14 Avril 2018

Congo-Brazzaville: Ce que nous apprennent les "fake news"

Elles furent longtemps perçues et le sont encore plus ou moins comme des reflets de la réalité par les milliards d'humains qui surfent sur le Web à la recherche de données sur le monde pour le moins bigarré qui les entoure. Mais plus le temps passe, plus les déformations de la réalité sur lesquelles elles cherchent à faire fortune apparaissent au grand jour, provoquant une suspicion généralisée qui finira elle-même sinon par les détruire, du moins par les rendre si suspectes que personne de sensé ne leur accordera plus le moindre crédit.

Certes nous n'en sommes pas encore là même si les signes allant dans ce sens se multiplient, mais tout, à commencer par les déclarations des gouvernants sur les cinq continents, indique que la méfiance envers les réseaux sociaux qui sont les principaux vecteurs des "fake news" s'amplifie constamment. Avec, à plus ou moins brève échéance, la mise en place de barrières publiques qui auront pour objectif de rétablir la vérité lorsque celle-ci sera ouvertement menacée par la diffusion de fausses nouvelles.

Cette évolution s'imposera d'autant plus que les "fake news" sont de plus en plus utilisées par les extrémistes de tout poil - politiques, religieux, ethniques et autres - dans le seul but d'alimenter le fanatisme qui, lui-même, est à l'origine des pires désordres sociaux qui menacent la société moderne. D'où l'idée, exprimée ici sans l'ombre d'un doute quitte à passer pour un doux rêveur, selon laquelle l'explosion présente des "fake news" donne aux médias traditionnels, classiques, une occasion unique de s'imposer une fois pour toutes comme des sources d'information fiables, parce que respectueuses des règles éthiques qui régissent la presse.

Parce que le monde dans lequel nous évoluons aujourd'hui est tout à la fois ouvert et dominé par les nouvelles technologies de la communication qui abolissent l'espace et le temps, l'information vraie, puisée à bonne source et vérifiée, s'impose et s'imposera de plus en plus comme une donnée essentielle pour la réflexion, pour la prise de décision. Sur le plan individuel comme sur le plan collectif.

Contrairement à ce que croient et que disent nombre d'observateurs de la scène moderne, les médias classiques voient ainsi s'ouvrir devant eux, grâce aux progrès technologiques, une nouvelle avenue qui est celle de l'objectivité, du respect de la réalité, du rétablissement de la vérité face aux "fake news".

Si ce qui précède est juste, la presse écrite, notamment, verra dans les décennies à venir son influence grandir de façon spectaculaire. A l'inverse de ce que prédisaient certains lorsque l'internet s'est imposé comme l'instrument de la communication planétaire, l'écrit sous toutes ses formes, y compris la forme électronique, connaîtra un nouvel essor fondé sur le respect de la vérité, sur le contrôle minutieux des sources, sur la confrontation systématique des idées, sur la quête du réel et non de l'utopie. S'imposant comme le meilleur bouclier contre l'assaut désordonné des "fake news", il redeviendra ce qu'il était à l'origine, c'est-à-dire une référence à laquelle il convient de prêter la plus grande attention si l'on veut réellement comprendre le monde actuel.

A nous, dont c'est le métier, de faire en sorte que ce nouvel âge de la presse apparaisse comme la meilleure réponse que la société moderne puisse apporter à la terrible menace que porte en elle la percée des "fake news". Aux pouvoirs publics, qui ont tout à y gagner, de soutenir la presse dès lors que celle-ci s'attache à couvrir l'actualité de façon objective.

Congo-Brazzaville

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