12 Avril 2018

Afrique: Peine de mort – « Une lueur d'espoir » venue d'Afrique subsaharienne

Photo: Premium Times
Corde suspendue pour une pendaison.

L'Afrique subsaharienne est citée en exemple dans la marche vers l'abolition de la peine de mort. L'ONG Amnesty Internationale dans son rapport 2017 sur la pratique a décerné un satisfécit à la région. Une lueur d'espoir est notée malgré la persistance de pays qui continuent de procéder à des exécutions.

Amnesty International a noté des avancées positives dans toute l'Afrique subsaharienne par rapport à la question de la peine de mort en 2017.

L'ONG s'est réjouie du fait que la Guinée est devenue le 20ème État abolitionniste avec une diminution considérable du nombre de sentences capitales et des notifications positives de la législation qui sont régulièrement enregistrées.

Les responsables du bureau Afrique de l'Ouest et du Centre de l'ONG International l'ont fait savoir lors d'un briefing avec la presse, le mercredi 11 avril à Dakar.

M. Steve Cockburn, directeur régional adjoint pour la recherche d'Amnesty a fait savoir que des mesures positives ont été prises dans toute l'Afrique subsaharienne, conduisant à une diminution du nombre enregistré de pays procédant à des exécutions.

En plus de la Guinée, ajoute-t-il, le Kenya a supprimé le recours obligatoire à ce châtiment en cas de meurtre. Avant d'ajouter que le Burkina Faso et le Tchad ont également pris des mesures pour le supprimer en adoptant de nouvelles lois ou en déposant des projets de loi en ce sens.

Sur cette lancée, il est a noté que la Gambie a signé un traité international engageant le pays à ne pas procéder à des exécutions et à s'orienter vers l'abolition de la peine de mort dans sa législation.

Une mesure saluée par l'Imam Baba Leigh de la Gambie qui était un militant contre la peine de mort dans ce pays. Ce qui lui avait valu d'être torturé par le régime de Yaya Jammeh d'alors pour s'être opposé  à l'exécution d'une douzaine de personnes, il y a quelques années.

Des exécutions au Nigéria, Somalie, Soudan du Sud

Malgré cet embelli, des poches de résistance existent encore en Afrique subsaharienne. Mme Kiné Fatim Diop, chargée de campagne pour l'Afrique de l'Ouest souligne que des exécutions ont été enregistrées dans deux pays comme la Somalie et le Soudan du Sud en 2017, contre cinq en 2016.

Dans cette dynamique, Amnesty International précise que 28 prisonniers ont été exécutés, 24 en Somalie et quatre au Sud Soudan, soit une légère hausse par rapport aux 22 exécutions au moins recensées en 2016.

Par ailleurs, il est à noté que le nombre de condamnation à mort a diminué, passant de 1086 au moins en 2016 à 878 au moins en 2017.

Avant de préciser que le Nigéria est le pays de la région qui a prononcé le plus grand nombre de condamnation à mort et qui comptait le plus grand nombre de prisonniers sous le coup d'une sentence capitale à la fin de l'année. Les responsable de l'ONG ont fait savoir que plus de 2000 personnes sont aujourd'hui dans le couloir de la mort au Nigéria.

La Chine, leader incontesté des exécutions dans le monde

Sur le plan global, Amnesty International a recensé au moins 993 exécutions dans 23 pays en 2017, soit 4% de moins qu'en 2016 (où 1032 exécutions avaient été enregistrées) et 39% de moins qu'en 2015 (année où l'organisation avait relevé le chiffre le plus élevé depuis 1989 : 1634 exécutions.

D'après l'ONG, la plupart des exécutions ont eu lieu, par ordre décroissante, en Chine, en Iran, en Arabie Saoudite, en Irak et au Pakistan.

Mme Kiné Fatim Diop a tenu à préciser qu'il est avéré que l'application de la peine de mort n'a pas permis de faire baisser la criminalité dans le monde. Ce qui, selon elle, est un facteur de plus qui doit convaincre les États récalcitrants à abandonner cette pratique qui menace l'humanité.

M. Steve Cockburn, pour sa part, pense que les États doivent plus investir dans le système judiciaire, les forces de sécurité pour mieux endiguer la criminalité et toute forme de menace.

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