14 Avril 2018

Sénégal: Adoption au forceps de la loi sur le parrainage - Macky, sur les pas de Wade !

Le Sénégal fait à nouveau face à une tension politique née de la volonté du pouvoir en place de procéder à une réforme constitutionnelle, à quelque mois de la prochaine présidentielle. Comme en 2011, le projet de réforme constitutionnelle sur le parrainage du régime en place semble de plus en plus créer les conditions d'une jonction de tous les adversaires du régime en place.

Se dirige-t-on donc vers un bégaiement de l'histoire au Sénégal ? A quelque mois de la prochaine élection présidentielle de 2019, le Sénégal semble de plus en plus gagné par l'ambiance pré-électorale très tendue comme celle qui a précipité la chute de l'ancien chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade et son remplacement à la tête du pouvoir exécutif par l'actuel président de la République, Macky Sall. Alors que la situation du pays est actuellement perturbée par un vent de contestation qui a fini de gagner tous les secteurs de la vie nationale, le régime du président Sall, de par sa détermination à faire adopter contre vents et marées son projet de réforme constitutionnelle en vue de la généralisation du système de parrainage à tous les candidats à l'élection présidentielle, est en passe de s'engager résolument s'engager sur une voie de passage en force de son projet de loi. Au même titre que son prédécesseur, Me Abdoulaye Wade, qui avait lui largement pâti de son projet de loi sur le quart bloquant.

Candidat déclaré de l'Alliance Sopi pour toujours, (Ast) à sa propre succession en 2012, Abdoulaye Wade dont la candidature pour un troisième mandat présidentiel avait déjà installé une vive polémique au sein de l'opinion publique, a en effet décidé contre toute attente d'apporter quelques changements dans le mode d'élection du président de la République. Lors du Conseil des ministres du jeudi 16 juin 2011, le gouvernement avait adopté ainsi un projet de loi constitutionnelle instituant le ticket de l'élection simultanée au suffrage universel du président et du vice-président de la République. Ce texte qui n'excluait pas explicitement un second tour à cette élection présidentielle prévoyait ce principe si et seulement si le candidat en tête au premier tour ne réunissait pas un minimum de 25% des suffrages exprimés. En réaction, l'opposition d'alors avec certains mouvements citoyens s'étaient mobilisés pour mener le combat contre ce projet de projet. Et c'est ce combat a permis le 23 juin 2011 le retrait dudit texte sous la pression populaire devant les grilles de l'Assemblée nationale alors que les députés étaient en pleine séance plénière.

Aujourd'hui, huit ans après ces événements, on semble assister à un bégaiement de l'histoire au Sénégal. En effet, l'actuel régime qui regroupe pourtant l'essentiel des anciens opposants qui avaient mené le combat contre la réforme constitutionnelle de 2011, ne cessant d'afficher sa détermination à faire passer la loi controversée sur le parrainage, semble récidiver. Et son projet de réforme constitutionnelle sur le parrainage dont l'examen à l'Assemblée nationale est prévu le jeudi 19 avril prochain est en train de créer les conditions d'une nouvelle jonction, comme ce fut le cas en 2011 de tous ses adversaires politiques. D'ailleurs, l'opposition en collaboration avec certaines organisations professionnelles ainsi que des mouvements citoyens ont procédé le jeudi 12 avril dernier, au lancement d'une nouvelle plateforme de lutte dénommée «Front démocratique et social de résistance nationale contre les manipulations constitutionnelles et électorales au Sénégal» pour s'opposer au vote de ce texte par les députés.

Sénégal

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