5 Mai 2018

Gabon: Rassemblement Héritage et Modernité/Michel Menga trahi par le goût du pouvoir comme ses prédécesseurs...

Nommé dans le nouveau Gouvernement d'Issozet Ngondet puis démis de ses fonctions de Secrétaire général du Rassemblement héritage et modernité, Michel Menga perpétue une vielle tradition de la scène politique gabonaise, celle de l'inconstance politique.

L'entrée au Gouvernement de l'ancien Secrétaire général du RHM dont il a été exclu ce 5 mai, démontre une fois encore à l'opinion que la machine d'Ali Bongo maitrise les faiblesses de ses ennemis politiques. Le RHM apparaissait jusqu'ici comme une formation politique plus solide que certaines autres. Essentiellement constitué d'anciens membres du Parti démocratique gabonais au pouvoir depuis 1968, ce mouvement dirigé par Alexandre Barro Chambrier est né suite à une querelle intestine au sein du parti présidentielle.

A l'époque, une « mauvaise » répartition du pouvoir avait créé des frustrations. Ali Bongo était accusé de gérer le pays avec ses amis les plus intimes (MOGABO), écartant plusieurs personnalités de sa base politique qui avaient œuvré pour son accession au palais présidentiel en 2009. Nommé au poste de Ministre d'Etat chargé de l'Habitat, Michel Menga démontre qu'il n'avait jamais oublié l'idéologie fondatrice du courant Héritage et modernité au sein du PDG, à savoir, avoir une part du pouvoir.}

Le pouvoir oui, mais à quel prix ?

Accéder au pouvoir même au prix de l'humiliation est un fait courant sur la scène politique gabonaise. Depuis les premiers acteurs politiques après l'indépendance de ce petit pays, les machinations d'accessions aux affaires de l'Etat se multipliaient déjà. Les coups bas entre feux Léon Mba, Paul-Marie Gondjout, Jean Hilaire Aubame, les pères fondateurs de la scène politique gabonaise animaient beaucoup les conversations du citoyen lambda, rapporte l'historien Nicolas Metegue N'Nah, dans son livre « Histoire du Gabon ». Plus tard, le défunt président Omar Bongo disait qu'il pouvait faire d'un chien un ministre.

Sans doute il connaissait le pouvoir qu'il avait entre les mains et savait parfaitement ce que ses ennemis voulaient. Il permit ainsi à Paul Mba Abessole, son farouche adversaire des années 1990, de s'engraisser aussi au pouvoir, au prix de sa grande popularité au sein d'une population prête à se battre pour cet ancien curé. Sous Ali Bongo, c'est l'histoire qui se répète. La volteface de René Ndemezo Obiang, proche collaborateur de Jean Ping, au sortir de la présidentielle de 2016, avait dérouté mêmes les observateurs internationaux.

Sans véritable idéologie, les hommes et les femmes de la scène politique gabonaise sont dominés par une inconstance qui renforce le pouvoir du PDG d'une décennie à l'autre. Chacun veut sa part du pouvoir. La misère des gabonais que chaque opposant brandit dans les meetings pour dénoncer la mauvaise gouvernance n'est qu'un prétexte pour susciter la sympathie des misérables. Ainsi pris en otage entre ceux qui refusent de réaliser leur bien-être et ceux qui utilisent leur mal-être pour accéder au pouvoir, le peuple gabonais est plongé dans le désintérêt absolu des affaires politiques.

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