22 Mai 2018

Afrique: Gouvernance en Afrique - Une association régionale plaide pour l'instauration d'une taxe anti-corruption sur toute transaction

Le président sénégalais, Macky Sall, a été choisi par l'Association des autorités anti-corruption d'Afrique (Aaaca) pour être leur porte étendard lors du prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'Union africaine (UA).

En sa qualité de président de l'Aaaca, le président de l'Observatoire anti-corruption (OAC), Emmanuel Ollita Ondongo, a participé, les 4 et les 5 mai à Dakar, au Sénégal, à la troisième assemblée générale annuelle de cette institution panafricaine. Placée sur le thème « L'effectivité de la coopération des institutions africaines de lutte contre la corruption pour une gestion transparente des ressources naturelles », la rencontre s'est tenue sous les auspices du président sénégalais, Macky Sall.

Les conclusions de ce rendez-vous des responsables en charge des institutions de lutte contre la corruption ont été dévoilées, le 18 mai, à la presse congolaise par le président de l'Aaaca. En effet, conscient du fait que le continent africain est gangrené par ce fléau, les participants ont souhaité que le prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA se penche sur l'instauration d'une taxe anti-corruption sur toute transaction financière transfrontalière. Estimant que l'heure a sonné pour mener une guerre sans merci contre la corruption, l'Aaaca a choisi le président du Sénégal pour plaider cette cause devant ses pairs.

« Le président Macky Sall a pris bonne note de cette recommandation. Il a promis d'aller en parler à ses pairs de l'UA car, pour lui, cette préoccupation valait la peine, parce qu'elle pourra rendre à l'aise toutes les institutions anti-corruption d'Afrique », a indiqué Emmanuel Ollita Ondongo.

L'autre conclusion de la rencontre de Dakar est le soutien promis par la Banque africaine de développement (BAD) à l'Aaaca, pourvu qu'un plan stratégique de cette structure lui soit rendu disponible. En effet, cet engagement s'explique par l'importance du thème général choisi et la pertinence des débats. « Dans un futur très proche, des mémorandums de partenariat déjà en phase de mise en forme entre l'Aaaca et la BAD, d'une part, et l'Aaaca et le Conseil consultatif de l'UA contre la corruption, d'autre part, devraient être signés par toutes les parties », a précisé le Congolais, annonçant que la prochaine assemblée générale se tiendra en 2019 au Caire, en Egypte.

L'Afrique, un champ de batailles économique, commerciale et militaire

Revenant sur le thème des assises, le président de l'OAC a rappelé que l'Afrique est actuellement le réservoir des matières premières du monde qui sont aveuglement exploitées par les étrangers possédant à la fois la maîtrise de la technologie et de la finance. « L'Afrique devient, par conséquent, leur champ de batailles économique, commerciale et militaire, faisant de nos peuples de véritables marionnettes armées qui, fraternellement, s'entretuent au préjudice du développement de leur nation. C'est justement dans de telles confusions que la corruption sous toutes ses formes prend de l'ampleur, le terrain étant idéal. La corruption est l'une des malédictions des matières premières, de nos richesses », a-t-il déploré.

D'après le président de l'OAC, la complexité de la corruption, surtout la corruption transfrontalière, fait subir au continent africain des pertes estimées à des centaines de milliards de dollars, lui empêchant de ce fait d'atteindre les objectifs du millénaire. « Nous sommes tous conscients qu'aucune institution ne peut agir seule pour accomplir avec succès cette noble mission. L'idéal serait qu'en nous unissant, notre force de frappe contre ce fléau pourra avoir un impact positif pour l'avenir de l'Afrique. Seul, on ne peut rien, mais avec la coopération, les alliances et les partenariats entre les institutions, l'émergence de l'Afrique fera son chemin », a conclu Emmanuel Ollita Ondongo.

Notons que l'Aaaca, créée en septembre 2013 à Accra, au Ghana, est une association à but non lucratif dont l'objectif est d'assainir la gestion des économies pour optimiser la gouvernance. Elle a pour vocation de promouvoir et de faciliter la coopération mutuelle entre les Etats afin de prévenir, détecter, enquêter, recueillir et fournir des preuves pour des procédures judiciaires et la répression de la corruption, ainsi que des infractions assimilées. Elle constitue, pour les pays africains, une arme pour le redressement de leurs économies et la bonne gouvernance.

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