14 Mai 2018

Egypte: Un enfant de quatre ans devant la justice

Les réseaux sociaux égyptiens se sont récemment fait l'écho d'une histoire aussi incroyable que vraie : un garçonnet de quatre ans traîné en justice sous l'accusation « d'agression » contre une fillette de trois ans. Une affaire sans précédent dans les annales de la justice égyptienne.

Encore une fois, ce sont les réseaux sociaux égyptiens qui ont révélé l'affaire et ont ainsi coiffé les médias classiques. Les premiers tweets et publications Facebook parlaient d'accusation de harcèlement sexuel.

Selon le père de la fillette, le petit garçon, Mohamad, aurait embrassé sa fille, Mirna, sur la joue au jardin d'enfant d'une école de la province de Béheira au nord-ouest du Delta.

Une seconde version parlait d'agression, le garçon aurait frappé la fillette. Toujours est-il que le père a porté plainte au poste de police qui a transféré l'affaire au parquet qui a déféré le garçon devant la cour correctionnelle.

Cette dernière s'est déclarée incompétente et a « refilé le bébé » à la cour des mineurs. Quand le juge a vu l'âge de l'accusé, il a dit à son père de rentrer chez lui mais a quand même retenu l'affaire pour jugement à la fin du mois de mai 2018.

Stupéfaction virale

Ils étaient, dans leur majorité, partagés entre incrédulité et consternation d'autant plus que la loi sur l'enfance de 2014 stipule qu'un enfant ne peut pas être traduit en justice avant l'âge de 7 ans.

Les qualificatifs qui reviennent le plus souvent sont ceux de « folie » ou de « délire » d'un système judiciaire qui traîne devant les tribunaux un enfant en bas-âge.

« Pourquoi le parquet n'a-t-il pas classé l'affaire ? », se demandent des internautes. « Rien d'étonnant dans un pays qui juge des enfants pour mépris des religions ou d'atteinte à la sécurité de l'Etat », répondent d'autres usagers des réseaux sociaux.

La justice égyptienne applique la loi, selon certains

Il y a toutefois des internautes qui défendent le système. Il s'agit de partisans inconditionnels du pouvoir ou d'islamistes. Pour les premiers, la police, le parquet et le tribunal n'ont fait que leur devoir conformément à la loi et que s'il y a quelqu'un à blâmer, c'est le père de la fillette.

Côté islamistes, on trouve inadmissible qu'un garçon embrasse une fillette, même sur la joue. Certains s'en prennent même au gouvernement qui permet l'existence de jardins d'enfants mixtes. Un internaute conclut ironiquement que l'affaire de Mohamad et Mirna pourrait un jour inspirer une nouvelle version, à l'égyptienne, de Romeo et Juliette.

Egypte

Protection de la diversité biologique - Les gouvernants invités à promouvoir le respect de la convention de 1993

Dans l'idée d'attirer l'attention des décideurs ainsi que celle de la communauté internationale sur… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.