13 Mai 2018

Burkina Faso: Victimes de l'insurrection et du putsch manqué - Dix blessés sont passés au bloc

Après leurs opérations chirurgicales les 5 et 6 mai derniers au centre médical Schiffra, dix patients victimes de l'insurrection populaire et du putsch manqué ont été référés à la clinique du Bois hier dimanche 13 mai 2018 pour leur premier pansement. Cette initiative a été rendue possible grâce à l'action du Haut conseil pour la réconciliation et l'unité nationale, le HCRUN.

Le 16 septembre 2015, c'est aux environs du jardin Ouaga 2000 que Patrice Tégré, chauffeur de son état, est tombé avec sa moto. « Depuis l'hôtel Laïco, les militaires du RSP (ex-Régiment de sécurité présidentielle) ont commencé à tirer et chacun se cherchait », nous a-t-il expliqué comme pour justifier ce qui lui est arrivé.

Conséquence de ce choc avec le bitume : un genou très mal en point. Dame Asséta Kafando, quant à elle, était tout aussi loin d'imaginer ce qui allait lui arriver. Venue de la Côte d'Ivoire, plus précisément de Bouaflé, pour les funérailles de sa maman, c'est dans le quartier Samandin à Ouagadougou qu'une balle est venue se loger avec fracas dans sa cuisse.

C'était aussi pendant les événements liés au coup d'Etat. Encore très remontée contre le principal accusé du coup de force, elle aime depuis lors à répéter ceci dans un français approximatif: «Je ne connais pas insurrection, je ne connais pas coup d'Etat ; c'est Dienderé», provoquant le sourire amusé des auditeurs.

Salam Nikiéma, meunier est, pour sa part, une victime de l'insurrection. Dans la panique générale, le 30 octobre 2014, après avoir connu le même sort que Patrice c'est-à-dire en tombant de sa moto sur l'avenue Charles-de-Gaulle, il s'est évanoui. A son réveil, plus de moto. Elle a disparu ! « J'ai dépensé tout ce que j'avais pour me soigner. J'ai même vendu mon terrain non-loti », se rappelle-t-il avec tristesse.

Depuis les 5 et 6 mai derniers, l'heure de la réparation des séquelles physiques, précisons-le, a visiblement sonné pour ces trois victimes, qui ne sont pas d'ailleurs les seules à avoir été prises en charge.

Sur une liste de 24 personnes choisies parmi les cas les plus urgents, dix sont en effet entrées au bloc opératoire et tout s'est bien passé, si l'on se fie aux différents témoignages recueillis, hier dimanche à la clinique du Bois, de ces patients venus pour leur premier pansement. Les autres dont l'état relève de la psychologie, de la neurologie ou de l'évacuation, attendent d'être pris en charge prochainement.

Parmi ceux qui seront évacués, figure Issouf Nacanabo (artiste-musicien), victime de l'insurrection populaire, qui avait reçu trois balles à différents endroits du corps (coude gauche, flanc gauche et main droite). «Nous souffrons beaucoup pour nous adapter. Ceux qui ont eu un handicap à la naissance valent mieux que nous, eux, ils ont eu le temps de s'adapter. Chez nous, on devient handicapé à l'âge adulte».

A écouter David Ouoba du HCRUN, le mode de sélection de ces victimes a été dicté par l'urgence de leur situation. «Parmi eux, il y en a qui ont jusque-là des balles dans leurs corps, qui n'ont pas encore été extraites.

Cela ne veut pas dire que l'on ne va pas s'occuper des autres blessés», a-t-il pris soin d'ajouter, avant de préciser qu'il y a eu 280 blessés répertoriés pendant l'insurrection et 150 pendant le putsch manqué. Il sied de rappeler que c'est le HCRUN qui prend en charge les opérations. D'ores et déjà, David Ouoba a estimé que les dépenses tournent autour de la quarantaine de millions.

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