16 Mai 2018

Cote d'Ivoire: Chantal Taïba (artiste chanteuse) - 'Désormais je suis fonctionnaire internationale'

interview

Après 5 années d'absence au pays, Chantal Taïba est rentrée avec, dans ses valises, « Sérédo »; son dernier album de 9 titres. Dans le cadre de la promotion de ce « délice sonore », l'ex-lycéenne de la musique ivoirienne, aujourd'hui « Reine du Matiko » a rendu visite au Patriote.

Dans cette interview, elle invite les mélomanes à se procurer « Sérédo », appelle les Ivoiriens à plus d'amour et de fraternité et dévoile ses nouvelles ambitions pour la promotion de la culture ivoirienne.

Avec le temps, quand on demande qui est Chantal Taïba, que répondezvous ?

Je suis artiste chanteuse ivoirienne, originaire de la région du Sud-Ouest de la Côte d'ivoire, précisément de Tabou. Je pratique la musique depuis plus de 36 ans.

J'ai fait mes premiers pas au sein de l'orchestre de la rti (radiodiffusion télévision ivoirienne). A ce jour, j'ai 9 albums à mon actif dont le dernier intitulé Sérédo vient d'être dans les bacs.

  Que signifie Sérédo ?

"Sérédo", dans la langue kroumen, c'est le chiffre 9. C'est mon neuvième album, il comporte 9 titres. le chiffre 9 est tout un symbole.

Pour qu'un enfant vienne au monde, il passe 9 mois dans le sein de sa mère; pour qu'une année scolaire soit validée, il faut 9 mois, donc comme on le voit, le chiffre 9 est important.

 Le chiffre 9 a-t-il un rapport avec vous ?

"Sérédo" est mon neuvième album, c'est cela mon rapport avec le chiffre 9. il faut noter que mon premier album est sorti en 1983, à la veille de la Coupe d'Afrique des nations (Can 84) qui s'est jouée en Côte d'ivoire.

 Dans quelles conditions avez-vous préparé "Sérédo" ?

J'ai commencé la réalisation de cet album ici en 2010 avec Serge Beynaud et david Tayorault. Après, je suis partie en France, rejoindre Manu lima et Frédy Assogba et, par la suite, david Tayorault m'y a rejoint.

Nous avons vraiment pris notre temps pour préparer "Sérédo" dans de bonnes conditions. et pour la promo, nous sommes en plein dans la campagne pour faire découvrir l'album afin que les mélomanes ivoiriens l'adoptent comme ils l'ont fait pour les précédents. des dédicaces suivront. Nous entrevoyons un grand concert avant la fin de l'année.

On vous connait des qualités de créatrice de concepts. L'on vous a appelé "la Reine du Matiko", cette danse qui a eu plusieurs déclinaisons. Quel concept porte "Sérédo" ?

Sur cet album, je fais du "Matiko décalé" avec Serge Beynaud. Tout de même j'ai gardé mon identité avec du Matiko pur et dur arrangé par david Tayorault.

Avec Manu lima, je me suis essayée à la rumba congolaise. Quant à Frédy Assogba, j'ai fait du Zouglou pur et dur tel qu'on l'a connu au début des années 90. en somme, j'ai travaillé avec quatre arrangeurs de styles différents pour offrir le meilleur aux ivoiriens et au monde entier.

Quels sont vos rapports avec vos pairs dans le monde musical ?

J'ai d'excellents rapports avec tout le monde. la preuve, en novembre dernier, j'ai organisé un concert à Noisy-le-sec, à Paris, pour la sortie de "Sérédo" et presque tous les artistes ivoiriens vivant en France étaient là.

Nous avons fait une très belle soirée. il faut noter que cela fait cinq ans que je suis partie de la Côte d'ivoire, tout de même, que ce soit les artistes hommes ou les dames, nous avons de très bons rapports.

 Justement, quelles sont les raisons fondamentales de ce long séjour en France. On vous disait en exil !

En exil ! Non, si je devais m'exiler, je ne serais pas restée au pays trois années après la crise. Si vous l'avez remarqué, je marche difficilement ces temps-ci, parce que je me suis fracturé une jambe fin 2010 et j'ai subi trois interventions chirurgicales et mon état n'avait pas l'air de s'améliorer.

Il me fallait donc aller voir comment me traiter en France pour y suivre des soins afin de sauver ma jambe, surtout que j'ai failli me faire amputer. donc, avec tout cela, je ne pouvais que rester en France un long moment. dieu merci, je peux marcher maintenant sans canne, sans déambulateur, quand on sait que je suis partie du pays en fauteuil roulant. Je reviens vraiment de loin.

A vos débuts, les mélomanes vous appelaient « la lycéenne » de la musique ivoirienne, aujourd'hui sous quel vocable vous désigne-t-on désormais ?

Depuis que j'ai lancé le Matiko en 2000, on m'appelle « la reine du Matiko ». Je suis sortie du lycée ; désormais je suis même fonctionnaire internationale, parce que je représente la Côte d'ivoire un peu partout à travers le monde.

Aussi, il faut noter qu'avec mon retour au pays, je vais lancer à nouveau "Bagnon", le concours du plus bel homme. J'espère que les sponsors répondront à notre appel pour que ce pan de notre culture soit mieux valorisé.

Le président Félix Houphouët-Boigny, 1er président de la Côte d'Ivoire, aimait bien votre musique, de sorte que vous étiez programmée à de grands galas en sa présence et même vous avez composé un morceau pour la Can Côte d'Ivoire 84. Témoignage !

Oui, que de souvenir ! C'était ma contribution à cette époque au soutien à l'équipe nationale de football et le morceau "Ayo Ayo" a pris et il fait encore son petit bonhomme de chemin.

Quel est votre regard sur la vie politique ivoirienne, même si on ne vous connait pas d'appartenance politique

Effectivement, je ne suis pas politique, je suis artiste donc appartenant au monde culturel. J'évolue dans mon domaine de prédilection.

Pour moi, le choix ou l'appartenance politique ne devrait pas avoir de répercussion sur nos rapports humains. et puis, nous ivoiriens, sommes tous frères et sœurs et c'est ce qui doit prédominer.

 Est-ce que l'artiste ivoirien vit de son art ?

Ce n'est pas évident, parce que la piraterie sévit en Côte d'ivoire. le Burida (Bureau ivoirien du droit d'auteur) se bat, mais les populations n'ont pas encore la culture de l'achat des œuvres artistiques. Mais, espé- rons juguler ça un jour.

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