15 Avril 2018

Angola: Des manifestants exigent le retour du capital exporté illégalement

Luanda — Des dizaines de personnes se sont rassemblées samedi à Luanda pour exiger que les capitaux illicitement exportés soient restitués au pays et retournés dans le trésor public.

Les manifestants, qui ont répondu aux appels du mouvement d'alerte sur le rapatriement de capitaux, ont exhibé des affiches disant «rapatriement oui, mais pas de blanchiment d'argent».

La manifestation est associée au Projet de loi de rapatriement de ressources financières domiciliées à l'extérieur du pays, d'initiative du Président de la République, au projet de loi sur le Régime extraordinaire de réglementation patrimonial (RERP), proposé par l'UNITA, le principal parti d'opposition.

La proposition promue par l'Exécutif permet le rapatriement des dépôts à l'étranger sans poser de questions sur l'origine de l'argent et n'a aucune préoccupation sur le patrimoine, tandis que l'UNITA prévoit le paiement à l'Etat d'un taux de 45% sur le total.

Dans la proposition soumise à la plénière par l'exécutif, les Angolais avec des dépôts de plus de 100 mille dollars à l'étranger et non déclarés auront six mois pour faire leur rapatriement en Angola sans être soumis à aucune enquête criminelle, fiscale ou de change.

A son tour, le projet de l'UNITA prévoit que les ressources patrimoniales, transférées ou maintenues à l'étranger ou à l'intérieur du pays, non déclarés, provenant du territoire national par des personnes physiques ou morales, doivent être dûment déclarées à l'État angolais et le paiement de la contribution extraordinaire.

Laura Macedo, l'une des 13 premiers signataires de l'alerte sur le rapatriement des capitaux par le biais d'une amnistie, estime que des propositions ne vont pas à l'encontre des besoins de la population, car elles profitent aux auteurs de ces détournements des fonds publics.

"Nous voulons que l'argent revienne aux coffres de l'Etat et le Président de la République oublie l'histoire du volontarisme et entre immédiatement dans une forme coercitive", a déclaré l'activiste, qui n'exclut pas une procédure légale pour les prévaricateurs.

L'activiste veut un calendrier pour que le débat soit étendu à d'autres couches de la société, prédisant que l'Etat puisse avoir le soutien des pays où cet argent et les biens obtenus avec cet argent sont domiciliés.

A son tour, l'académicien Fernando Macedo, qui s'est également associé aux protestations, estime que l'argent doit être retourné à l'Etat et "non gardé par ceux qui ont épuisé le trésor, qui doivent aussi être connus de la société".

Selon lui, le Parlement, l'Exécutif, le BNA et le Ministère Public devraient contacter rapidement des organismes ou des institutions similaires de pays tels que le Portugal, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Suisse, l'Afrique du Sud et le Cap-Vert pour discuter des voies efficaces du retour des capitaux illégalement exportés.

A son Avis, la contrepartie pour une amnistie serait la dévolution de l'argent à l'Etat angolais.

Concernant les deux diplômes, il pense que celui de l'UNITA est plus inclusif que de l'Exécutif.

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