16 Mai 2018

Congo-Kinshasa: Ebola - 4.000 doses de vaccin sont arrivées

Photo: WHO
Riposte à la dernière épidémie d'Ebola en RD Congo.

Une cargaison de 4.000 doses de vaccin contre la maladie à virus Ebola est arrivée mercredi à l'aéroport de Kinshasa, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette première livraison doit permettre à l'OMS et à ses partenaires de combattre la dernière flambée épidémique d'Ebola qui a été déclarée par les autorités congolaises le 8 mai dernier à Bikoro, dans la province de l'Equateur, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Compte tenu de l'emplacement et des difficultés d'accès dans la zone affectée, il sera difficile d'amener les équipes de vaccination dans la zone touchée, mais le ministère de la santé congolais, l'OMS et les partenaires œuvrent ensemble pour faire face à toutes les contraintes logistiques.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a ainsi mis à disposition un hélicoptère de son service aérien humanitaire (UNHAS) pour assurer des rotations aériennes logistiques entre Kinshasa et Bikoro afin d'acheminer le personnel et les fournitures médicales.

Un vaccin expérimental approuvé par les autorités congolaises

Le vaccin livré en RDC est expérimental et s'est révélé très efficace, souligne l'OMS dans une notice d'information.

Le vaccin, qui porte le nom technique rVSVΔG-ZEBOV-GP, a été mis au point par l'Agence de la santé publique du Canada, sous la licence de NewLink Genetics, qui l'a à son tour concédé sous licence à Merck & Co.

Le vaccin fonctionne en remplaçant un gène d'un virus inoffensif connu sous le nom de virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) par un gène codant pour une protéine de surface du virus Ébola. Le vaccin ne contient pas de virus Ebola vivant.

Dans le cas où une flambée épidémique d'Ebola surviendrait avant l'homologation du vaccin candidat, le Groupe consultatif stratégique d'experts sur la vaccination (SAGE) a recommandé en 2017 le déploiement rapide du vaccin rVSVΔG-ZEBOV-GP, en veillant à recueillir le consentement éclairé et à respecter les bonnes pratiques cliniques.

L'OMS dispose d'un petit stock de rVSVSV-ZEBOV. Merck a fourni ces vaccins qui n'ont pas encore été homologués et s'est engagé à permettre l'accès à un plus grand nombre de vaccins, précise l'agence onusienne.

Le protocole de vaccination a été examiné et approuvé par les autorités réglementaires nationales et le comité national d'éthique de la RDC.

En RDC, les préparatifs sont en cours pour commencer une campagne de vaccination « en anneau » - la stratégie d'administration recommandée par l'OMS.

Cette mesure sera adaptée aux conditions sociales et géographiques des régions du pays touchées par la flambée épidémique et inclura les personnes à risque, y compris, notamment les contacts et les contacts de contacts ; les agents de santé et les agents de première ligne locaux et internationaux dans les zones touchées ; et les agents de santé et de première ligne dans les zones où il existe un risque d'expansion de la flambée épidémique.

Ces personnes constituent l'« anneau » pour la vaccination. Avec leur accord et leur consentement, les individus de l'anneau seront pris en considération pour la vaccination. Après avoir reçu le vaccin candidat, ils feront l'objet d'un suivi pendant une période déterminée.

Même vaccinées, les personnes doivent continuer à se protéger

L'OMS souligne qu'il est très important que les personnes vaccinées continuent à se protéger de l'infection par le virus Ebola. Cela implique de ne pas toucher les liquides corporels d'un patient (sang, vomi, salive, urine, selles), d'éviter le contact physique direct avec le corps d'un patient (vivant ou mort), de ne pas toucher les draps et les vêtements qui ont pu être contaminés et de pratiquer l'hygiène des mains et d'autres mesures préventives.

L'agence onusienne souligne que le vaccin contre Ebola peut produire certains effets secondaires. Les personnes vaccinées peuvent avoir une légère fièvre ou des symptômes du rhume, un malaise qui peut durer de 1 à 3 jours.

Parmi les personnes vaccinées, 1 sur 5 ressent un gonflement temporaire au point d'injection. Certaines personnes auront une fièvre légère et transitoire 1 à 2 semaines après l'injection ou de petites ampoules peuvent apparaître.

Il est possible d'avoir des douleurs articulaires dans les pieds, les mains ou les genoux. Très rarement, les vaccins peuvent provoquer une réaction allergique grave immédiatement après l'administration du vaccin. Cela peut causer des difficultés respiratoires et des faiblesses.

L'OMS précise que le vaccin est fabriqué conformément aux normes internationales en vigueur et ne peut pas causer la maladie parce qu'il n'y a pas de virus Ebola dans celui-ci.

Si une personne qui reçoit le vaccin a été infectée par le virus Ebola avant la vaccination, elle pourrait développer des signes et des symptômes de maladie d'Ebola après avoir reçu le vaccin.

Pour les personnes infectées avant la vaccination, le vaccin ne peut pas fournir de protection. S'ils développent des symptômes de maladie, ils doivent immédiatement contacter l'équipe de vaccination, souligne l'agence de santé onusienne.

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