25 Avril 2018

Ile Maurice: Chasse aux immigrés en Angleterre - Des Chagossiens menacés de déportation

Photo: L'Express
Inscription des chagos au patrimoine mondial

Dieuma et Doris sont mères de famille, nées de la première génération de Chagossiens en exil. Dans une vidéo postée sur la page Facebook de l'UK Chagos Support Association, dans la soirée du dimanche 22 avril, les deux femmes, résidant en Angleterre, disent craindre pour le sort de leurs enfants.

Ces derniers n'ont jusqu'ici pas droit au passeport britannique automatiquement, alors que tel a été le cas de leurs parents et grands-parents. Ils sont récemment devenus la cible d'une chasse aux immigrés. Cette vidéo fait suite au scandale Windrush (voir encadré), qui fait la une au Royaume-Uni en ce moment.

Cette affaire ne laisse pas indifférents les Chagossiens vivant au pays de Sa majesté, dont la grande majorité à Crawley. Dieuma et Doris s'inquiètent notamment de voir débarquer le Home Office chez elles pour embarquer leurs enfants, qui ne détiennent aucun document valable en guise de preuve leur permettant de résider au Royaume-Uni. Ils encourent le risque d'être déportés dès leurs 18 ans.

Il faut débourser 2 300 livres sterling (environ Rs 111 500) pour l'obtention d'un visa qui leur permettra d'être régularisés, avancent les mères de famille. «Je ne touche que 1 000 livres sterling par mois avec lesquelles je dois payer le loyer, acheter de la nourriture et envoyer les enfants à l'école», clame l'une d'elles dans la vidéo.

À l'autre de poursuivre qu'elle n'a pas vu ses enfants, qui sont à Maurice, depuis deux ans. «Nous ne leur demandons pas d'argent, mais qu'ils donnent à nos enfants la chance d'avoir un passeport britannique», implorent les deux femmes.

Pour Olivier Bancoult, président du Groupe réfugiés Chagos (GRC), ces mères de famille ont raison de s'inquiéter. Surtout si le gouvernement britannique n'hésite pas à appliquer la guillotine dans le cas de ceux résidant dans ce pays depuis plus de 45 ans.

«La ministre britannique de l'intérieur a déclaré que le Royaume-Uni n'a pas l'intention de changer la loi pour permettre aux deuxième et troisième générations chagossiennes d'avoir le passeport britannique. C'est pour cela que le GRC continue ses actions légales contre ce pays», soutient-il. En effet, une partie de la deuxième génération n'y a pas droit si leurs parents ne sont pas mariés ou s'ils ont pris naissance de mère chagossienne après 1968.

Allen Vincatassin, Chagossien qui se présente comme président du Provisional Government of Diego Garcia and Chagos Islands, affirme, lui, que la situation des 5 000 Chagossiens, toutes générations confondues, habitant en Angleterre est dans un sens pire que celle de Windrush. «Nous n'avons pas de terre natale où retourner car la nôtre est utilisée pour la défense internationale.»

Les dessous du scandale

Albert Thompson est entré dans l'histoire de toute une génération, la «génération Windrush». Arrivé il y a 44 ans au Royaume-Uni, il a aujourd'hui 63 ans et souffre d'un cancer de la prostate.

Quand il s'est présenté au service public de santé au Royaume-Uni pour recevoir des soins, on lui a demandé £ 54 000 (environ Rs 2,6 millions). Car ce citoyen britannique n'avait pas les papiers nécessaires pour prouver son identité.

Comme lui, des immigrés caribéens, issus de pays membres du Commonwealth, sont arrivés au Royaume-Uni entre 1948 et 1971, à bord du navire Windrush. Bénéficiant d'office de la nationalité britannique, ils

sont aujourd'hui menacés d'expulsion par manque de papiers prouvant leur droit de rester dans ce pays. Ce, depuis que les contrôles d'immigration ont été introduits dans la santé, dans les hébergements et chez les employeurs.

Ce n'est nulle autre que Theresa May, aujourd'hui Première ministre, qui a fait instaurer le système officiellement baptisé «environnement hostile» en matière d'immigration lorsqu'elle dirigeait le Home Office en 2012. À noter que la carte d'identité n'existe pas au Royaume-Uni. Quant au passeport, il ne s'obtient que si l'on souhaite voyager.

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