20 Mars 2018

Seychelles: L'opposition rejette un projet de base militaire conjointe avec l'Inde

L'opposition seychelloise, majoritaire au Parlement, a annoncé ce mardi 20 mars qu'elle ne ratifierait pas un accord signé entre l'archipel et l'Inde pour la construction d'infrastructures militaires sur l'île de l'Assomption.

La coalition d'opposition Linyon Demokratik Seselwa (LDS/Union démocratique seychelloise, en créole) «ne ratifiera pas l'accord sur l'Assomption, cet accord est mort», a déclaré devant l'Assemblée nationale le chef de file de l'opposition, Wavel Ramkalawan.

La LDS est majoritaire à l'Assemblée nationale depuis sa victoire aux législatives de 2016 et cohabite avec le gouvernement du président Danny Faure. Lundi 19 mars, M. Faure avait pourtant indiqué qu'il rencontrerait M. Ramkalawan le 26 mars, pour discuter de cet accord qui prévoit la création d'une base militaire sur l'île de l'Assomption, située à environ 1 100 km au sud-ouest de l'île principale des Seychelles, Mahé, dans l'océan Indien.

Le principe de cette base, propriété des Seychelles, financée par l'Inde, et utilisée et gérée conjointement par les deux pays, avait été adopté en 2015 à l'occasion d'une visite du Premier ministre indien Narendra Modi aux Seychelles. Plusieurs points de détail ont ensuite dû être réglés, ce qui a mené à la signature d'un accord final le 27 janvier, lequel doit encore être ratifié par l'Assemblée nationale seychelloise.

Vive opposition

Mais cet accord a suscité une vive opposition au sein de la population des Seychelles. Depuis sa signature, des manifestations régulières ont eu lieu à Victoria, la capitale, pour protester contre la présence indienne dans l'archipel.

Ces réactions ont influé sur la position de l'opposition, qui jusque-là était favorable à la création de la base mais s'interrogeait sur les concessions faites à l'Inde. «Nous avons pris plusieurs choses en considération, et notamment les manifestations contre ce projet», a reconnu Roger Mancienne, le président de la LDS, pour justifier le refus de voter en faveur de l'accord.

Pour le gouvernement seychellois, cette base militaire doit permettre une meilleure surveillance de la zone économique exclusive (1,3 million de km²) par les gardes-côtes, chargés de lutter contre la pêche illégale, le trafic de drogue, la piraterie et de protéger les îles les plus éloignées.

L'Inde, qui serait prête à investir 550 millions de dollars (446 M EUR) pour construire cette base, que des pays tiers pourront aussi demander à utiliser, la considère comme un moyen d'assurer le ravitaillement et la sécurité de ses bateaux déployés dans le sud de l'océan Indien.

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