14 Mai 2018

Burkina Faso: Sous-facturation ? Connais pas...

Il doit y avoir un malotru à la Nationale des eaux qui n'aime pas les élucubrations de Toégui. Depuis un certain temps, tous les mardis, je suis privé d'eau dès l'aube. Ils savent pourtant que le mardi, je dois me rendre à la Rue Ousmane Sibiri, qu'il pleuve ou qu'il vente.

Et lorsque je vais à la Rue Ousmane Sibiri je dois être propret. Un matin, il n'y avait pas la moindre goutte d'eau ni au robinet ni dans les canaris.

J'ai dû me procurer une dizaine d'Eau Laafi pour faire ma toilette. Aujourd'hui par conséquent, pour me prémunir contre une éventuelle coupure d'eau j'étais sous la douche à 3 heures du matin.

Je me lavais en fredonnant parce que la journée s'annonçait gaie. Un cousin de Ted avait palpé ses fonds communs et il nous invitait à l'Académie. Il y aura du boirement, du buvement, du mangement et du croquement. Instinctivement je pensai au nouveau logo de la Brakina. La Bière du Burkina. La Bière du Faso.

Notre bière. Avec des armoiries et des symboles bien à nous, en lieu et place des emblèmes des Gaulois. Ce drapeau bleu blanc rouge et ces autres signes rappelant l'hégémonie de la France, c'est fini.

Mais ce que vous ne savez pas, gens du Faso, nous devons une fière chandelle à Moustapha Laabli Thiombiano. C'est Moustif qui, de sa poche a assigné la Brakina en justice pour qu'elle nous rende notre bière, ce qui a coûté la bagatelle d'un million de francs à l'ex batteur de Hermann. Un million !

Est-ce vrai ? J'en sais rien, mais c'est ce qu'il a dit. Lorsque Moustapha dit quelque chose je ne cherche pas à savoir si c'est vrai ou si ce n'est pas vrai. Ça peut ne pas être vrai sans être faux.

Ainsi, lorsqu'il avait dit qu'il a été invité à la Maison Blanche par Monsieur et Madame Bill Clinton je n'avais pas cherché à savoir si c'était vrai ou si ce n'était pas vrai.

De même, lorsqu'il avait dit avoir été invité au Quai d'Orsay, je n'avais pas non plus cherché à savoir si c'était vrai ou pas. Lorsqu'il avait parlé d'Elvis Presley et de Johnny Halliday comme de ses potes, j'ai écouté et me suis tu.

Il y a moins d'une semaine, Moustapha a annoncé urbi et orbi sur sa radio personnelle, à une heure de grande écoute, de très grande écoute, que l'Ambassadeur de la République Populaire de Chine était dans nos murs et que les Chinois d'Ablassé vont devoir plier bagage.

J'avais failli tomber dans les pommes. Vrai ? Pas vrai ? J'en sais rien moi. Comment le saurais-je, je ne suis pas au Quai d'Orsay du Burkina. C'est Alpha Barry qui est au Quai d'Orsay du Faso et Alpha Barry était autrefois le « bon petit » de Moustapha.

Moustapha Thiombiano est un peu comme Soumane Touré. Lorsque l'un ou l'autre dit quelque chose personne ne réagit pour dire que c'est vrai ou que ce n'est pas vrai. Sinon, n'gaw ! Sauf que, sauf qu'il y a une radio privée qui a revendiqué le titre de «Première radio privée du Burkina » titre dont se prévalait jusqu'ici Moustapha Thiombiano.

J'ai lu dans la presse, un avis de convocation émanant d'une Société Bolloré. Tiens, Bolloré est chez nous ? Personne ne me l'a jamais dit.

Je n'ai pas bien compris le chef d'accusation contre Bolloré il y a quelque temps. On avait a parlé de surfacturation. Surfacturation, ça je sais ce que c'est. La surfacturation c'est le b.a.-ba de la corruption. Mais j'avais entendu parler aussi de sous-facturation.

Là, j'y ai perdu mon latin. Ce mot n'est pas dans le langage de Luc Ibriga. Sous-facturation ? Qu'est-ce à dire !? Avec une sous-facturation on peut ériger une R+2 comme avec une surfacturation ? Et rouler en V8 ? Non ce serait compliqué.

