19 Mars 2018

Congo-Kinshasa: Liste actualisée de partis politiques - Elections 2018 - Vers une nouvelle incertitude !

Où va-t-on ? Pourtant, le calendrier est là. Le Budget des élections est aussi là. Maintenant, la loi électorale, quoi qu'elle soit encore en traitement à la Cour Constitutionnelle, avait déjà tracé le cadre.

Au cours de cette session de mars, les Députés et Sénateurs devront, à leur tour, s'acquitter de leur mission, en examinant en mode d'urgence, la loi portant répartition des sièges. Et si tout va bien, le 23 juin 2018, la CENI convoquera le corps électoral. Entretemps, l'annonce de la publication d'une nouvelle liste actualisée de partis et regroupements politiques fait jaser. Dans les rangs des opposants redoutés, la morve monte déjà au nez. Il suffirait que la liste sorte, pour qu'ils éternuent au gré de leurs capacités de contestations. D'où, les élections 2018 vont, une fois de plus, baigner dans une nouvelle zone d'incertitude.

La CENI, selon Corneille Nangaa, attend la liste revue et corrigée des partis et regroupements politiques, au plus tard, le 27 mars 2018. Ce sera une base importante pour la suite de son travail, pour la matérialisation du processus électoral. Déjà, le 31 janvier 2018, elle en avait fini avec le fichier électoral dont elle procède jusqu'à ce jour, au traitement qualitatif de son contenu pour l'adapter au principe de l'unicité. Mais, pour avancer et prendre le taureau par les cornes, la CENI aura également besoin de cette liste en vue de réaliser ses derniers réglages.

Or, la publication de celle-ci, comme d'aucuns peuvent se rendre à l'évidence, pourrait produire l'effet d'une bombe, si jamais les partis politiques dits dédoublés et dont les morceaux sont tantôt, à la Majorité, tantôt au G7 ou, ailleurs, au sein de l'Opposition radicale, ne s'y retrouvaient pas. A un certain moment, une mouture "non officielle" qui avait été balancée sur les réseaux sociaux avait provoqué le courroux de Jean-Marc Kabund, du côté de l'Udps, depuis les hauteurs de la 11ème Rue, à Limete.

Il y a peu, réagissant à chaud, ce parti d'Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février 2017 et dont le corps n'a été ni rapatrié, ni inhumé à N'sele, comme convenu, revendiquait sa place au soleil dans la perspective de sa participation aux élections fixées au 23 décembre 2018. Kabund, sans moufles, ni fioriture, brandissait le spectre hideux de la reprise des manifestations ainsi que d'autres tintamarres, au cas où le Ministère de l'Intérieur ne se ravisait pas.

Dernièrement à Johannesburg, les co-fondateurs de la plateforme "Ensemble pour le changement, réunis autour de leur coqueluche : "Moïse Katumbi", disaient n'avoir aucune inquiétude, quant à l'éventualité de la publication d'une liste qui ne tiendrait pas compte de l'option levée aux discussions directes, arbitrées par les Evêques du 8 décembre 2016 au 27 mars 2017, celle portant sur la fin du dédoublement des partis politiques. D'ailleurs, Delly Sessanga et Lumbi Okongo y sont revenus, lors de la séance de restitution qu'ils ont co-animée, ce week-end à Kinshasa.

Loin s'en faut, pour eux, une telle liste s'il était donné au Ministère de l'Intérieur de ne pas mettre un peu d'huile sur le feu, il ferait mieux de s'inscrire dans la droite ligne de l'Accord de la Saint Sylvestre qui, soit dit en passant, proscrivait toute idée d'exclusion ou de mise à la paille, des opposants dont la silhouette emberlificote les calculs de la Majorité. Il prévoyait, en plus, l'esprit de consensus en vue des élections apaisées.

Dans cette perspective, le Comité de Laïc de Coordination, dans une lettre-fleuve adressée à Antonio Guterres, a sonné le tocsin, lorsqu'en décrétant une trêve jusqu'au 30 avril 2018, il sollicite, à la fois, l'implication de l'Onu et, surtout, la robustesse du mandat de la Monusco, en ce qui concerne les opérations pré et post-électorales, y compris la protection des civils.

De même que ce Comité Laïc de Coordination, auteur des marches du 31 décembre 2017, du 21 janvier 2018 et du 25 février 2018, admoneste que d'ici le 30 avril 2018, si rien n'est fait dans le sens de renvoyer des signaux clairs dans le volet décrispation politique et de la fin du dédoublement des partis politiques, il pourrait reconsidérer cette trêve, reprogrammer et intensifier ses manifestations d'envergure. Certes, la menace est là. Mais, si elle est jointe à celle de tous les partis et regroupements qui se sentiront exclus, il y a bien lieu d'enregistrer un nouveau big-bang politique qui, au finish, risquerait de secréter des effets pernicieux de nature à obnubiler ou entortiller le processus électoral, dans son ensemble.

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