16 Mai 2018

Burkina Faso: Grossesses et paternité précoces - Le terminus de l'avenir de jeunes

Parler de la sexualité en famille, est tabou. Même à l'école, on n'en parle pratiquement pas. Cependant, dans le but d'assouvir leur curiosité, ou sous la pression de leurs camarades, nombreux sont les jeunes qui s'y lancent précocement. Ce qui n'est pas sans conséquences.

Les grossesses précoces et non désirées, la paternité précoce et les maladies sexuellement transmissibles, constituent souvent des causes d'abandons ou de retards scolaires. Les grossesses et paternité précoces chez les jeunes : quelle perception la population en fait et quelles sont les solutions envisagées ? Sur la question, les avis des parents, éducateurs, leaders religieux et chefs coutumiers, ainsi que des acteurs de la santé, divergent.

Dès qu'on leur parle de sexe, ils esquissent timidement un petit sourire. Ces jeunes en savent peu sur leur santé sexuelle et reproductive.

Pourtant, la plupart d'entre eux ont une vie sexuelle active et ont même eu un rapport sexuel dès l'âge de 15 ans. Elève en classe de 5e au lycée privée la Sorbonne de Koudougou, Amandine Palenfo est mère d'un bébé de 15 mois. « Un jour, mon copain m'a proposé de lui faire un enfant.

Au début, j'avais refusé car je ne voulais pas. J'en ai même parlé à mon père qui a tout de suite refusé. Je me suis confiée à une tante qui n'a pas trouvé d'inconvénient à ce que je le fasse.

Par la suite, je suis tombée enceinte et quand j'ai annoncé la nouvelle à mon petit ami, à mon plus grand étonnement, il a refusé d'assumer la grossesse en me lançant à la figure d'aller me débrouiller, car il s'amusait », nous a confié Amandine.

Cette jeune fille de 15 ans, dit avoir eu recours à son père, pour que son petit ami assume ses responsabilités.Aujourd'hui mère, Amandine ne se voit pas de nouveau enceinte. «Après mon accouchement, la sage-femme m'a conseillé de me mettre sous contraceptif, chose que j'ai acceptée.

Malheureusement, ça ne m'a pas réussi. Je suis allée retirer le norplant qu'on m'avait introduit pour empêcher une quelconque grossesse », a-t-elle dit. Et à ce jour, Amandine dit s'abstenir de tout rapport sexuel. Elle a aussi confié que pour cause de grossesse précoce, elle a dû accuser un retard dans son cursus scolaire et était marginalisée par ses camarades et la société.

« Si c'était à refaire, je ne recommencerais pas, car c'est une épreuve très difficile que j'ai traversée », a-t-elle confié. Agé de 15 ans, Bakima Bado, élève en classe de troisième, confie timidement avoir goûté au « fruit défendu » à l'âge de 13 ans. A cette époque, dit-il, « je faisais les rapports sexuels sans protection et ma copine qui était dans la même classe et avait le même âge que moi, est tombée enceinte.

J'étais obligé, à l'époque, d'abandonner l'école et faire de la soudure pour pouvoir avoir de quoi nourrir l'enfant et sa maman. Parce que sa famille était catégorique pour que je m'occupe de leur fille. De mon côté, mes parents aussi n'avaient pas les moyens pour nous prendre en charge.

Donc, j'ai dû abandonner l'école pour me trouver un petit job. C'est un fait qui nous a surpris ma copine et moi, car en aucun cas, on ne croyait être dans cette situation. Nous regrettons cette situation, mais cela est aussi une leçon pour nous et pour nos proches».

C'est presque les larmes aux yeux que Madina Nabollé nous a confié que sa meilleure amie, tombée enceinte à l'âge de 13 ans, est morte en couche à l'hôpital Yalgado. « Ce jour-là, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, car ma camarade Safi, après avoir été enceinte, a été rejetée, par ses parents et son petit ami qui l'a engrossée.

Mais avec l'aide d'une tante, je l'aide avec de la nourriture et de l'argent pour ses soins. Malheureusement, Safi n'a pas pu accoucher. Car, selon la sage-femme, elle était trop petite et l'organisme n'était pas encore prêt pour une grossesse », a confié Madina, l' air mélancolique.

Avant de nous signifier que c'est par ignorance que sa camarade est tombée enceinte. Parce que, selon Madina, Safi n'avait aucune notion sur la santé sexuelle et de la reproduction, à forte raison savoir qu'elle pouvait contracter une grossesse.

