20 Mars 2018

Afrique: « Faisons nos échanges commerciaux sur le continent et ensemble » (CEA)

« Au moment où les systèmes commerciaux mondiaux semblent si incertains, il devient évident de privilégier les opportunités sur notre continent », a déclaré Vera Songwe, la Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA).

Mme Vera Songwe, s'exprimait lors de la 18ème session extraordinaire du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA), qui se déroulait le 19 mars à Kigali. Elle a souligné que la signature et la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale devraient permettre de protéger l'Afrique contre les menaces économiques mondiales croissantes et affirmer son importance en tant que puissance économique sur la scène mondiale.

Le Conseil exécutif est chargé d'examiner les projets de décisions et de déclarations sur l'AfCFTA qui seront soumis à la signature des chefs d'États africains le 21 mars.

En 2012 les chefs de gouvernements africains se sont mis d'accord pour établir une zone de libre-échange continentale. Ils ont entamé des négociations en 2015 et l'accord devrait être signé par 55 Etats membres de l'Union africaine.

L'Afrique « ne sera pas épargnée » par la « vague de protectionnisme et d'anti-mondialisation » qui touche le monde développé, a déclaré Mme Songwe, citant l'exemple des Etats-Unis qui ont récemment annoncé des augmentations des tarifs sur les importations d'acier et d'aluminium. Or le continent africain exporte actuellement 800 millions de dollars d'acier et d'aluminium vers les Etats-Unis.

La Secrétaire exécutive a également noté que les Etats-Unis ont menacé de révoquer les préférences de l'AGOA pour plusieurs pays d'Afrique de l'Est, pour un montant d'environ 450 millions de dollars, si la sous-région ne renonce pas à son plan d'industrialisation qui vise à réduire l'importation de vêtements d'occasion.

L'AGOA, African Growth Opportunities Act ou Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique, est une loi américaine votée et promulguée en mai 2000 par le Congrès américain. Elle a pour but de soutenir l'économie des pays africains en leur facilitant l'accès au marché américain s'ils suivent les principes de l'économie libérale. Cette loi accorde aux pays éligibles un accès en franchise de droit de douanes et sans restriction quantitative de leurs produits exportables sur marché américain.

Ces orientations, auxquelles s'ajoute la décision britannique de sortir de l'Union européenne en 2016, portent atteinte à la confiance dans les processus d'intégration régionale, a déclaré Mme Songwe, ajoutant que« l'AfCFTA peut aider l'Afrique à surmonter ces défis ».

Pour la chef de la CEA, l'AfCFTA est bien plus qu'une opportunité commerciale pour l'Afrique. C'est également l'occasion de renverser la tendance à laisser « nos jeunes sous-employés, sans tirer pleinement partie de leurs potentialités, alors que parallèlement nos exportations vers les pays hors du continent sont dominées par des biens à forte intensité de capital».

L'AfCFTA constitue aussi une opportunité pour les femmes qui représentent plus des deux tiers des personnes occupées dans le commerce transfrontalier informel sur le continent. Elles font souvent face à des défis et à des risques considérables comme le harcèlements et les abus, du fait qu'elles exercent principalement via des réseaux informels.

« L'AfCFTA simplifiera le commerce transfrontalier et créera un environnement plus favorable pour les commerçants en Afrique », a affirmé Mme Songwe.

Mme Songwe a réitéré l'appui de la CEA et le soutien nécessaire aux gouvernements africains pour faire de l'AfCFTA une réalité, ajoutant que « c'est la voie à suivre si nous voulons nous industrialiser, diversifier notre économie et créer les emplois nécessaires pour nos jeunes».

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