14 Mai 2018

Madagascar: Sortie de crise - Accord déjà acquis sur un gouvernement de consensus

L'article 54 de la Constitution pourrait constituer un obstacle dans la nomination du futur locataire de Mahazoarivo. Des changements pourraient intervenir cette semaine à l'allure où vont les choses ces derniers jours.

Les négociations avancent à petit pas. On a même l'impression qu'elles sont bloquées après avoir entendu que le médiateur de la SADC Joachim Chissano qui aurait proposé l'impossible aux protagonistes, a annulé au dernier moment sa rencontre avec la presse prévue samedi dernier.

Pour les observateurs avertis, la médiation de l'ancien président mozambicain a échoué. Malgré cette impression d'impasse, les choses semblent bouger tant au niveau des parties malgaches qu'au niveau des représentants locaux de la communauté internationale.

En effet, si cette communauté internationale a recommandé le maintien de Hery Rajaonarimampianina à son poste de président de la République et la reconduction de l'actuel gouvernement jusqu'à l'organisation de l'élection présidentielle en novembre de cette année, elle aurait fléchi ces derniers jours en acceptant la mise en place d'un gouvernement de consensus, avec un premier ministre neutre et une équipe gouvernementale dont la composition obtient l'accord des parties protagonistes.

Vendredi dernier, le HVM qui a participé à la réunion initiée par le CFM à la nonciature à Ivandry, s'y est opposé. Mais, la résistance n'a pas duré. Le prochain accord à trouver porterait sur le sort de la CENI qui va jouer un rôle majeur dans l'organisation des prochaines élections. Sera-t-elle restructurée ou maintenue à sa structure et sa composition actuelle ?

Transition de 18 mois. De l'autre côté, une « Convention » politique a fait le buzz ces derniers jours dans les réseaux sociaux. D'après ceux qui l'ont dévoilé, elle serait le fruit du travail de médiation mené par le FFKM. Or, le Conseil Œcuménique des Eglises Chrétiennes de Madagascar a déjà fait son démenti en rassurant qu'elle n'a jamais proposé une transition de 18 mois.

Et si ce n'est pas le FFKM qui a élaboré ce schéma de sortie de crise, la question est de savoir qui a intérêt à véhiculer ce document bien ficelé et bien rédigé, et qui, à bien le scruter, repose sur les grandes orientations tracées dans les résolutions des assises nationales de la réconciliation organisées au CCI Ivato par le FFKM en 2015.

La Convention conduit Madagascar vers la Vème République. Elle prévoit la suspension du gouvernement, de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Selon toujours le document, cinq Institutions sont à mettre en place pour gérer cette transition de 18 mois : une Haute Autorité pour la Refondation de la Nation Malagasy et de la République composée de 28 membres, un Conseil des Raiamandreny de la Transition de 20 membres, une Assemblée nationale de la Transition de 160 membres, une Haute Autorité Economique et Financière de 12 membres et une Haute Cour Constitutionnelle composée de 11 membres.

La Convention prévoit par ailleurs la mise en place d'un gouvernement d'union nationale composé de 26 membres dont un Premier Ministre et 3 Vices-Premier ministres.

Rencontre au sommet. En tout cas, rien n'est encore officiel. Les représentants de Hery Rajaonarimampianina, de Marc Ravalomanana, d'Andry Rajoelina et de Didier Ratsiraka reviendront demain à la nonciature apostolique à Ivandry pour un deuxième round de dialogue placé sous l'égide du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM).

Le premier round s'est tenu vendredi dernier. D'après Maka Alphonse, président du CFM, le dialogue se dirige vers le bon sens. « Notre objectif est de parvenir à un accord politique qui conduira à une élection présidentielle acceptée par tous. », a-t-il expliqué.

A l'allure où vont les choses, Joachim Chissano n'aurait plus sa place dans la médiation désormais pilotée par le CFM et le FFKM.

D'après nos sources, toutes ces négociations et concertations qui seront élargies à d'autres entités politiques et de la société civile, finiront par une rencontre au sommet entre le président de la république Hery Rajaonarimampianina, l'ancien président Marc Ravalomanana et l'ancien président de la transition Andry Rajoelina.

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