Quand des jeunes optent pour l'abstinence

Bakima et Amandine, Mouniratou et Ezekiel, issus de familles ancrées dans la religion, ont une autre perception de la vie sexuelle. Pour eux, il n'est pas question d'avoir des relations sexuelles avant le mariage, à plus forte raison des grossesses précoces.

Si pour ses camarades, Mouniratou Ouédraogo vient d'un autre monde, cette fille âgée de 18 ans, justifie son comportement en ces termes : « J'ai un copain, mais nous avons opté pour l'abstinence jusqu'au mariage. Selon ma religion, c'est un péché d'avoir des rapports sexuels avant le mariage», a-t-elle relevé.

A la question de savoir quelle est la perception de Mouniratou sur les grossesses et paternité précoces, la jeune fille a indiqué que c'est parfois décevant et même lamentable de voir des enfants mettre au monde des enfants. Car, selon elle, ces enfants venus au monde par ignorance, sont innocents, ne reçoivent pas l'amour de leurs parents et ne sont pas choyés comme il faut. Et par finir, ils s'insèrent difficilement dans la société.

« Je préconise que les parents soient plus impliqués dans l'éducation sexuelle de leurs enfants, afin de montrer à ces derniers tous les dangers qu'ils courent en ayant des rapports sexuels précoces», a-t-elle souhaité.

Dans la même veine, Ezekiel Yaméogo, âgé de 18 ans, affirme qu'il n'a jamais eu de rapports sexuels. Si certains de ses camarades sont déjà pères, Ezékiel, fils de pasteur, a fait vœu de chasteté et n'entend avoir des relations intimes avec une femme qu'après le mariage.

Si le sujet est généralement évité à la maison, la plupart de ces jeunes, souvent contraints de s'informer auprès de leurs amis, ont émis le souhait que des cours sur la santé sexuelle et reproductive soient intégrés dans leur curricula d'enseignement. Alors, que disent les parents, éducateurs, leaders religieux, chefs coutumiers et agents de santé ?

Mme Mariam Yaméogo/Derra

« Dès le jeune âge, un climat de confiance doit être créé pour permettre l'échange avec les enfants sur la sexualité »

Les parents, surtout les mamans, doivent être ouvertes avec leurs filles, échanger régulièrement avec ces dernières et leur donner des conseils sur comment se comporter. Dès le jeune âge, un climat de confiance doit être créé pour permettre l'échange avec les enfants sur la sexualité (filles comme garçons), car il faut que le garçon aussi comprenne qu'à un certain âge, il peut être père. La fille doit être en mesure de se confier à sa maman, de lui poser toutes sortes de questions. Mais dans notre culture, on a mis tellement de barrières que parler de sexe avec ses enfants, est tabou. Il faut discuter avec les enfants, des moyens de contraception. Au cas où cela devrait arriver, qu'ils sachent qu'ils doivent se protéger et aussi leur faire comprendre qu'ils ne doivent pas avoir plusieurs partenaires. Les parents qui ne peuvent pas parler aux enfants, peuvent les accompagner dans les différents centres d'écoute pour jeunes, où ils pourront poser toutes les questions possibles. En plus des cours d'éducation sexuelle dispensés dans les établissements, cela pourra aider nos enfants. Souvent, les jeunes ne savent pas comment aborder le sujet avec les parents, s'il n'y a pas de dialogue avec les enfants. Pour cela, c'est entre eux et sur internet qu'ils prennent les informations qui ne sont pas souvent bonnes.

Pierre Tabsopba, Pasteur à l'église Apostolique de Tampuy

« Les grossesses et paternité précoces constituent un mal social qui est présent dans notre société et qu'on doit combattre »

Les grossesses et paternité précoces constituent un mal social qui est présent dans notre société et qu'on doit combattre. Malheureusement, comme la situation est présente, il faut pouvoir trouver des solutions. Etant un mal social, il faut plutôt passer par l'éducation dont la famille est concernée. Aussi, par des associations à travers l'église, car la parole de Dieu nous éclaire sur les aspects du comportement d'un enfant. En un mot, la solution, c'est de pouvoir s'abstenir jusqu'au mariage. Malheureusement, de nos jours, les jeunes, avec l'influence de la société, sont affectés, mais en écoutant la parole de Dieu et en s'appliquant, cela aide à se préserver et à éviter un tel phénomène. L'éducation chrétienne dans nos églises équipe les jeunes à pouvoir affronter la sexualité de façon responsable. C'est un phénomène qui prend de l'ampleur. Surtout, avec l'évolution de la technologie dont internet à travers les réseaux sociaux qui divulguent des vidéos et images pas catholiques, dont les jeunes se servent pour aller à la dérive. Face à ces aspects, le gouvernement peut envisager certaines mesures, notamment des débats et projection de films de sensibilisation dans les écoles et quartiers, qui pourraient aider à éduquer ».

