8 Mai 2018

Burkina Faso: Organisation du travail à Bissa Gold/ Mohamed Kéré - «Nous ne sommes pas des esclaves»

Dénoncer les injustices qu'ils vivent dans l'exercice de leur métier, voilà l'objectif de la conférence de presse organisée par les travailleurs de la société minière Bissa Gold le mardi 8 mai 2018 à Ouagadougou : il s'agit de la rotation de travail qui est passée de 7/7 (7 jours de travail et 7 jours de repos) à 4/4, du non-paiement des heures supplémentaires (12 heures au lieu de 8), de la concurrence déloyale entre les employés nationaux et internationaux, etc.

En mettant les pieds dans la salle de réunion de la Bourse du travail, nous avons tout de suite senti le malaise. Des hommes, d'un âge mûr pour la plupart, étaient déjà installés et au présidium et au sein du public. Vu leur visage tendu, leurs traits décomposés, pas besoin d'être magicien pour deviner que quelque chose n'allait pas. Nous n'avons d'ailleurs pas tardé à en avoir la confirmation.

En effet, ces travailleurs de Bissa Gold SA ont donné rendez-vous aux hommes de médias pour dénoncer les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l'exercice de leur fonction. A la lecture de la déclaration liminaire, nous comprendrons que les différentes réclamations ne se résument pas à un seul point et que le problème se trouve à plusieurs niveaux.

En tête de liste, il y a la question de la rotation de travail qui, au départ, était de 7/7 (7jours de travail et sept jours de repos). « En avril 2013, sans concertation aucune, la direction réalise un coup de force et impose la rotation de 4/4.

Dans ces conditions, les uns et les autres ont perdu entre 25 et 30% de leur salaire. Depuis, c'est la galère totale, car le coût de la vie est très élevé autour de la mine d'or », a expliqué Mohamed Kéré, porte-parole du personnel.

Si l'on s'en tient à ses propos, lorsque les travailleurs ont exprimé leur mécontentement, le patronat aurait répondu ainsi : « celui qui ne veut pas peut partir ». « Certains de nos collègues ont même été soumis à la rotation de 5/3 ou de 5/2.

Ce système les contraint à faire 12 heures de service par jour au lieu de 8 sans pour autant bénéficier du paiement correct de ce temps supplémentaire », a dit le conférencier du jour, visiblement sous le choc. « Quand nous avons dénoncé cela, on nous a accusés de courir derrière les heures supplémentaires, mais ce n'est pas le cas.

Tout ce que nous demandons, c'est d'être payés pour ce surplus de travail. A défaut de cela, nous réclamons les horaires prévus au départ, à savoir 8 heures par jour et 40 par semaine », s'est-il justifié, précisant que l'inspection du travail de Kaya avait déjà notifié à la société le caractère illégal de ce système.

L'obligation faite à certains d'officier également dans les mines de Bouly et de Taparko, le manque de transfert de compétences en faveur des Burkinabè, le manque de formation qualifiante pour ceux-ci, la discrimination dans la promotion des travailleurs, la concurrence déloyale entre les employés nationaux et internationaux, le non-fonctionnement du comité de santé et de sécurité au service, les propos racistes sont autant d'éléments qui ne sont pas du goût des employés de la société minière.

Leur porte-parole, Mohamed Kéré, a d'ailleurs saisi cette occasion pour inviter les autorités burkinabè à se pencher sur le problème afin que le personnel puisse s'affranchir « du joug du capitalisme ».

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