26 Avril 2018

Sénégal: Extension de l'école, déficit du personnel de santé - Cri du cœur des habitants de Niague Peulh

Niague Peulh est un village sis dans la commune de Sangalkam, un des trois départements que compte la région de Dakar, capitale du Sénégal.

Cependant, malgré la position géographique de cette localité dans la capitale du Sénégal, ses habitants font face à des problèmes liés à l'insuffisance de ressources et services de base. D'où leur cri du cœur lancé à l'occasion d'une cérémonie de remise de matériel médical offert par Rotary Club Dakar Horizon à la case de santé du village.

Les difficultés auxquelles fait face le village de Niague Peulh sont nombreuses et diverses. D'abord l'accès au village rendu difficile par l'absence de route goudronnée qui relie directement le village à la route nationale distante de 3 km. Selon les habitants que nous avons interrogés, pour évacuer un malade vers une structure de santé située hors de Niagues Peul, le patient est transporté sur une charrette jusqu'à la route où s'arrêtent les véhicules. Une solution qui n'est pas sans risques de complication pour le malade.

De la même manière, une femme enceinte sur le point d'accoucher est transportée dans les mêmes conditions avec tous les risques que cela peut engendrer. « Il arrive même que des femmes enceintes accouchent à mi-chemin sur le trajet sablonneux après avoir été obligée de marcher pour se rendre à la structure de santé », témoigne Idy Sow, délégué du quartier Mamadou Sow de Niague Peulh. « Par conséquent, nous prions les autorités centrales de faire en sorte, en relation avec les autorités municipales, de prolonger la route goudronnée jusque dans le village de Niague Peulh », a-t-il ajouté. De la même manière, Idy Sow souligne que des élèves sont obligés de marcher pour se rendre au collège implanté hors du village pour la simple raison que les bus de transport en commun ont pour terminus la route nationale.

Une chose qu'il trouve d'autant plus risquée que l'actualité est rythmée par des rapts et enlèvements d'enfants parfois suivis de meurtres. En outre, l'annonce de l'implantation du pôle urbain de Niague Peulh a quelque peu donné des soucis à certains habitants qui, aujourd'hui, veulent en avoir le cœur net sur l'espace qui sera consacré à ce projet afin de pouvoir connaître les dispositions à prendre dans un sens ou dans un autre. « L'autorité doit communiquer sur cet aspect afin d'éclairer la lanterne des habitants. Ici, tout le monde s'interroge sur cette question qui taraude nos esprits », ajoute-t-il.

Difficultés scolaires, manque d'eau...

L'école élémentaire publique est également au centre des préoccupations des habitants. Idy Sow a dénoncé les effectifs pléthoriques notés dans les salles de classe. A ce sujet, Boubacar Barry, directeur de l'école élémentaire de Niague Peulh, a révélé que 327 élèves fréquentent l'établissement scolaire composé de six salles de classe. Ce qui est insuffisant, selon lui, pour recevoir les élèves du village. C'est la raison pour laquelle, il a appelé les autorités académiques à augmenter le nombre de classes en construisant d'autres dans l'école. De la même manière, Boubacar Barry souhaite que l'école dispose d'une salle informatique afin que les potaches soient au diapason des innovations technologiques.

En outre, il a lancé un appel pour la dotation en fournitures scolaires et en quantité suffisante à l'école qu'il administre. Toujours, au chapitre des réclamations du directeur, des tables-bancs, une boite à pharmacie, une cantine scolaire pour le repas des élèves. Une femme répondant au nom de Oumou Seydi a, quant à elle, pointé du doigt les difficultés que toutes les femmes du village rencontrent au quotidien. Certes le village est connecté au réseau hydraulique de la Sones, mais l'eau y est devenue une denrée rare depuis un an. « Depuis un an, c'est toujours la croix et la bannière pour les femmes dans la recherche d'eau potable », a-t-elle révélé.

Une citerne d'eau arrive tous les jours pour approvisionner le village. Mais, la quantité qu'elle distribue est largement en deçà des besoins quotidiens des habitants. Abondant dans le même sens, Demba Sow, président de l'Asc de Niagues Peulh, emboîte le pas à Idy Sow en expliquant que les difficultés liées à l'accès au village justifient en fait l'impossibilité pour les minibus de venir jusqu'à Niague Peulh. De la même manière, Demba Sow de révéler qu'à partir de 20 heures, les femmes qui veulent rallier le village à partir de la route nationale ont toujours la peur au ventre du fait de l'absence d'électricité. « A partir de cette heure, il fait sombre. D'où, un problème d'insécurité auquel il faut trouver une solution », a-t-il avancé.

Rotary Club Dakar Horizon fait décoller la case de santé

Niague Peulh dispose d'une case de santé qui, depuis sa construction, est confrontée à des difficultés qui plombent son fonctionnement. Absence d'équipements, de médicaments, voire de ressources financières destinées, entre autres, à rémunérer les deux agents qui sont chargés du service médical. Heureusement, Rotary Club Dakar Horizon a mis à profit la célébration de son vingt-cinquième anniversaire pour voler au secours de cette case de santé en lui offrant un lot de médicaments et de matériel médical d'une valeur d'un million.

Il est composé de comprimés, de perfuseurs, de sérums, d'alcool, de coton, de thermomètres, de tensiomètres, de stéthoscopes et de glucomètres. La cérémonie de remise a été un grand moment de mobilisation de tout le village qui s'est donné rendez-vous à la case de santé. Même les enfants sont venus en grand nombre pour manifester leur reconnaissance aux membres de Rotary Club Dakar Horizon. La présidente de ce Rotary Club, Ndèye Fatou Camara, a ainsi invité le comité de gestion de la case de santé à faire bon usage de ce don de manière pour qu'il soit profitable à toute la population du village. Représentant du maire de Tivaouane Peul, Ibrahima Ndoye a salué ce geste de Rotary Club Dakar Horizon qui, a-t-il estimé, va permettre à la case de santé de décoller.

Parmi les obstacles qui retardaient le décollage de la case de santé, le manque d'eau et d'électricité faisant qu'il est impossible de pratiquer certains services même le jour à plus forte raison la nuit. « Dès lundi, je vais prendre contact avec la Senelec et la Sde afin que la case de santé puisse être branchée au réseau d'eau et d'électricité », a-t-il assuré. Cerise sur le gâteau, le maire de cette localité qui s'est présenté après la fin de la cérémonie ne s'est pas privé de rencontrer les membres de la délégation de Rotary Club Dakar. L'autre bonne nouvelle qu'il a livrée, est sa décision de régulariser le statut du personnel soignant afin de stabiliser le service de cette structure de santé.

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