11 Mai 2018

Afrique: Dak'Art 2018 - Financement de la culture, des ministres et des experts réfléchissent à des pistes innovantes

Pas de doute. C'est l'une des rencontres importantes de la 13ème Biennale de l'art africain contemporain de Dakar, qui se tient depuis le jeudi 3 mai dernier.

Le lendemain de l'ouverture de cet événement, vendredi 4 mai, les ministres de la Culture de la Tunisie, du Togo, du Rwanda, de la Gambie, et naturellement du Séné- gal se sont retrouvés avec des experts de la Cisac (Confédération Internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs), l'Ompi, l'Uemoa et l'OIF, à l'hôtel Pullman de Dakar, pour réfléchir, au cours d'un colloque, sur le thème : « De la nécessité de refondation des politiques culturelles ».

Il s'agissait, pour les participants, de scruter de nouveaux mécanismes de financement de la culture en Afrique. Les travaux se sont articulés autour de trois panels qui ont suscité la réflexion sur les sous-thèmes suivants : « Le financement innovant de la culture », « De la circulation des biens culturels africains » et « Pour une meilleure synergie des politiques culturelles».

Ainsi, lors du premier panel conduit par Samuel Sangwa, directeur Afrique de la Cisac, Javier Gutierrez, vice-président du Conseil d'administration de la Cisac, a évoqué le rôle du droit d'auteur dans le financement du secteur créatif, en prenant l'exemple de la copie privée qui représente, à l'en croire, aujourd'hui 50% des royalties.

« Il faut nécessairement créer un environnement juridique approprié et efficace pour l'existence du droit d'auteur dans un pays », a-t-il ajouté. Ensuite, Anne Ferry Fall, directrice générale de la Société des Auteurs dans les Arts Graphiques et Plastiques (ADAGP), a expliqué que la copie privée est un processus qui offre aux créateurs une rémunération pour des actes de copie qu'il est impossible d'autoriser ou de contrôler efficacement.

« La copie privée se justifie quand la législation d'un pays prévoit une exception au droit de reproduction pour les actes de copie effectués par des particuliers pour un usage privé », a-t-elle précisé. D'après Anne Ferry Fall, 374 millions d'euros ont été collectés en 2016 dans le monde au titre de la rémunération pour copie privée, pour seulement 12% des droits collectés en Afrique.

« Il faut donc l'envisager en Afrique quand on sait que quatre pays africains seulement, dont le Kenya, le Botswana, le Burkina Faso, et l'Algérie connaissent la copie privée », a-t-elle recommandé.

Directeur du soutien à la diffusion et au rayonnement international au Conseil des arts et lettres du Québec, Rejean Perron a relaté l'expérience du financement des arts dans son pays. De son intervention, on retient que le Québec a mis en place une fiscalité particulière pour le soutien et aux arts, tout en créant une banque pour le financement de la culture.

Au cours du 2ème panel, modéré par Aminata Lo Paye, responsable culture du département du développement humain de la Commission de l'UEMOA, Anne Ferry Fall a plaidé pour la mise en œuvre du droit de suite, qui, a-t-elle souligné, est « un droit fondamental pour les auteurs des arts graphiques et plastiques, qui consiste en un petit pourcentage que les marchands d'art leur versent lors des reventes des œuvres aux enchères ou en galerie ».

A ce jour, près de 70 pays le reconnaissent. « Seuls les Etats-Unis et la Chine qui sont les pays où existent les principaux marchés d'art, ont mis un obstacle à la reconnaissance du droit de suite », a soutenu Anne Ferry Fall.

Puis, l'universitaire sénégalais Felwine Sarr a présenté le projet mis en place, à l'initiative du président français Emmanuel Macron, pour la restitution à l'Afrique de tous ses biens culturels pris pendant la colonisation.

Pour lui, cela peut apporter des gains au continent. Enfin, Filga Michel Sawadogo, commissaire en charge du développement Humain de la Commission de l'UEMOA a partagé, pendant le 3ème panel, l'expérience d'une politique de développement culturel de l'UEMOA.

«La réussite de la politique culturelle de l'UEMOA dépend dans une large mesure de l'intérêt que lui accordent toutes les parties prenantes susceptibles d'être mobilisées autour des enjeux de cette politique commune, au premier plan desquelles se trouvent les Etats membres», a-t-il dit.

Afrique

Les Assemblées annuelles de la BAD s'ouvrent en Corée du Sud

Les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) se sont ouvertes ce mercredi 23 mai… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Le Patriote. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.