24 Avril 2018

Libye: L'absence prolongée de Khalifa Haftar fragilise son armée à l'est du pays

Photo: RFI
Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar affrontent des jihadistes dans la zone d'une marché de Benghazi, le 20 mai (image d'illustration).

Le maréchal Khalifa Haftar, commandant général de l'armée nationale libyenne, (ANL) est absent depuis plus de deux semaines de la scène politique en Libye.

Son absence prolongée et les bruits les plus pessimistes qui courent sur son état de santé suscitent l'inquiétude dans les rangs de l'ANL ainsi que dans les pays étrangers qui soutiennent les forces du maréchal. L'armée que Khalifa Haftar commandait avait réussi à chasser les milices extrémistes de Benghazi et du croissant pétrolier de l'est du pays, mais c'est une force qui demeure fragile et risque aujourd'hui de se diviser.

Pour fonder une armée soudée et cohérente, l'homme fort de l'est libyen n'a pas ménagé ses efforts depuis 2014. Mais malgré l'aide de ses alliés étrangers, il n'a pas réussi à construire une armée régulière et organisée dans le vrai sens du terme. Même si cette armée a réussi à stabiliser la moitié du pays, y compris le croissant pétrolier, elle est loyale à la personne de Khalifa Haftar, plus qu'à une véritable doctrine militaire.

Confrontée aujourd'hui à l'absence de son commandant général, la solidité de cette armée est mise à rude épreuve. Ses principaux bataillons souffrent d'un manque de cohésion. D'une nature composite, les troupes sont constituées d'anciens combattants de l'armée de Mouammar Kadhafi, des miliciens qui se sont soulevés contre le régime en 2011, mais aussi des militaires de formation, des civils, et des islamistes salafistes. Sans compter les nouvelles recrues qui rejoignent régulièrement les rangs.

Loyale à Khalifa Haftar, cette armée le sera-t-elle à un autre chef ? La succession à l'homme fort de l'Est se fera-t-elle sans violence ? Difficile à dire dans une société libyenne fondée sur l'appartenance tribale et un contexte de rivalités régionales et politiques. Mais d'ores et déjà, des dissensions se font entendre. Pour l'instant, aucun remplaçant n'a été nommé pour lui succéder. C'est le général Abderrazak al-Nadhouri, le chef de l'ANL qui assure l'intérim.

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