J'ai dégusté dimanche avant-hier à la radio, un débat sur le vote des Burkinabè de l'étranger. Encore et encore. Aux prises, il y avait Nathanaël Ouédraogo de l'UPC et Siaka Sanogo du MPP. L'un représentant le plus gros parti de l'opposition, l'autre représentant le plus gros parti de la majorité. Comme qui dirait, ils ont joué à se faire peur employant du tac au tac les mots qu'il faut.

Lorsque l'un a déclaré :

- Mon Président a dit que le vote des Burkinabè de l'étranger sera effectif en 2020.

L'autre a répliqué :

- Moi mon Président a déclaré que le vote des Burkinabè de l'étranger doit être effectif en 2020.

Match nul...

Puis l'un déclara d'un ton menaçant :

- Vous pouvez élucubrer sur tout. Mais en ce qui concerne le vote des Burkinabè de l'étranger nous sommes intraitables.

Et l'autre de répliquer d'un ton plus menaçant :

- Vous pouvez élucubrer sur n'importe quoi sauf sur le vote des Burkinabè de l'étranger qui est un sujet sacré et consacré.

Paroles, paroles. Ils ne le laissent pas paraître mais ils ont tous peur du vote des Burkinabè de l'étranger et ils ont bien raison.

Heureusement pour eux, l'oracle de Toégui va se réaliser. Il n'y aura point de vote en 2020 pour les Burkinabè de l'étranger. Néanmoins je vais faire une suggestion.

Toutes les fois qu'on évoque les difficultés sur le vote des Burkinabè de l'étranger, on entend dire : le Mali l'a fait, pourquoi pas nous. Le Niger l'a fait pourquoi pas nous. Tel pays l'a fait pourquoi pas nous. Et ainsi de suite. Je propose que l'on envoie au Mali et au Niger une mission de haut niveau.

Cette mission comprendrait le Ministre des Affaires Etrangères, le Ministre chargé des élections, le Haut représentant général, les Conseillers spéciaux. Ce beau monde se rendrait à Bamako et à Niamey pour demander aux autorités de ces pays, au nom de l'amitié séculaire qui nous lie, qu'elles nous disent en toute honnêteté si elles sont satisfaites de leur expérience.

Qu'elles nous disent en toute sincérité si elles ne regrettent pas d'avoir institué ce vote en faveur de leurs ressortissants vivant à l'extérieur. Qu'elles nous disent en toute vérité le nombre de votants par rapport à la population résidente.

Lors du débat animé pour Ousmane Paré dimanche matin, le représentant de l'UPC, monsieur Nathanaël Ouédraogo, pour soutenir le bien-fondé du vote des Burkinabè de l'étranger a pris un exemple concret.

Lorsqu'il était en fonction à Niamey, lors d'une élection présidentielle, des Ivoiriens qui résidaient au Niger, ont quitté Niamey pour aller voter à Ouagadougou parce qu'il n'y avait ni Ambassade, ni Consulat de Côte d'Ivoire au Niger.

C'est un acte patriotique à l'honneur de ces citoyens qui ont fait le déplacement à Ouagadougou. Même si des Ivoiriens qui résident au Niger, il ne doit pas en avoir tant que cela.

En tout cas beaucoup moins que les Burkinabè vivant en Côte d'Ivoire et au Ghana. Ce qui aurait été intéressant c'est le nombre d'Ivoiriens résidant au Niger au moment de l'élection et le nombre total d'Ivoiriens qui ont bravé la route pour venir voter au Burkina à l'Ambassade ou au Consulat. Combien de votants.

Etaient-ils 50 ? votants pour 1 000 résidants ? Ou 900 votants pour 1 000 résidants ?

Encore une fois, je vous le dis, le vote des Burkinabè de l'étranger n'est pas pour 2020. Et je connais le parti politique qui va en souffrir le plus, mais je ne dirai rien.

Il y a peu de personnes qui savent que Alassane Dramane Ouattara et Léonce Koné ont mangé dans le même plat lorsqu'ils étaient jeunes ici à Banfora. Il y a des personnes qui font semblant d'ignorer que Hermann Yaméogo et Henri Konan Bédié sont comme des frères parce que ayant eu tous les deux le Président Houphouët Boigny pour tuteur.

Et la CENI ? Et la CENI et Toégui ? La CENI et moi nous n'avons pas les mêmes préoccupations. La CENI se soucie de la faisabilité du vote. La mission serait accomplie et bien accomplie si sur 1 000 résidants il y a 50 Burkinabè qui participent au vote. Toégui lui se préoccupe de l'opportunité du vote. Il estime que la plus belle Constitution ne peut donner que ce qu'elle a.

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