Alidou Ilboudo, Imam du cercle d'études, de recherches et de formation islamique (CERFI)

« C'est parce qu'on ne donne pas assez d'informations sur la sexualité au sein de nos familles traditionnelles et religieuses que le phénomène a la peau dure »

A lire la presse et à écouter ce qui se passe dans les écoles, on peut dire que le phénomène est alarmant. Chaque année, le taux d'abandon scolaire chez les filles comme chez les garçons, est très élevé à cause des grossesses et paternité précoces. Ce phénomène plombe le développement au niveau des familles et de la société et entrave l'autonomisation des femmes. C'est un phénomène qui nécessite qu'on mette à profit les réflexions pour essayer de trouver des solutions. Au sein de notre communauté, nous mettons l'accent sur l'éducation familiale, et l'éducation aux valeurs morales et spirituelles. Car, c'est parce qu'on ne donne pas assez d'informations sur la sexualité au sein de nos familles traditionnelles et religieuses que le phénomène a la peau dure. Nous nous rendons compte que les parents ne sont pas habilités à donner cette communication sur la sexualité aux enfants. Donc, nous essayons, au cours des prêches, d'en parler pour que chacun s'occupe de sa responsabilité. Au niveau de notre structure, nous avons des formations destinées à la formation des sœurs. Donc, l'un dans l'autre, nous essayons de porter notre pierre à la construction de la nation. Il faut qu'au niveau des familles, nous confortions l'éducation familiale, car les familles ont presque démissionné et laissé les enfants à la rue, à l'école, à l'internet et aux télénovelas. Il faut que l'Etat aussi puisse offrir le supplément d'éducation, de formation, de scolarisation, car il y a des causes qui sont liées à notre société où l'éducation des filles entrave leur scolarisation et leur maintien à l'école. Les filles aussi doivent être assez responsables pour savoir ce qu'elles veulent faire à l'avenir, pour ne pas succomber à des vendeurs d'illusions.

Abbé Maxime Zongo, directeur diocésain des moyens de communication de Koudougou

« Les parents ont le droit d'exiger de l'autorité, des lois préventives et répressives contre l'exploitation de la sensibilité des adolescents »

Nous vivons à une époque où le mystère a été ôté de la sexualité humaine. Les grossesses et paternité précoces sont des conséquences de cette triste réalité. A la question, « quelle est notre perception sur le phénomène et quelles propositions pour y remédier ? », nous savons, avec humilité, que vu l'ampleur du phénomène et la complexité du sujet, il n'y a pas de solutions miracles, mais plutôt des actions concertées à entreprendre. Ces actions peuvent se résumer en deux points : Education et sensibilisation. Le devoir d'éducation à la sexualité est pour les parents quelque chose d'essentiel et de fondamental. Et ce devoir ne peut être délégué à d'autres. Malheureusement, de nos jours, non seulement plusieurs parents démissionnent de leurs responsabilités parentales, mais aussi cette responsabilité se heurte à une difficulté particulière due à la diffusion, au travers des médias, de la pornographie, inspirée par des critères commerciaux et incitant les adolescents à des actes sexuels. A ce niveau, deux attitudes sont requises : une éducation préventive et critique dans le visionnement des films et l'utilisation des téléphones portables. Une dénonciation courageuse auprès des autorités. Les parents ont le droit d'exiger de l'autorité, des lois préventives et répressives contre l'exploitation de la sensibilité des adolescents. L'Eglise catholique, quant à elle, propose à ses enfants l'abstinence avant le mariage ; néanmoins, avec une action conjuguée des parents, des éducateurs et de l'autorité politique, le phénomène des grossesses et des paternités précoces, peut être un tant soit peu maîtrisé.Les grossesses précoces, de nos jours, sont des obstacles qui entravent la réussite de nos adolescentes à l'école. Quand cela arrive, la fille est obligée d'arrêter l'école et souvent, elle doit aller vivre chez le garçon qui l'a mise enceinte ; souvent lui-même adolescent et ne pouvant se prendre en charge. Cela cause beaucoup de problèmes et de souffrances dans les familles. Quand de telles situations arrivent, il faut que nous, parents, essayions d'accompagner les enfants au lieu de les mettre à la rue. Dans certaines familles, la fille est carrément rejetée et elle ne sait pas où aller. Dans ces genres de situations, certaines filles essayent d'avorter clandestinement et cela entraîne parfois des décès. Les adolescentes veulent vivre leur vie amoureuse comme ce qui se passe dans les séries télévisées, en oubliant que tout n'est pas réalité.

