15 Avril 2018

Afrique: 71ème Festival de cinéma de Cannes - Spike Lee et Abu Bakr Shawky en compétition

Le 71ème festival de Cannes se déroulera du 8 au 19 mai. Chaque année, l'Afrique et ses diasporas sont présentes dans la plus renommée des compétitions internationales, mais souvent là où on ne l'attend pas. En attendant les annonces des sélections parallèles, exploration de la sélection officielle annoncée ce 12 avril à Paris.

18 longs-métrages issus des 1906 visionnés concourent pour la célèbre Palme d'or. Thierry Frémaux, le délégué général du festival, avait annoncé un « renouvellement générationnel ».

Effectivement, la compétition se partage à 50/50 entre les poids lourds du cinéma mondial et de nouveaux venus. Même chose côté Afrique et diasporas puisque Spike Lee montre « BlackKkKlansman », son 49ème film, et le jeune réalisateur d'origine égypto-australienne Abu Bakr Shawky présente son 3ème : « Yemeddine ». « BlackKkKlansman » est un biopic : l'histoire vraie du premier agent de police noir de Colorado Springs à avoir infiltré sous couverture le Ku Klux Klan en 1978. On retrouve les trois K du titre du film qui joue sur « Black Klansman », le titre du livre de Ron Stallworth que Spike Lee adapte.

L'officier, incarné par John David Washington (« Ballers ») aux côtés d'Adam Driver, fera échouer des plans du KKK en réussissant à se hisser dans la direction de la terrible organisation suprémaciste blanche. Dans « Yemeddine », un lépreux copte et son apprenti orphelin font le tour de l'Egypte à la recherche de leurs familles. Le renouvellement est également vrai dans la section Un Certain Regard, qui complète la compétition, où l'Afrique est représentée par trois jeunes cinéastes. « Rafiki » de la Kényane Wanuri Kahiu met en scène une histoire d'amour entre deux femmes. Leurs pères s'affrontent aux élections locales, ce qui attire les regards. Arrêtées par la police, elles sont battues et doivent choisir entre amour et sécurité...

"Quelque chose me manquait dans la représentation des femmes du monde arabe", indique la Franco-marocaine Meyem Benm'Barek. Dans "Sofia", où l'on retrouve Lubna Azabal et Faouzi Bensaïdi, elle montre des femmes fortes qui ne sont pas des victimes. La jeune héroïne fait un déni de grossesse mais accouche finalement sans pouvoir justifier du certificat de mariage. Avec sa cousine, elles vont devoir rechercher le père toute la nuit...

Séances spéciales

Quant au Gréco-Sud-Africain Etienne Kallos, il s'attache avec « Die Stropers », tourné en Afrikaans en milieu conservateur blanc d'Afrique du Sud, à un jeune émotionnellement fragile à qui sa mère demande d'adopter comme frère un orphelin des rues. Il en résulte une lutte pour le pouvoir, l'héritage et l'amour des parents... Le festival propose également des séances spéciales, avec notamment « L'Etat contre Mandela et les autres » de Nicolas Chapeaux et Gilles Porte. Nelson Mandela aurait eu 100 ans en 2018. Les réalisateurs mélangent images d'époque, animations et archives sonores pour reconstituer le procès de Mandela et des sept autres accusés qui seront condamnés avec lui en 1964 au bagne à perpétuité.

Autre documentaire, « A tous vents » de Michel Toesca. Le réalisateur habite la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne. Il retrace le soutien illégal apporté par des habitants aux réfugiés majoritairement africains.

Migrants, histoire et héritage, racisme, amours transgressifs : ces films de cinéastes jeunes pour la plupart interrogent les problématiques contemporaines. Nous vous en rendrons compte, ainsi que de l'ensemble du festival.

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