12 Mai 2018

Sénégal: Education surveillée et protection sociale - La directrice nationale prend connaissance des difficultés

Dans le cadre de sa mission de prise de contact, d'écoute et d'échanges avec ses différents services, la directrice de l'Education surveillée et de la Protection sociale, Mme Abibatou Youm, accompagnée de ses principaux collaborateurs, s'est rendu, vendredi dernier, à Thiès et à Mbour.

Une tournée au cours de laquelle elle a pu constater le travail colossal qu'abat le personnel sur le champ de la protection des droits de l'enfant, la prévention de la déviance et de la délinquance chez les mineurs et jeunes majeurs jusqu'à 21 ans accomplis, l'observation et la rééducation en milieu ouvert, l'assistance et l'accompagnement des mineurs en conflit avec la loi, sans compter les enquêtes sociales de protection, de garde d'enfant, et d'adoption, l'insertion et la réinsertion sociales, familiales, scolaires, professionnelles des mineurs et des jeunes majeurs.

Un vaste chantier qui nécessite, certes, un engagement, une conscience professionnelle de la part des agents mais aussi de la logistique, de l'équipement informatique, du mobilier de bureau et des crédits consistants pour faire mieux fonctionner le service.

A l'Action éducative en milieu ouvert (Aemo) de Thiès tout comme celle de Mbour, l'absence d'un véhicule de service, au vu de l'ampleur de la cible et des superficies à couvrir, a été relevé par l'ensemble des chefs de service.

Selon Mme Coumba Ndiaye Ndoye, chef du service Aemo de Mbour, leur zone d'intervention s'étend sur 75 kilomètres sur la Petite côte allant de Ndayane à Joal ? pour une population estimée à 668. 878 habitants dont 52,3% de jeunes.

«Vous comprenez qu'avec les visites à domicile, les retours en famille, les transferts des mineurs dans d'autres structures de placement, les recherches d'adresse, les enquêtes sociales à faire, disposer d'un véhicule de service est une extrême nécessité », a-t-elle soutenu.

Outre ces difficultés partagées par les services d'Aemo dans la région de Thiès, l'absence d'un quartier des mineurs à la Maison d'arrêt et de correction de Mbour constitue un grand problème. Ceci, dans la mesure où les normes nationales et internationales stipulent que des mineurs condamnés doivent être séparés des majeurs en détention.

Or, à Mbour, « les 9 mineurs en détention sont accueillis dans la chambre des patriarches où ils sont surveillés par un détenu de confiance dans la chambre tout comme dans la cour afin d'éviter leur contact avec les adultes mal intentionnées », a-t-elle déploré.

C'est la raison pour laquelle Mme Coumba Ndiaye Ndoye a noté que la construction d'une chambre exclusivement réservée aux mineurs est une urgence à la Maison d'arrêt et de correction de Mbour en attendant qu'ils puissent disposer de leur quartier.

Après avoir écouté et pris beaucoup de notes tout comme son adjoint, Amadou Ndiaye, elle a exprimé toute sa satisfaction de constater par rapport au personnel un engagement sans faille, source de motivation pour son staff et elle-même.

« Je suis consciente que vous travaillez dans des conditions vraiment difficiles, mais nous allons évaluer la politique de protection sociale pour l'adapter au contexte parce qu'elle est devenue une question transversale impliquant les secteurs de la santé, de l'éducation, de la formation technique et professionnelle » a-t-elle confié.

C'est pourquoi Mme Abibatou Youm Siby reconnaît qu'il y a énormément à faire sur le chantier de la protection sociale tant au niveau du personnel, de la logistique que des équipements des services dans les régions. « Nul doute qu'avec de la volonté, de l'imagination et de la créativité, il est possible de faire bouger les lignes dans le bon sens », a-t-elle ajouté.

Car, face au bouillonnement social qui charrie des formes de violence jusqu'ici méconnues au Sénégal et pourtant commises par des Sénégalais, la directrice nationale de l'Education surveillée et de la Protection sociale suggère qu'il faut s'arrêter.

« Et ceux qui ont les compétences d'étudier la société puissent s'investir afin de pouvoir nous apporter des réponses motivées pour mieux comprendre les mutations sociales et pouvoir efficacement anticiper sur notre cible, le mineur et le jeune majeur », a-t-elle lancé.

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