23 Mai 2018

Cote d'Ivoire: Emprisonnement infligée à Nayanka Bell / Me Martin Koudou Dogo (avocat de la chanteuse) - 'La condamnation est totalement injustifiée'

Elle est visiblement sous le choc et n'en revient pas encore. Pour Nayanka Bell, le verdict du litige foncier qui l'oppose à des populations locales dans la zone d'Agboville sonne comme un coup de massue. La chanteuse a été condamnée, jeudi dernier, par la Cour d'Appel d'Abidjan à trois ans d'emprisonnement ferme et à une amende de 160 millions de FCFA, pour le préjudice de destruction de plants au cours de l'année 2014.

Samedi dernier, la chanteuse et son conseil, Me Martin Koudou Dogo, avocat à cour, étaient face à la presse, dans l'hôtel de Nayanka Bell, situé à la Riviera Golf 4, pour dire leur part de vérité. « La condamnation est totalement injustifiée», a martelé Me Dogo, avant d'expliquer : « En droit général, il faut clairement établir la culpabilité du mis en cause.

Or là, le dossier ne prouve pas qu'elle a détruit les plantations».Selon lui, les juges se sont fondées sur un rapport d'expertise, qui, en lui-même, n'apporte pas de preuve tangible de la culpabilité de sa cliente.

Et Me Dogo de souligner que, dans ce document, l'expert indique que « de ses investigations» qu'il ressort que c'est « dame Nayanka Bell et son frère qui ont détruit les forêts». Pour l'avocat de l'artiste, ces propos ne constituent pas, en soi une preuve pour la culpabiliser.

Bien plus, il estime surréaliste que Nayanka Bell puisse, fut-elle aidée par son frère, détruire 118 ha de plantations, dont 80 ha de plants d'hévéa de plus de 10 ans à la machette. Quant à l'artiste, elle est visiblement traumatisée. «C'est du jamais vu. Une première. Qu'un chanteur ou une chanteuse subisse la cabale judiciaire de son propre pays. Je suis une victime.

Les terres ont été bornées par un géomètre assermenté. Des parcelles ont été attribuées à des squatters. On a trompé les juges. Ce rapport aurait dû être fait par le ministère de l'Agriculture et non un privé », a-t-elle asséné.

Bien plus, Nayanka Bell argue que les parcelles en question sont située dans le village d'Anon, et non à Bokao, comme mentionné dans le rapport de l'expert. A l'en croire, Bokao n'a pas de patrimoine, et est plutôt «un campement créé sur les terres de la Sodefor ».

« Nos terres ont subi plusieurs expertises. C'est une supercherie. Cela fait 15 ans de procé- dure, j'ai assez souffert. J'ai été condamnée sur un tas de mensonges. Ceux qui m'accusent de détruire ne peuvent pas apporter la preuve que ces terres leur appartiennent. Ils n'ont aucun document prouvant qu'ils ont acquis ces terres.

Je suis la victime et l'accusée», a-t-elle fait savoir. Pour l'instant, Me Dogo et sa cliente prennent le temps de la réflexion pour décider de la suite à donner à cette affaire. Ils n'écartent pas l'idée de saisir la Cour Suprême.

Après sa première condamnation par le Tribunal de 1ère instance d'Agboville, suivie de la décision de la Cour d'Appel, ça sera leur dernière cartouche dans cette bataille.

Cote d'Ivoire

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