de deux millions d'enfants souffrent de malnutrition grave.

En plus de la crise des déplacés et alimentaire, le vaste pays d'Afrique centrale doit également faire face à l'éclatement d'épidémies comme celle de choléra, la plus violente depuis 15 ans dans la région. A cela s'ajoute, ce que M. Lowcock a qualifié d'« épidémie » de violences sexuelles.

Si on ne met pas un terme à ces violences et si on ne parvient pas à une transition politique réussie, ces chiffres augmenteront encore, a averti le Coordonnateur des secours de l'ONU, tout en soulignant la résilience du peuple congolais et sa généreuse solidarité.

Sans l'assistance humanitaire, les choses seraient encore pires, a poursuivi le Secrétaire général adjoint. Il a rappelé que cette aide avait pu atteindre l'an dernier quelque 4,5 personnes, et a dit espérer en atteindre 10,5 millions en 2018, malgré les réticences et obstacles bureaucratiques.

M. Lowcock a à cet égard mentionné la signature dans l'État du Tanganyika d'un accord entre le Gouverneur local et le Coordonnateur humanitaire en RDC, qui vise à réduire les taxes et autres obstacles bureaucratiques.

Aide humanitaire : les contributions financières doivent être « importantes et immédiates »

Devant le Conseil de sécurité, le chef de l'Office de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a insisté que le problème principal de l'aide humanitaire en RDC reste son financement.

M. Lowcock a déclaré que le plan de réponse humanitaire pour 2018 demandait « presque quatre fois le montant reçu l'an dernier ». C'est à cette fin que se tiendra, le 13 avril, une conférence à Genève, qui doit garantir des contributions financières « importantes et immédiates ».

Le chef de l'humanitaire de l'ONU a demandé aux États membres du Conseil de sécurité de veiller à ce que la situation humanitaire en RDC figure à l'ordre du jour de leur gouvernement et que ces derniers apportent leur contribution le 13 avril. Il a par ailleurs appelé les pays voisins de la RDC à se comporter de manière responsable.

Quant à Mme Moisi, M. Lowcock a expliqué aux membres du Conseil que ses souhaits étaient de se réinstaller, d'avoir un petit lopin de terre à cultiver et que ses enfants puissent aller à l'école. « Ce n'est pas trop demander, n'est-ce pas ? » a-t-il conclu.

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