12 Mai 2018

Gabon: Moukagni Iwangou donne les raisons de son entrée au gouvernement

Depuis son entrée au gouvernement, plusieurs sympathisants de l'opposition ne sont pas très tendres avec le président de l'Union et Solidarité (US). Si pour certains, les intérêts financiers aurait guidé son choix, Moukagni-Iwangou a tenu à apporter de la lumière sur son acte qui est loin d'être anecdotique.

C'est avec sa cravate rouge habituelle que le président de L'US a pris la parole ce vendredi 11 mai à la chambre de commerce de Libreville. Un accoutrement qui, pour ceux qui connaissent les symboles, indique que ses convictions n'ont pas changé.

Choisissant de s'adresser « à la ville et au monde » le nouveau membre du gouvernement a d'abord tenu à présenter le contexte institutionnel actuel marqué par la dissolution par la Cour Constitutionnelle de l'Assemblée nationale et la révocation du Gouvernement. Ces deux faits, selon Moukagni-Iwangou, ont ouvert «une crise institutionnelle sans précédent en République gabonaise ».

De cette situation, le président de l'US tire deux conséquences : la première est que « la dissolution de l'Assemblée nationale fait disparaitre les clivages majorité et opposition ».

Des clivages qui n'ont de sens selon lui qu'en « fonction du nombre de sièges occupés par les partis politiques au sein de l'Hémicycle » ; la deuxième est que « la dissolution de l'Assemblée nationale a fait perdre au Parti Démocratique Gabonais, le statut de Parti majoritaire, et de manière subséquente, le privilège de composer le gouvernement de la République ».

De ce point de vue, l'épigone de Pierre Mamboundou estime que désormais « les familles politiques relevant autrefois de la majorité et de l'opposition se trouvent à égalité devant une situation d'exception ».

Dans un tel contexte, l'orateur présume que « la continuité de l'Etat appelait toutes les forces vives autour de l'ouvrage ». Il appartient donc, pour Moukagni-Iwangou, à toutes les familles politiques de prendre leur place dans ce qu'il a appelé « une mission de salut public ».

Pour sa part, le président de l'US dit avoir pris ses responsabilités pour participer à l'exercice du pouvoir exécutif. Et à ceux qui estiment qu'il s'est compromis, il affirme sans ambages « s'il y a une séquence historique permettant aux forces du changement d'intégrer un Gouvernement sans crainte d'être taxé de passer à l'ennemi en conservant son âme, c'est la situation de vide institutionnelle touchant l'Assemblée nationale ».

Toutefois, si cette situation de vide institutionnelle touchant l'Assemblée peut justifier l'entrée au gouvernement de cet opposant radical, il reste qu'à la lumière de ses prises de position après l'élection présidentielle de 2016, cet argument ne suffise pas à dissiper les étonnements.

Car comment peut-il expliquer qu'ayant reconnu Jean Ping comme « président élu par les gabonais », ajoutant par la suite devant la diaspora gabonaise à Paris que « toute affirmation contraire n'est pas opposable aux gabonais », il parvienne à intégrer un gouvernement avec à sa tête un chef de l'exécutif autre que celui-là ?

Il va donc être difficile à Moukagni-Iwangou de se dérober par cet argument un peu tiré par les cheveux car, au regard des questions des journalistes, le reproche de l'opinion n'est pas tant son entrée au gouvernement fut-il paritaire, mais plutôt de travailler sous les ordres d'Ali Bongo après lui avoir dénié le droit de diriger les gabonais.

Gabon

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