15 Avril 2018

Tunisie: Ces nouveautés qui fâchent

La sélection officielle du 71e festival de Cannes qui se tiendra du 8 au 19 mai a été dévoilée, jeudi dernier par Pierre Lescure, président du festival et Thierry Frémaux, son délégué général. 18 longs métrages et 8 courts métrages ont été sélectionnés afin de concourir pour la Palme d'or, qui sera remise cette année par l'actrice australienne, Cate Blanchett, présidente du jury de cette 71e édition.

Le film iranien d'Asghar Farhadi, «Todos Los Saben», tourné en Espagne avec Penelope Cruz et Javier Bardem, donnera le coup d'envoi à la plus prestigieuse manifestation cinématographique du monde.

Il est vrai que cette édition est placée sous le signe de «l'engagement politique», puisque deux films dont les réalisateurs sont assignés à résidence dans leur pays ont été sélectionnés pour la compétition: «Three faces» (Trois visages), un road movie de l'Iranien Jafar Panahi, et «Leto» (l'été) du Russe Kirill Serebnnikov qui retrace l'histoire du rock à l'époque de l'URSS de Leonid Brejnev. Le président et son délégué ont déclaré avoir fait une demande à Téhéran et au Kremlin pour permettre la venue en mai des deux cinéastes.

Maintenant parmi les autres heureux élus figurent des «habitués», tels l'Italien Matteo Garrone avec «Dogman», le Sud-Coréen Lee Chang-Dong avec «Burning» et surtout l'immense réalisateur chinois Jia Zhang-Ke qui présente, après «Au-delà des montagnes» en 2015, «Purest White» cette année. Encore un film qui traverse le temps à travers 10 ans de la vie d'une femme maîtresse d'un voyou devenu notable.

Mais certains réalisateurs sont de retour sur la Croisette comme l'Américain Spike-Lee qui, 27 ans après avoir présenté «Jungle-Fever», revient avec «Blackkklansman», un film sur la communauté afro-américaine dans les années 70.

Le cinéma français est présent avec quatre films dont «Le livre d'image» de Jean Luc Godard, un habitué du festival ayant remporté en 2014, avec «Adieu au langage», le Prix du jury; «En guerre» de Stéphane Brizé et «Les filles du Soleil» d'Eva Husson.

Le cinéma arabe est représenté durant cette édition par deux films : «Capharnaüm» de la Libanaise Nadine Labaki, qui met en scène «le procès» intenté par un enfant à ses parents et «Yomeddine» de l'Egyptien A.B. Shawky.

Unique premier long métrage de la compétition, cet opus, sous forme de road-movie, met en scène «le voyage d'un lépreux, qui a quitté sa colonie, dans l'Egypte d'aujourd'hui».

Au-dela de la sélection officielle en compétition, «L'année 2018 sera celle du changement», a déclaré le délégué général du festival.

Aussi, plusieurs nouveautés et modifications du règlement intérieur prendront-elles effet lors de cette 71e édition.

D'abord, la modification du calendrier du festival qui commencera un jour plus tôt, le mardi au lieu du mercredi et se terminera le samedi de la semaine suivante au lieu du dimanche.

«Cela pour une meilleure médiatisation du festival», a déclaré Thierry Frémaux. Ensuite, le nouveau règlement stipule que «Tout film qui souhaite concourir pour la Palme d'or devra sortir dans les salles françaises». Une règle qui cible particulièrement Netflix. Ce que le directeur de la plateforme a refusé. Pas de films produits par Netflix cette année, à Cannes, donc.

Garantir le suspense total

Toutefois, la nouveauté du festival de Cannes qui suscite le plus la polémique, c'est la fin des «avant-premières presse» pour les films de la sélection officielle. Les critiques et les journalistes découvriront les films en même temps que le public, lors des séances de gala, en présence des équipes des films. Ou carrément le lendemain matin après les avant-premières.

Ce que déplore «le syndicat de la critique», cette décision «risquant de nuire à la couverture du festival par la presse internationale», cela faute de places qui devraient être partagées avec le public.

Pis, selon le syndicat, «cette modification pourrait inciter la presse à renoncer aux interviews ou de les faires avant d'avoir vu les films».

Ce changement pourrait avoir, toujours selon le syndicat, «de lourdes conséquences, telles que les retards dans la parution des articles et des critiques de films. Ce qui amènera les rédactions à privilégier les images aux textes et les tableaux d'étoiles aux analyses critiques».

Bref, la qualité de la couverture médiatique ainsi que l'image du festival pourraient s'en ressentir.

Mais on peut se demander pourquoi le festival a-t-il mis fin aux projections en avant-première des films pour les médias.

«L'objectif selon le délégué général est de redonner toute leur attractivité et tout leur éclat aux soirées de gala et de garantir le suspense total».

Car, on le sait, certains films sont mal accueillis par la presse qui les découvre avant la séance de gala «et du coup, explique Thierry Frémaux, on voit régulièrement des équipes, des acteurs et des réalisateurs, faire grise mine sur le tapis rouge après avoir appris que leurs films ont été mal accueillis par la projection de presse qui précède l'officielle».

Désormais donc, les séances de gala auront la priorité sur les projections de presse reléguées au même moment à 22h00 ou au lendemain matin.

On comprend donc que les chamboulements visent à garantir la sérénité des équipes de films et le renouvellement de l'engouement des festivaliers.

Il s'agit, au final, de maintenir l'effet de surprise,mais cela se fera-t-il au détriment de la couverture médiatique et de la pratique du métier de journalistes?

On verra bien lors de cette édition. Cependant, on peut se demander pourquoi n'a-t-on pas recouru comme le pratique le festival de Berlin, à la mise en place des embargos, les articles n'étant publiés qu'après les séances de gala.

En tout cas, si les critiques et les journalistes sont mécontents de cette décision, le Syndicat des producteurs, lui, soutient le délégué général, en saluant «cette évolution». Ainsi, la polémique n'est pas près de s'éteindre. A suivre, donc.

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