21 Mars 2018

Sénégal: Abdoulaye Diop, directeur de la sécurité publique - «Les délinquants, où qu'ils se trouvent, seront traqués, interpellés et mis à la disposition de la justice»

Face aux nombreux cas d'enlèvements et de meurtres d'enfants notés ces temps-ci, le directeur de la sécurité publique a fait face à la presse hier, mardi 20 mars pour rassurer les populations. Selon le Commissaire divisionnaire Abdoulaye Diop, la Police va traquer tous les délinquants et les mettre à la disposition de la justice.

Que les criminels et les fauteurs de trouble se le tiennent pour dit. La Police est à leur trousse et aucun crime ne restera impuni. Le directeur de la Sécurité publique, le Commissaire divisionnaire Abdoulaye Diop est formel. Face à la presse hier, mardi 20 mars, il a tenu à rassurer les populations suite à la psychose née des nombreux enlèvements suivis de meurtres d'enfants constatés ces derniers jours.

«Depuis un certain temps, il y a un sentiment d'insécurité qui se fait sentir au Sénégal et qui est entretenu par le fait qu'il y a eu des enlèvements même parfois suivis de meurtres d'enfants.

Et face à ce phénomène qui ne saurait prospérer dans une société comme la nôtre... il a été institué des mesures de sécurité fortes pour faire face au phénomène», a déclaré Abdoulaye Diop. Et d'ajouter: «je tiens à rassurer les Sénégalais que les délinquants, où qu'ils se trouvent, seront traqués, interpellés et mis à la disposition de la justice».

Dans cette optique d'apporter des solutions aux «angoisses existentielles» des Sénégalais, la Police, en plus des dispositifs habituels, a annoncé d'autres mesures. «Vous savez que, traditionnellement, il y a des mesures de sécurité qui sont prises au niveau des différentes zones couvertes par la Police. Il s'agit des zones urbaines et des zones périurbaines.

Il y a des Commissariats de police, il y a les Brigades de recherches plus les Brigades anti-criminalité et des éléments de renseignement qui participent à la lutte contre le phénomène», a fait savoir le directeur de la Sécurité publique.

Qui plus est, «il y a eu, en amont de tout cela, une task-force qui est mise sur pied depuis quelques jours. Cette task-force regroupe la Sécurité publique, la Direction de la Police de l'air et des frontières (Depaf), la Direction de la Sécurité publique (Dsp), la Direction de la police judiciaire»

«LA POLICE EST EN TRAIN D'ETABLIR DES PASSERELLES DE COMMUNICATION ENTRE ELLE ET LA POPULATION»

A en croire le Commissaire divisionnaire, la Police usera de tous ces moyens pour endiguer ce phénomène de meurtres ré- currents. Ce qui justifie la «mise à disposition d'un renfort consistant en effectif et également en moyens matériels pour faire face à tous les faits délictuels». En effet, la Police est également décidée à collaborer avec les populations dans cette lutte.

Selon Abdoulaye Diop, elle s'est inscrite dans une «démarche de proximité qui n'exclue pas les personnes ressources, les délégués de quartiers, les présidents des associations sportives et culturelles, les journalistes». «Dans le dispositif de sécurité, la Police est en train d'établir des passerelles de communication entre elle et la population pour anticiper sur certains faits délictuels parce que la demande sociale de sécurité est là.

Il faut établir des voies et moyens pour combattre le phénomène criminel en occupant le terrain d'une façon régulière», a annoncé Abdoulaye Diop. Poursuivant son propos, le Commissaire divisionnaire a tenu à préciser que la «présence policière est devenue visible au niveau de Dakar, de l'autoroute, de certaines zones sensibles. Je vous assure que les hommes qui sont en civil sont beaucoup plus nombreux que les hommes qui sont en tenue.

Parce que les hommes qui sont en tenue exercent les missions de Police urbaine mais les hommes qui sont en civil exercent les missions de renseignement en même temps les missions de Police judiciaire».

DES PISTES DE LA POLICE SUR LE MEURTRE DE BEBE FALLOU A RUFISQUE

Evoquant le meurtre de Bébé Fallou à Rufisque, Abdoulaye Diop a tenu à lever toute équivoque. «Les gens ont découvert au niveau d'un jardin le corps du bébé. Ce jardin est proche d'un jardin où officie un aliéné. Ses allées et venues ont fait naître un sentiment de suspicion au niveau de la population locale. Elles ont dit que certainement ça devrait être lui le meurtrier.

Elles se sont ruées sur lui. C'est un gars qui a perdu la raison. Ils l'ont interpellé et sa vie étant en danger, en tant que défenseurs de l'ordre public, responsables de la protection des personnes et des biens, nous étions obligés d'utiliser la force pour l'extirper. Nous avons des pistes, mais nous ne pouvons pas dévoiler», a-t-il précisé.

«Au niveau des entrées et sorties des frontières, il y a eu des renforts conséquents»

«En dehors de la sécurité intérieure du pays, la sécurité extérieure également nous intéresse à plus d'un point. Au niveau des entrées et sorties des frontières, il y a eu des renforts conséquents.

Il y a aussi des moyens de communications qui ont été mis en place par l'Etat et qui nous permettent d'abréger les délais de communication et des délais pour trouver des solutions à certains problèmes qui se posent au niveau des zones périphériques pour veiller scrupuleusement aux entrées et sorties.

Bien vrai qu'avant que ce phénomène ne se passe, ce dispositif était mis en place dans le cadre de la lutte antiterroriste, mais il est renforcé depuis quelques jours parce qu'on connait des flux migratoires qui sont occasionnés par les rapports qui nous unissent aux pays voisins»

RAPTS D'ENFANTS Me Assane Dioma Ndiaye porte plainte contre X

Me Assane Dioma Ndiaye, veut porter le combat contre les crimes et violences dont les enfants sont victimes ces derniers temps au Sénégal. Le président de la Ligue sénégalaise des droits de l'homme (Lsdh) a simplement porté plainte contre X.

"Compte tenu de l'émoi et de la psychose qui traversent aujourd'hui tous les esprits, de la crainte existentielle même des parents, la Ligue sénégalaise des droits de l'homme (Lsdh) a décidé de déposer formellement plainte contre X au niveau du procureur près le tribunal hors classe de Dakar", a-t-il confié à Seneweb.

"C'est une décision qui fait suite aux assassinats, enlèvements et séquestrations des enfants dans notre pays. D'abord, c'était le meurtre de Fallou Ba, le 24 février 2018, à Touba, puis encore, ce 19 mars 2018, l'assassinat de Serigne Fallou Diop à Rufisque", explique le juriste.

Pour Me Assane Dioma Ndiaye, l'impératif c'est que la justice sévisse. "Notre combat est pour que toute la lumière soit faite et que les auteurs de ces crimes odieux et abominables soient identifiés, arrêtés et jugés conformément à la loi.

Ils doivent être punis de la façon la plus sévère afin de dissuader de tels actes de barbarie". "En plus des assassinats, ce sont ces actes cruels et barbares qui révoltent le plus puisque apparemment il y a des parties du corps qui sont visés chez ces jeunes innocents.

La loi, en plus de l'assassinat, condamne les circonstances aggravantes s'il y a des actes de barbarie", poursuit-il. Me Ndiaye est d'avis qu'un appel à témoin doit être lancé. "Tous les citoyens ont droit à la protection, et l'État est débiteur d'une obligation de sécurité à l'égard de ses citoyens", souligne l'avocat

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