22 Mai 2018

Sénégal: Patrice Correa, coordinateur SAES - «Il faut un plan Marshall pour l'UGB»

Photo: Walfadjri
Marche des étudiants

«L'université est à terre. Un campus dégradé. Le rectorat, réduit en cendres, est mort. Le service pédagogique et autres Ufr sont complétement saccagés».

En parlant ainsi, le coordinateur de la section du Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (Saes) campe le décor de l'université Gaston Berger de Saint-Louis qu'il qualifie de «macabre». Face à cette situation, Patrice Corréa préconise un «plan Marshall» pour redorer le blason de l'université.

Invité de l'émission Objection de ce dimanche 20 mai sur Sudfm, le coordinateur du Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (Saes) de l'Université Gaston Berger a abordé des questions relatives à la situation actuelle de l'université de Saint-Louis au lendemain des affrontements entre étudiants et forces de l'ordre ayant causé la mort de Fallou Sène.

Suite aux affrontements entre les étudiants et les forces de l'ordre causant la perte d'une vie humaine, Fallou Sène, et d'importants dégâts matériels, Patrice Corréa propose un « plan marshall » pour l'université de Saint Louis. « Cette université a besoin d'avoir des assises, une rencontre sincère entre tous les acteurs », explique-t-il sur les ondes de Senradio.

Si, aujourd'hui, les étudiants réclament le départ de certaines autorités (voir par ailleurs), il n'en demeure pas moins que l'Université Gaston Berger de Saint-Louis a besoin de se remettre sur ses pieds. En effet, la furie des étudiants est passée par là, suite à l'annonce de la mort de leur camarade lors des affrontements avec les forces de l'ordre. L'université a été mise sens dessus dessous.

Les étudiants ont saccagé le rectorat et de matériels de bureau et informatique ont été détruits. Face à cette situation, Patrice Corréa déclare : « le décor est macabre ». Il fait le bilan en ces termes : « l'université est à terre. Un campus dégradé. Je parle sous le contrôle des gens qui ont pris la peine de faire le tour de l'université.

Le rectorat, réduit en cendres, est mort. Le service pédagogique et autres Ufr sont complétement saccagés ». Non sans préciser que « les auteurs de ces actes sont partis avec des disques durs, des ordinateurs, du matériel de travail. La documentation est partie. Les bandits sont passés par là ».

« L'Ugb n'a pas fait l'objet de sécurisation après le drame. Nous n'avons vu aucune autorité, ni les sapeurs-pompiers pour venir éteindre le feu qui couvait dans ces bâtiments. C'est extrêmement pitoyable », s'indigne le coordinateur local du Saes.

L'UGB EN «DECADENCE»

En plus de ce décor macabre, Patrice Corréa a notamment indiqué que l'université de Saint-Louis fait face à une « situation inédite de retard du calendrier académique. « Il y a des niveaux, notamment de licence 2 ou 3 qui n'ont pas encore démarré les cours de 2017/ 2018.

Le retard est fou au point que certaines Ufr n'ont pas encore démarré les cours », fait savoir l'enseignant chercheur. Selon lui, « il faut remettre tout en chantier. Ce n'est pas le nouveau Recteur qui va régler le problème. Il nous faut un programme de sauvetage si on veut garder le paradigme de l'excellence ».

Et Patrice Corréa de poursuivre : « Il faut le dire : cette excellence est en décadence depuis 2007 car l'Etat, sentant la pression des orientations des nouveaux bacheliers, voulait avoir un espace de désengorgement. La faute est politique. Nous allons malheureusement vite au détriment de la qualité ».

En plus de déplorer l'absence d'une planification pour la gestion des dynamiques démographiques, le coordinateur du Saes pense qu'il faut aussi « régler les questions sociales, notamment le retard des bourses, la restauration, l'eau. L'Ugb n'a pas été préparée à avoir autant d'étudiants ».

« Un étudiant qui devait bénéficier d'un encadrement de 30 minutes, a désormais 10 minutes. Le ratio est extrêmement fou. Moins de 300 enseignants pour plus de 11 000 étudiants. C'est aberrant », conclut-il sur ce chapitre avant d'enchainer sur la question de la recherche.

Sur ce point, il souligne en déplorant : « nous n'avons pas une politique publique de la recherche au Sénégal. Si vous ne faites pas de la recherche, vous ne ferez pas un enseignement de qualité. Pis, c'est d'aller chercher des paradigmes et des théories qui ne nous concernent pas et vouloir les adapter à nos sociétés ».

Patrice Corréa se réjouit tout de même qu'il y ait « un dispositif dans nos universités sur la recherche qu'il faut renforcer. Il faut participer aux grands rendez-vous scientifiques. Ce qui ne nourrit pas l'enseignement supérieur ».

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