Naaba Saha de Issouka

« Un enfant ne peut pas donner naissance à un enfant »

Je constate que c'est un phénomène qui revient dans les échanges, ces derniers temps. Dans le temps, en pays moaga, c'était une interdiction absolue que la fille soit en grossesse hors mariage, car c'était un déshonneur pour la famille et pour la fille elle-même. Et c'est la mère, à l'époque, qui était accusée d'avoir mal éduqué sa fille. Mais seules les tantes de la fille pouvaient tenter de remédier à la situation. Même dans les écoles, dans le temps, on renvoyait les filles qui tombaient enceinte des établissements scolaires. Mais de nos jours, le monde a changé et la population a augmenté. Donc, il y a eu l'urbanisation au détriment de la culture qui, peu à peu, tente de disparaître. Les filles aussi sont naïves et facilement, elles se laissent flatter par des hommes avec de l'argent, pour les engrosser. Et le plus souvent, ces filles ne connaissent pas les modes de contraception, malgré les efforts des religieux qui préconisent l'abstinence jusqu'au mariage. Et c'est dommage que ce phénomène entrave la vie des jeunes filles, parfois de 12 ans, qui sont obligées d'abandonner l'école. Face à ce phénomène, beaucoup de choses doivent être faites et cela doit quitter du bas vers le haut. En effet, les parents doivent expliquer aux enfants, les dangers des rapports sexuels et les méthodes pour empêcher les grossesses, car ce sont eux qui sont à la base de l'éducation de leur enfant, ensuite vient la société. Parce qu'un enfant ne peut pas donner naissance à un enfant, chose qui n'est pas normale. Car, l'organisme de cette jeune fille n'est pas encore constitué pour permettre à un enfant de se développer, et quand ces dernières accouchent, généralement, elles sont perdues, car elles ne savent pas comment éduquer ni prendre soin d'un enfant. En tant que chef coutumier, chaque week-end, je reçois des jeunes qui viennent visiter le palais, et je profite échanger avec ces derniers sur les questions de sexualité, en leur expliquant les méthodes à suivre pour que leur avenir soit radieux. Au niveau de la communauté, on doit éduquer les enfants sans différenciation de parents, car un enfant appartient à toute la communauté. Sur le plan de la nation, les autorités doivent promouvoir cette politique de mettre fin aux grossesses précoces, et en cela, nous félicitons d'ailleurs notre pays pour les actions fortes menées ces derniers temps. Nous, les traditionnels, nous les encourageons à aller de l'avant et à toujours sensibiliser les jeunes, surtout ceux qui ne sont pas allés à l'école. J'ai l'espoir que nous allons vaincre ce phénomène, car c'est un problème de cassure des valeurs traditionnelles et surtout de modernisation, auquel nous trouverons une solution avec l'éducation et avec l'implication des uns et des autres, en particulier les médias que je profite féliciter.

Eric Doyé, attaché de santé, chef du service de l'éducation pour la santé à la direction de l'éducation pour la promotion de la santé

« Une grossesse sur un organisme immature est à haut risque »

Les grossesses et paternité précoces, au niveau scolaire par exemple, le problème est très courant dans les lycées et collèges et qui parle de grossesse non désirée chez une scolaire, voit une source de déscolarisation des filles. Avec une grossesse à l'école, le plus souvent, il est difficile aux jeunes filles de poursuivre leurs études, ce qui compromet leurs chances d'avoir un emploi décent aussi bien dans le privé que le public.

En plus du fait d'abandonner l'école, des problèmes sanitaires peuvent survenir. La grossesse sur un organisme immature est à haut risque.

Sur le plan social, il y a souvent le fait que les filles sont bannies de la famille, avec tout ce que cela comporte comme répercussions psychologiques.

Ce qui est important pour le jeune aussi bien garçon que fille, c'est de se concentrer sur ses études et le reste viendra après. Il ne faut pas que les jeunes mettent la charrue avant les bœufs. L'avenir appartient à la jeunesse et elle doit tout faire pour le préserver, en ayant des comportements responsables. Les enfants doivent tout faire pour ne pas les décevoir. Écouter les conseils des parents, des encadreurs et se concentrer sur les études, c'est ce qui doit préoccuper les jeunes. Les jeunes doivent également approcher les agents de santé pour avoir les conseils dans le sens d'améliorer leur santé sexuelle et reproductive.

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