23 Mai 2018

Afrique: Investir dans la lutte contre les maladies non transmissibles - Un double avantage substantiel pour la santé et l'économie

Photo: OMS/Goldschmid
Campagne pour stopper les maladies non transmissibles
communiqué de presse

Un nouveau rapport de l’OMS rendu public aujourd’hui montre que les pays les plus pauvres de la planète pourraient gagner 350 milliards de dollars (US $) d’ici 2030 en développant leurs investissements dans la prévention et le traitement des maladies chroniques, comme les cardiopathies et le cancer, qui représentent un surcoût de 1,27 dollar (US $) par personne et par an. Ces interventions permettraient de sauver plus de 8 millions de vies au cours de cette période.

Le rapport intitulé   Saving lives, Spending less: a strategic response to NCDs   [Sauver des vies, dépenser moins: une riposte stratégique face aux maladies non transmissibles] révèle, pour la première fois, les besoins de financement et les retours sur investissement des politiques de l’ OMS les plus rentables et les plus réalistes possible pour protéger les populations contre les maladies non transmissibles,  principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde.

Ce document montre que chaque US $ investi dans la mise en œuvre à grande échelle d’interventions ciblant les maladies non transmissibles dans les pays à revenu faible ou intermédiaire va générer pour la société un gain d’au moins 7 dollars (US $) en développant l’emploi, en augmentant la productivité et en allongeant la durée de vie.

«Le principal message de ce nouveau rapport phare est optimiste», déclare le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. «S’attaquer aux maladies non transmissibles est l’occasion de promouvoir la santé et l’économie.»

Si tous les pays recouraient à ces interventions, le monde se rapprocherait alors bien plus de la réalisation de l’objectif 3.4 de développement durable, qui consiste à réduire d’un tiers, d’ici à 2030, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles.

Parmi les interventions présentant le meilleur rapport coût/efficacité figurent la majoration des taxes sur le tabac et l’alcool, la réduction de l’apport en sel via la reformulation des produits alimentaires, l’administration d’un traitement médicamenteux et l’offre de conseils aux personnes victimes d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral, la vaccination des filles de 9 à 13 ans contre le papillomavirus humain et le dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes de 30 à 49 ans.

«Les maladies non transmissibles ont un coût économique considérable dont la plus lourde part échoit aux pays à revenu faible ou intermédiaire qui peuvent le moins se le permettre. Ce rapport plaide en faveur d’une action courageuse, économiquement parlant, contre les maladies non transmissibles et présente certains moyens figurant parmi les plus efficaces pour réduire leur impact, ce qui permettrait d’affecter davantage de ressources aux secteurs qui en ont le plus besoin», déclare M. Michael R. Bloomberg, ambassadeur mondial de l’OMS pour les maladies non transmissibles.

Les pays à revenu faible ou intermédiaire sont actuellement touchés de plein fouet par les décès prématurés liés aux maladies non transmissibles: près de la moitié (7,2 millions) des 15 millions de personnes qui meurent chaque année dans le monde entre 30 et 70 ans sont originaires des pays les plus démunis de la planète. Or, le financement mondial de la lutte contre ces maladies est extrêmement limité puisqu’il ne représente que 2% de l’enveloppe attribuée à la santé.

Le rapport indique cependant que l’adoption de mesures efficaces pour prévenir et combattre les maladies non transmissibles ne représente qu’un surcoût de 1,27 dollar (US $) par personne et par an dans lesdits pays.

Les bénéfices importants que cet investissement dégagerait pour la santé pourraient générer à leur tour 350 milliards de dollars en évitant des dépenses de santé et en augmentant la productivité d’ici 2030, et sauver 8,2 millions de vies au cours de la même période.

Chaque US $ investi dans un domaine précis permettrait d’obtenir les rendements indiqués ci-après :

  • US $12,82 en encourageant une alimentation saine ;
  • US $9, 13 en réduisant l’usage nocif de l’alcool ;
  • US $7,43 en diminuant le tabagisme ;
  • US $3,29 en proposant un traitement médicamenteux pour combattre les maladies cardiovasculaires ;
  • US $2,80 en augmentant l’activité physique ;
  • US $2,74 en prenant en charge le cancer.

Les maladies non transmissibles déciment chaque année 41 millions de personnes, ce qui représente 71% de l’ensemble des décès dans le monde. Le nombre de décès imputables à ces maladies va croissant, y compris dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Comme ce sont généralement des affections de longue durée, les maladies non transmissibles sont particulièrement préjudiciables aux familles peu nanties, car un traitement de longue haleine et onéreux épuise les ressources des ménages, pousse les familles dans la pauvreté et obère le développement. Le rapport   Saving lives, spending less: a strategic   response to NCDs   lance un appel explicite aux donateurs, les invitant à soutenir les pouvoirs publics en offrant un financement qui va catalyser l’ambitieuse expansion des politiques les plus rentables susceptibles de sauver des millions de vies.

Note aux rédactions

Les maladies non transmissibles – maladies cardiovasculaires, cancer, diabète, pneumopathies chroniques et troubles mentaux – ont tendance à être des affections de longue durée (ALD) et résultent d’une combinaison de facteurs génétiques, physiologiques, environnementaux et comportementaux. Le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et une mauvaise alimentation sont autant d’éléments qui augmentent le risque de mourir d’une maladie non transmissible. La détection, le dépistage et le traitement maladies non transmissibles, ainsi que les soins palliatifs, sont des composantes essentielles de la riposte aux maladies non transmissibles. L’OMS reconnaît aussi que la pollution atmosphérique constitue un facteur de risque grave pour ces maladies.

Afrique

La Banque mondiale note une augmentation économique dynamique d'ici à 2020

La croissance dans les marchés émergents et les économies en développement devrait atteindre… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 World Health Organization. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.