24 Avril 2018

Tunisie: «La tuberculose est considérée encore comme un problème de santé publique»

interview

Face à la situation de la tuberculose considérée comme un problème de santé publique, la Tunisie s'est engagée dans la lutte contre ce fléau depuis son indépendance.

Depuis 1959, un programme national de lutte a été mis en œuvre pour lutter contre ce fléau et a été constamment adapté à la situation épidémiologique du pays et aux progrès scientifiques et a impliqué tous les intervenants potentiels, à savoir les personnels de santé des structures de première ligne, les pneumophtisiologues et les autres spécialistes concernés, les biologistes, les autorités sanitaires nationales et régionales, les organisations non-gouvernementales et le secteur privé.

Le programme national de lutte antituberculeuse (PNLT) couvre en permanence la totalité du territoire tunisien grâce à son intégration dans les structures de santé de base.

L'objectif du programme national de lutte antituberculeuse est de réduire la morbidité et la mortalité dues à la tuberculose. Cet objectif est à la fois social et épidémiologique.

La Tunisie est un pays à moyenne incidence de tuberculose 29 pour 100.000 en 2017 ce qui est considéré encore comme un problème de santé publique.

Le DOT (Directly observed treatment) est pratiqué en sensibilisant sur la nécessité de l'observance par la prise surveillée des antituberculeux par un membre de la famille jusqu'à la guérison. Le taux de succès du traitement a atteint 91% en 2016.

La prévalence de la tuberculose a-t-elle augmenté ou baissé au cours des cinq dernières années ?

En Tunisie, à quelques exceptions près et jusqu'en 2002, le nombre de cas de tuberculose active et le taux d'incidence annuel ont diminué année après année depuis les années cinquante. A partir de 2003, on a assisté à une certaine recrudescence de la maladie. L'analyse de la situation épidémiologique montre qu'il y a une stabilisation de la tuberculose pulmonaire qui s'élève à 10 cas pour 100.000 habitants et une augmentation de la tuberculose extra pulmonaire, notamment la tuberculose ganglionnaire cervicale. Contrairement à la tuberculose pulmonaire, l'incidence de la tuberculose ganglionnaire a observé une tendance à la hausse, particulièrement à partir de 2002 chez le sexe féminin.

Dans quelles régions trouve-t-on le nombre le plus élevé de cas de tuberculose ?

En 2017, l'incidence était élevée à Tataouine (78/100.000), à Tunis (45.0/100.000) , à Ben Arous (44/100.000), à l'Ariana (41/100.000) et à La Manouba (41/100 000). L'incidence est restée faible à Monastir (10/100 000). Dans ces régions une stratégie régionale spécifique a été mise en place.

Quelles sont les causes à l'origine de l'apparition de la tuberculose et quelle tranche d'âge est la plus touchée en Tunisie par cette pathologie ?

La tuberculose est une maladie infectieuse contagieuse transmissible dont le réservoir est l'homme. Elle est due aux bacilles de Koch. Les bacilles restent en suspension dans l'air, donc la transmission se fait surtout par voie aérienne (poumons). 10 % des personnes infectées par le BK vont développer une tuberculose active . Dans le cas de la Tunisie , la transmission de la tuberculose ganglionnaire se fait par voie digestive en buvant du lait et ses dérivés non stérilisés . Une enquête nationale du ministère de la Santé en 2013-2014 (Pnlt-Dssb) a permis de mettre en évidence la prédominance de l'espèce «Mycobacterium bovis» (78,6% des cas) provenant du cheptel contaminé et de décrire le profil des patients atteints de tuberculose ganglionnaire, caractérisé essentiellement par la fréquence élevée de l'habitude de consommation des produits laitiers crus (72%).

La tuberculose tue-t-elle en Tunisie ?

La tuberculose est une maladie évitable et curable et le taux de mortalité en Tunisie est faible (inférieur à 1/ 100.000).

Quels sont les principaux axes du programme national de lutte contre la tuberculose ?

Le Programme national de lutte contre la tuberculose dispose d'une stratégie nationale 2017-2021 en ligne avec et les Objectifs du développement durables (ODD) et celle de l'OMS «End TB strategy» ou la stratégie «mettre fin à la tuberculose» dont les axes sont l'amélioration du dépistage de la tuberculose et la tuberculose pharmacorésistante, celle de la prise en charge de la tuberculose outre le renforcement du partenariat et l'intersectorialité en vue d'une réponse à la fois intégrée et globale et le suivi et l'évaluation et le développement de la recherche opérationnelle

Ce programme est-il axé sur la prévention ou sur la guérison des cas atteints de tuberculose ?

Bien sûr, c'est un programme de prévention de la tuberculose dont les objectifs intermédiaires sont de continuer à dépister au moins 70% des cas de tuberculose, et continuer à traiter avec succès au moins 85% des cas de tuberculose à microscopie positive dépistés.

Quels sont les objectifs pour les années à venir en matière de lutte contre la tuberculose ?

Notre objectif est de maintenir le taux de succès du traitement de la tuberculose à 91% ou plus et le taux de réussite du traitement de la TB-MR à 65% ou plus d'ici 2021. Nous voulons aussi agir sur les facteurs de vulnérabilité de la tuberculose auprès des populations cibles.

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