15 Mai 2018

Cameroun: Divisions - La famille africaine à l'épreuve

Hier encore havre de paix et de solidarité, elle fait face à de nombreuses menaces et dissensions de nos jours.

Dimanche 13 mai était jour de la célébration de la Fête des mères, dans la tradition anglo-saxonne, pour le compte de l'année 2018. Ce jour qui aurait dû être mémorable pour la vieille Séraphine O., 90 ans au compteur, 10 enfants dont six vivants à la clé, a pourtant eu un goût de cendre. « J'avais secrètement espéré une journée exceptionnelle marquée par une visite surprise d'un de mes enfants. Mais, la journée s'achève comme çà, comme toutes les autres depuis au moins 10 ans. Qu'estce que je leur ai fait pour mériter pareil traitement »? se plaint la vieille dame à sa fidèle voisine venue lui porter de quoi manger.

La situation familiale de cette mère de famille, scandaleuse à une certaine époque, n'est plus si étrange de nos jours. C'est que cette entité, comme nombre d'autres institutions sociales, a vacillé avec la montée des divisions, des querelles intestines, rivalités déplacées, égoïsmes, replis sur soi et l'amenuisement des ressources. Illustrations. Arrondissement d'Okola. Deux frères que rien ne pouvait apparemment séparer, au regard de leur vécu. De véritables larrons en foire. L'un des fils, étudiant en médecine en Europe est de passage au Cameroun. Occasion pour son oncle et ses cousins de lui faire la fête.

Ce qui n'est pas du goût de la femme à son oncle. Jalouse, elle met dans la tête de son époux, que ses rejetons passeront leur vie à son service. L'affaire vire même à la sorcellerie, puisque l'étudiant en médecine de retour en Europe, meurt quelques mois plus tard. Depuis, la haine s'est installée avec en prime, toutes les rancoeurs imaginables. Dans le département du Mfoundi, un oncle a passé son existence à s'occuper de tous ses neveux et nièces, au détriment des siens, payant même le billet d'avion à l'un devant poursuivre ses études en Europe. A son retour, c'est à peine s'il est allé lui dire merci. Il fait une belle carrière depuis, s'est marié et ne s'occupe que de sa propre progéniture. Ses frères, soeurs, oncles, tantes et neveux sont réduits à la portion congrue.

Quand ils se rencontrent lors des cérémonies familiales, ils s'ignorent royalement. Des exemples comme ceuxlà, on peut en citer à la pelle. Ils illustrent à suffisance, l'état de délabrement actuel de la famille camerounaise. Qui ne se souvient des moments inoubliables passés avec grands-parents, oncles, tantes, cousins. On appartenait à la communauté et non seulement aux siens. Il est plus que jamais temps de retrouver ces valeurs d'amour, de solidarité et d'entraide qui ont toujours fait la force et la cohésion de la famille camerounaise, tout en consolidant la paix et la stabilité sociale.

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