4 Avril 2018

Kenya: Dans leurs camps, les réfugiés éthiopiens s'organisent pour survivre

Photo: © RFI/Sébastien Nemeth
Les réfugiés éthiopiens et les Kenyans locaux ont improvisé un marché ensemble dans le camp de Moyale.

Près de 10 000 Ethiopiens sont toujours réfugiés au Kenya. Trois semaines plus tôt, suite à des exactions de l'armée contre des membres de la communauté Oromo, plusieurs milliers de personnes ont passé la frontière dans la région de Moyalé, dans le nord du Kenya. Le recensement des réfugiés et l'assistance humanitaire fournie par le gouvernement, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), la Croix-Rouge ou encore l'Unicef sont en cours. Mais beaucoup d'entre eux s'organisent pour essayer de gagner un peu d'argent.

Depuis une semaine, dans le camp de Sololo, dans le nord du Kenya, réfugiés

éthiopiens et habitants ont installé ensemble quelques étals sous un arbre. Ils vendent de l'eau, des sodas, des légumes.

Dabogoro Diga est réfugiée depuis une semaine avec ses deux enfants. Elle vend du khat, très consommé dans la région. « J'ai emprunté le khat à un grossiste kényan, nous raconte-t-elle. Je vends. Je le rembourse mais je garde le bénéfice. Les humanitaires nous donnent de la farine de maïs ou de l'huile. Mais avec l'argent, je peux acheter du lait pour les enfants et des légumes ».

Pour certains, le marché est une aubaine. Ethiopien, Wakodu Badjilo est installé à Nairobi, la capitale kényane. Ses parents ont fui leur pays et font partie des réfugiés. Il est venu à Sololo pour les aider.

« Si j'arrive à vendre, je peux récupérer un peu d'argent afin de leur trouver un meilleur endroit pour dormir ou leur acheter de la nourriture », explique-t-il. Pour autant, les affaires tournent au ralenti. Les réfugiés n'ont quasiment pas d'argent et le khat a tendance à dominer les autres marchandises.

Garder l'esprit occupé

Plus loin, Dulatcha Dida taille un morceau de bois pour en faire un siège. Dans sa fuite, il a emporté un outil de menuiserie avec lequel il fabrique un tabouret, une autre façon de gagner un peu d'argent.

« J'ai récupéré le bois d'un arbre tombé près d'ici, déclare-t-il. Je reçois de l'aide. Mais j'ai beaucoup d'enfants donc ce n'est pas assez. Alors pourquoi pas vendre ce siège ? Et puis travailler, ça garde mon esprit occupé. Si je ne fais pas ça, je repense à ce qui s'est passé ». Dulatcha Dida affirme en effet que dans sa ville, 27 personnes ont été tuées par l'armée éthiopienne.

En savoir plus

Le service de téléphone de la Croix rouge pour les réfugiés éthiopiens

Il y a trois semaines, suite à des exactions de l'armée contre des membres de la communauté Oromo,… Plus »

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