18 Mai 2018

Cameroun: Recherche - Des chercheurs camerounais éblouissent le monde avec une nouvelle stratégie de lutte contre l'onchocercose via les TIC

Vice- doyen et directeur du Centre de recherche sur les filarioses et autres maladies tropicales (Crfilmt) le Prof. Joseph Kamgno a conduit une équipe de chercheurs qui a mis au point une nouvelle stratégie de traitement de l'onchocercose dans les zones où la loase est endémique.

En effet l'administration du Mectizan® pour le traitement de l'onchocercose chez des personnes qui ont une microfilarémieà Loa loa (parasite responsable de la loase) élevée peut entrainer des effets indésirables graves. Plusieurs cas de ces effets indésirables graves ont été décrits au Cameroun, en République Démocratique du Congo et dans d'autres pays d'Afrique centrale.

C'est ainsi que pour résoudre ce problème constituant une barrière à l'élimination de l'onchocercose en Afrique, l'équipe du Crfilmt mis au point la stratégie Test and Treat(TNT) basée sur un outil diagnostic révolutionnaire, le LoaScope. Il s'agit d'un microscope miniaturisé couplé à un téléphone portable intelligent. Avant le traitement de l'onchocercose par le Mectizan, on prélève une goutte de sang dans un capillaire qui est introduit dans le LoaScope et, en moins de trois minutes, la charge de microfilaires Loa loa hébergées par l'individu est affichée sur l'écran du téléphone.

Lorsque cette charge parasitaire est inférieure à 20 000 microfilaires par millilitre de sang (mf/ml), le patient peut recevoir le Mectizan® sans risque d'effets indésirables graves. La lecture du résultat de l'examen est facilitée par un code de couleur (vert, rouge, jaune) qui permet de prendre la décision. Les patients hébergeant des charges parasitaires élevées (>20 000 mf/mL), qui représentent environ 2% de la population, ne reçoivent pas le traitement par le Mectizan®pour éviter la survenue d'effets indésirables graves. Pour traiter ces patients qui ne peuvent pas bénéficier du traitement par le Mectizan®, une cure de cinq semaines à base de cyclines dont l'efficacité en traitement individuel a été démontrée, leur est proposée.

Les travaux y relatifs, sont suivis de bout en bout par le ministère de la Santé publique et l'université de Yaoundé I, ont connu un très grand succès au niveau international. Au mois de mars 2017 l'ambassadeur de France au Cameroun a personnellement suivi cette équipe sur le terrain lors de la clôture de la campagne de traitement de l'onchocercose dans le district de santé d'Okola (département de la Lékié, région du Centre). Les résultats de ces travaux ont été publiés dans le journal de médecine le plus côté au monde : T New England Journal of Medicine.

Des reportages ont été réalisés sur ces travaux révolutionnaires sur la chaine de télévision CNN et bien entendu au Cameroun, berceau de cette découverte. Les travaux financés par la fondation Bill et Melinda Gates ont été réalisés avec la collaboration d'une équipe française de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), et des équipes américaines du National Institute of Health (NIH), de Berkeley University in California et Michigan State University.

Quant aux membres de l'équipe du Prof Kamgno du CRFilMT, l'on cite : Nana Djeunga Hugues, Philippe Nwane, Andre Domche, Lenou Nanga Cédric, Edgard Ndjomo Andjembe, Emalio Yannick, Jean Bopda, Steve Mbickmen Tchana, Jules Brice Tchatchueng Mbougua, Raceline Gounoue et Guy Roger Njitchouang. Les efforts de cette équipe de recherche camerounaise qui travaille depuis plus de 20 ans sur cette thématique sont louables et devrait à ce titre, constituer un modèle pour un Cameroun émergent sans maladies.

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