1 Mai 2018

Centrafrique: Nouvelles violences meurtrieres en ex-oubangui Chari - Faut-il désespérer de la RCA ?

Photo: Wikipedia
Eglise Notre-Damde de Fatima à Bangui en RCA
analyse

Alors que l'on croyait enterrée la hache de guerre, les protagonistes de la crise centrafricaine ont encore décidé de faire parler la poudre. Si fait que Bangui la coquette est subitement devenue Bangui la kalach, où la mort se vend à moindre frais par les marchands de la violence, en l'occurrence les multiples groupes armés qui se disputent le contrôle du pays.

En effet, pas plus tard qu'hier, 1er mai 2018, une vingtaine de personnes ont été tuées dans une Eglise par des individus armés non encore identifiés, suscitant la colère des populations. Déjà, en début avril, 27 autres personnes dont un soldat onusien, avaient trouvé la mort au cours d'une opération militaire visant à déloger les groupes armés du quartier PK5. Il n'en fallait pas plus pour que les différentes milices disséminées à travers le territoire centrafricain, se dressent sur leurs ergots, allant jusqu'à rendre impraticable l'aéroport de Bria, du nom de cette ville contrôlée par le Front populaire pour la renaissance en Centrafrique (FPRC).

Et dire que toutes ces scènes de violences, pour le moins affreuses, s'étaient déroulées sous les yeux et à la barbe du commissaire Paix et sécurité de l'Union africaine (UA) et du chef du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, qui séjournaient à Bangui, le 10 avril dernier. Avaient-il mesuré l'ampleur du péril qui guettait la RCA ? Assurément non. Puisque sur le terrain, la réalité reste la même. On tue et massacre en rond, chaque jour que Dieu fait.

La RCA a besoin d'une thérapie de cheval

En tout cas, comment ne pas désespérer de la RCA quand on sait que l'autorité de l'Etat, si elle existe encore, est en plein délitement, et que le pays est sous la coupe réglée de bandes armées ? Franchement, le président Faustin Archange Touadéra est plus à plaindre qu'à envier ; lui qui, aujourd'hui, semble dépassé par les évènements.

Or, on se rappelle encore, il n'y a pas longtemps, que le numéro 1 des Centrafricains avait fait le tour de certaines capitales africaines et européennes pour convaincre les investisseurs de venir prospecter dans son pays, assurant que la paix et la stabilité y étaient de retour. La suite des évènements l'a-t-il fait mentir ? Bien malin qui pourra répondre à cette question, tant les faits parlent d'eux-mêmes. De toute évidence, la RCA a aujourd'hui besoin d'une thérapie de cheval.

Et le plus tôt serait le mieux, pour autant que la communauté internationale ne veuille pas se rendre complice d'un massacre à grande échelle, à l'instar de ce qui est arrivé au Rwanda en 1994. Pourquoi ne pas mettre le pays sous tutelle onusienne, le temps de mettre au pas tous ces bandits qui, parce qu'ils portent une kalach en bandoulière, se croient tout permis au point de s'arroger le droit de vie et de mort sur les autres ? C'est à ce prix que l'on pourra sauver l'ex-Oubangui Chari qui est déjà au bord du gouffre et qui, si l'on n'y prend garde, pourrait, au fil des ans, devenir la destination privilégiée des djihadistes de tout poil.

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