16 Avril 2018

Cote d'Ivoire: Naissance difficile d'un parti unifié !

Alors que le mandat du président ivoirien, Alassane Ouattara, tire inexorablement vers sa fin, le choix de son successeur devant consacrer l'alternance en 2020 divise profondément les cadres des partis politiques membres du Rassemblement des Houphëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), coalition au pouvoir. A l'origine des tensions, l'idée de création d'un parti unifié en lieu et place de la coalition.

Car, aux yeux des cadres ambitieux du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), cette démarche est contraire à l'esprit et à la lettre de l'Appel de Daoukro.

En effet, selon cet «Accord politique» conclu entre les leaders des deux formations politiques (RDR et PDCI-RDA), le président Henri Konan Bédié avait appelé à soutenir Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015. Ce compromis politique, qui avait donné naissance à la coalition au pouvoir RHDP, prévoyait la présentation d'un candidat unique issu cette fois-ci des rangs de l'ancien parti majoritaire, le PDCI-RDA en 2020.

Pour la branche radicale du parti d'Houphouët Boigny, on ne peut pas changer les règles pendant le jeu, et la démarche du président Ouattara cache mal son intention de conserver le pouvoir dans son sérail à la fin de son mandat. Après plusieurs mois de discorde entre les deux camps, le chef de l'Etat Alassane Ouattara et son allié, Henri Konan Bedié, se sont rencontrés le mardi 10 avril dernier au palais présidentiel de Cocody.

Ce tête-à-tête qui a avorté plusieurs fois a permis aux deux leaders de trancher sur la question du parti unifié puisqu'ils ont marqué leur accord pour sa mise en place.

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié «ont adopté le principe de l'accord politique pour la création d'un parti unifié», à l'issue de leur rencontre, ce mardi, au palais présidentiel du Plateau, à Abidjan, a précisé le communiqué conjoint. Mais, pour autant, la crise liée à l'alternance en 2020 a-t-elle définitivement tourné la page ? Rien n'est sûr.

En effet, la naissance du RHDP est vue par ceux qui passaient pour être de potentiels successeurs de Ouattara, comme une mare dans laquelle doivent se noyer leurs ambitions politiques. Et ce n'est pas une simple apparition de deux hommes politiques de quelque trempe que ce soit, qui leur fera avaler aussi facilement la couleuvre.

Ces derniers dont certains sont au soir de leur carrière politique ne vont pas badiner avec un fauteuil présidentiel pour lequel ils se sont investis corps et âme, des années durant et qui semble être aujourd'hui à leur portée.

Il se susurre même que le noyau dur des opposants au parti unifié prônent plutôt des alliances avec Guillaume Soro, l'actuel président de l'Assemblée nationale qui ne serait plus en odeur de sainteté avec le président Ouattara et que beaucoup appellent de tous leurs vœux à présenter sa candidature pour lui succéder.

Aussi, si le RDR et le PDCI sont les deux grosses formations politiques dont les voix portent, le nouveau parti unifié (RHDP) doit compter quatre autres membres fondateurs à savoir : l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI d'Albert Toikeusse Mabri), l'Union pour la paix en Côte d'Ivoire (UPCI de Brahima Soro), le Parti ivoirien des travailleurs (PIT de Joseph Séka Séka) et le Mouvement des forces d'avenir (MFA d'Azoumana Moutayé).

Tous ces partis, fussent-ils petits, auront leur mot à dire sur les contours définitifs du méga-parti ivoirien. Un comité de haut niveau présidé, d'un côté, par le vice-président de la république et vice-président du PDCI, Daniel Kablan Duncan, et de l'autre, par le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, lui aussi premier vice-président du RDR aurait déjà proposé les textes qui édicteront les règles de conduite de la formation politique appelée à naître.

Lesdits textes devraient ensuite être paraphés par les chefs respectifs des partis membres. L'autre obstacle majeur à la naissance du RHDP est sans doute le choix de son futur président. Selon son entourage, Henri Konan Bédié ne serait pas d'accord avec le rôle de président d'honneur dans lequel Alassane manœuvre à le confiner.

A s'en tenir aux textes du parti en gestation, ce poste taillé sur mesure sera réservé «aux anciens présidents de la République».

En tous les cas, l'adversité au sein de la coalition au pouvoir frise l'animosité et si on n'y prend garde, cette question d'alternance risque fort de faire voler en éclats l'apparente union des Houphouëtistes !

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