11 Mai 2018

Cote d'Ivoire: Laurette Ouliyet (Artiste-chanteuse) - "L'Afrique est immensément riche de sa culture"

interview

Avec son maxi-single «Héritage» sur le marché du disque, Laurette Ouliyet signe son arrivée dans le milieu des artistes musiciens. Férue de la culture et des valeurs culturelles africaines, elle en parle comme une ambassadrice.

Laurette Ouliyet, vous êtes artiste-chanteuse. Et vous venez de mettre sur le marché du disque un maxi-single. En quelques mots, pourrait-on savoir qui êtes-vous artistiquement parlant ?

Laurette Ouliyet est une artiste ivoirienne. C'est vrai que je suis à ma première œuvre musicale mais je chante depuis 2003. En plus, depuis ma tendre enfance, je baigne dans la culture.

Je suis un pur produit du monde de la création. Mon arrière-grand-mère était potière. Quant à ma grand-mère, elle était une éminente chanteuse traditionnelle. Ce beau timbre vocal que j'ai, je le tiens d'elle.

Vous le tenez d'elle ? Expliquez-le nous.

Ma grand-mère a quitté le monde des vivants en 1983. J'étais en classe de CE1. Plus tard, j'ai eu des songes. Dans ces songes, elle m'apprenait à fredonner les airs musicaux de l'Ouest ivoirien, d'où je suis originaire.

J'ai compris bien plus tard que cet exercice était un héritage de notre riche tradition qu'elle me léguait. C'est donc cet «Héritage » que je chante aujourd'hui.

C'est donc cet «Héritage» que vous magnifiez à travers votre maxi-single que vous venez de mettre sur le marché.

Effectivement ! «Héritages», c'est un hymne à l'amour que je chante pour signer mon entrée sur la scène musicale. A travers cette œuvre, je rends un hommage à la culture et à la tradition africaine. La musique est en moi. Je porte en moi l'héritage de mes grands-parents.

Je ne pouvais donc pas franchir le pas de la création artistique sans leur rendre un hommage et sans rendre un hommage au vaste patrimoine culturel africain. Vous savez, l'Afrique est riche de sa culture.

Justement, la musique qui accompagne vos chansons est marquée par des rythmiques où dominent des instruments traditionnels tels que le tam-tam, la castagnette, l'ahoco, etc. Alors dans quel genre musical évoluez-vous ?

J'évolue dans la world music. C'est-à-dire un mélange de sonorités avec en toile de fond le tam-tam, le grelot. Dans mes chansons, vous verrez qu'elles sont dans un registre où cohabitent harmonieusement musique traditionnelle et musique moderne.

Ce choix-là, comment vous l'expliquez ? Vous auriez par exemple pu évoluer dans le Zouglou ou encore dans le coupé-décalé, des rythmes qui marchent très bien aujourd'hui !

Vous savez, il y a certaines choses dans la vie qui vous dépassent et qui s'imposent à vous. Une inspiration musicale, quand elle vient à vous, je pense qu'il faut l'assumer et la rendre de la plus belle manière qui soit. C'est ce que je tente de faire. J'ai choisi d'être dans le tempo de la world music parce que je l'ai reçue de mes grands-parents comme telle.

Vous le disiez tantôt, vous chantez l'amour. D'une manière générale, y a-t-il des thèmes de prédilection que vous abordez dans vos chansons ?

Je chante l'amour parce que sur la terre des hommes, nous avons besoin d'amour pour vivre. Le monde d'aujourd'hui n'est rien si on ne sème pas autour de soi des graines de certaines vertus comme l'amour, la paix, la justice.

Je rends un hommage aussi à nos grands-parents qui constituent le socle du patrimoine culturel africain, le savoir-faire africain. C'est sur ce patrimoine qu'on doit s'appuyer pour avancer. Quand je dis que l'Afrique est riche de sa culture, cela veut dire qu'il faut entretenir cette richesse, la faire fructifier pour mieux la conserver.

Parce que vous estimez qu'aujourd'hui cette culture est en train de partir en lambeaux ?

Oui, c'est mon avis. J'estime à mon humble avis que nous, Africains, nous avons tendance de nos jours, à copier ce qui vient d'ailleurs.

Nous voulons ressembler à l'Occident. Or, les Occidentaux sont conscients que notre Afrique est immensément riche de sa culture. Nous avons donc tout intérêt à protéger ce riche patrimoine. C'est pourquoi je suis fière de la musique que je fais.

Alors votre musique s'adresse-t-il à qui ? Africains, Occidentaux, le monde entier ?

La musique n'a pas de frontière. Elle brise les frontières et s'inscrit dans la durée. C'est pourquoi on dit qu'elle est universelle. En plus, la world music, c'est une musique qui touche tout le monde entier. Je m'inscris dans ce registre. Ce qui veut dire que je chante pour tout le monde. D'Abidjan à Washington, de Tokyo à Paris...

La world music est un ensemble de sonorités universelles comme vous le dites. Mais bien entendu, avec des variances d'un musicien ou d'un chanteur à un autre. En ce qui vous concerne, y a-t-il une touche particulière propre à vous ?

J'ai un timbre vocal qui est hors du commun. Et donc je joue intimement sur le registre vocal. Je puise au plus profond de mon être ce que ma voix peut donner comme vibrations sonores, pour l'offrir aux mélomanes. Et quand cette voix vient à se poser sur des sonorités comme le tam-tam, la guitare, l'ahoco... , je pense que le mélomane a du mal à y résister.

Vous avez choisi de sortir d'abord un maxi-single. A quand votre premier album ?

L'album est en préparation. Ce maxi-single est un avant-goût des surprises que réserve l'album à venir. Il comportera au moins six titres dont les deux, sur le single. Si tout marche comme prévu, je crois que très bientôt, cet album que je voudrais «tout feu, tout flamme», sera sur le marché.

Vous revendiquez le fait que vous êtes artiste-chanteuse avec plusieurs cordes à votre arc.

Oui ! Pur produit du monde artistique, je suis une artiste pluridimensionnelle. Je fais de la décoration, je suis une conseillère en images, par ailleurs co-initiatrice du Festival «Animation ballon». En marge du monde artistique, je suis une éducatrice préscolaire, je travaille au ministère de l'Emploi et de la Protection sociale.

Votre message à l'endroit des amoureux de la musique qui vous découvre aujourd'hui.

Je voudrais que les mélomanes s'attachent à nos valeurs culturelles. Par notre culture, nous restons et demeurons ce que nous sommes.

A propos de l'œuvre sur le marché, je voudrais leur demander de le déguster sans modération. Je suis sûre qu'ils ne seront pas déçus. Désormais, avec eux, je suis embarquée dans le navire musical. Ensemble, nous allons faire du chemin. Et je sais que nous irons loin.

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