16 Mai 2018

Cote d'Ivoire: Audit judiciaire de la FIF - Ces préalables de la FIF qui font peser des menaces sur le pays

La Côte d'Ivoire court-elle vers des sanctions de la FIFA ? Cela n'est pas exclu au vu des développements de la crise née, le vendredi 29 décembre 2017, entre la Fédération ivoirienne de football (FIF) et certains membres actifs regroupés au sein d'un collectif dénommé «GX».

Dans sa quête de résolution de la crise, l'instance faî- tière mondiale a décidé d'organiser un audit judiciaire auprès de la FIF dont les résultats seront communiqués au Comité exécutif de la FIFA lors de sa prochaine réunion du 10 juin prochain à Moscou.

A travers cette note en date du 27 avril de Joyce Cook, CBE, OBE, directrice de la division Associations membres, l'instance suprême du football entend se faire une idée des griefs soulevés par les contestataires de la gestion fédérale.

Aussi, a-t-elle désigné le Cabinet suisse d'expertise comptable, PricewaterhouseCoopers (PwC), aux fins de conduire ce contrôle sur la période du 14 au 25 mai. Le 30 avril, dans un courrier en guise de réponse, la FIF émet des réserves.

Elle s'érige contre la nature (judiciaire) de l'audit. Evoquant l'absence d'une procédure ordonnée par une décision de justice. Sur le fondement de l'action, la fédération précise n'avoir reçu aucun kopeck de la FIFA dans le cadre du programme «FIFA Forward» alors que le courrier indique clairement que c'est conformément à l'article 17 du règlement du programme de développement.

Alors sur quoi portera cet audit ?, a questionné la FIF. Dans une autre correspondance adressée au directeur régional Zone Afrique et Caraïbes de la division Associations membres de la FIFA, Veron Mosengo-Omba, la FIF demande à surseoir à toute mission de PwC en Côte d'Ivoire.

Surtout si l'audit doit se faire suivant les thèmes contenus dans le courrier de la FIFA. En clair, la FIF soulève deux préalables (la nature et le fondement de l'audit) auxquels la FIFA doit répondre. Auquel cas, elle n'ouvrirait pas ses portes à ses auditeurs. Les auditeurs récusés.

Mais saisie par des membres actifs d'un problème de gestion, la FIFA a maintenu sa mission d'audit. Car la FIF, en décidant délibérément de s'affilier à l'instance suprême du football, lui a implicitement donné carte blanche pour contrôler sa gestion.

Et si la FIFA ne peut contrôler les fonds alloués par l'Etat comme l'a suggéré le conseil de la FIF, vendredi, en conférence, les auditeurs viennent s'imprégner de la gestion de plus de 2 milliards FCFA du Mondial 2014, l'un des griefs soulevés par le GX.

Au-delà, les auditeurs jetteront un regard sur les différents contrats passés avec des partenaires et sponsors. Surtout que le président de la FIFA et son équipe ont décidé de faire de la tolérance zéro pour la corruption leur cheval de bataille.

Gianni Infantino ne s'est pas empêché de le souligner lors d'une émission à Nouakchott en Mauritanie quand il disait qu'il faut que la FIFA soit «honnête» et qu'il n'était plus question que des gens s'enrichissent «illicitement». Plus incisif, il a prévenu qu'aucun dirigeant ne peut plus s'enrichir en toute «impunité avec l'argent du football».

En clair, il a décidé de rompre avec l'ordre ancien et surtout d'éviter ce qui s'est passé avec la vague de corruption qui a emporté de grands dirigeants du football dont l'ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, et celui de l'UEFA, Michel Platini. Aussi vrai que les fonds alloués à la FIF par l'Etat de Côte d'Ivoire ne proviennent pas de la FIFA, cette instance a un droit de contrôle.

Tout simplement parce que c'est l'argent du football et il devrait servir à développer le football. C'est donc fort de cette prérogative que la FIFA a consenti à laisser venir ses auditeurs qui, effectivement, se sont rendus lundi, au siège de la fédération à Treichville (Abidjan).

L'auditeur en chef et deux de ses collaborateurs travaillant à Abidjan ont été accueillis par le 1er Vice-président Sory Diabaté et le DEX de la FIF, Sam Etiassé. Aux émissaires de la FIFA, la FIF a opposé un non-recevoir dans l'attente des résolutions de ses préalables.

En clair, la FIF a opposé un refus aux auditeurs. Un acte de «défiance» qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur les futures relations entre la FIFA et la fédération ivoirienne.

La Côte d'Ivoire encourt d'éventuelles sanctions qui pourraient aller de la suspension de la fédération au retrait de l'organisation de la CAN 2021 en passant par la suspension des clubs ivoiriens. Ce qui serait vraiment dommage pour le football ivoirien.

Cote d'Ivoire

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