24 Mai 2018

Burkina Faso: Démantelement d'une cellule terroriste à Rayongo - « Ils projetaient une attaque dans la capitale, courant juin 2018 »

Photo: fasozine
Démantèlement d'une cellule terroriste à Rayongo - 3 assaillants et un gendarme tués, des armes saisies

24 heures après l'intervention de l'Unité Spéciale d'intervention de la Gendarmerie nationale (USIGN) contre les présumés terroristes au quartier Rayongo, dans l'arrondissement 11 de Ouagadougou, le procureur du Faso, Maïza Sérémé, a livré les premiers éléments de l'enquête. C'était à l'occasion d'une conférence de presse tenue le mercredi 23 mai 2018 au Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Les identités des présumés terroristes neutralisés par l'Unité Spéciale d'intervention de la Gendarmerie nationale (USIGN), dans la nuit du 21 au 22 mai dernier au quartier Rayongo, dans l'arrondissement 11 de Ouagadougou, sont plus ou moins connues. Il s'agit de Youssouf Ouédraogo, Abdoulaye Sawadogo alias Abdallah, Malick Sandra et Mohamed Cissé, le seul survivant.

Ils sont de nationalité burkinabè et malienne. Youssouf Ouédraogo et Abdoulaye Sawadogo alias Abdallah sont Burkinabè. Malick Sandra et Mohamed Cissé, eux, sont Maliens. Comment ont-ils été débusqués ? Les informations données par le procureur permettent de répondre à cette question.

Après les attentats du 2 mars 2018 contre l'Etat-major général des armées et l'Ambassade de France au Burkina Faso, une équipe d'investigation, composée des Services de renseignements de la Gendarmerie nationale et de la Police Nationale, des Services de police judiciaire et de l'Agence nationale de renseignement, a été mise en place. Leur mission ? Mener des enquêtes. Le résultat est probant.

Car c'est leur travail qui a permis de mettre hors d'état de nuire les présumés terroristes de Rayongo. Le travail abattu par cette équipe, a permis d'identifier un groupe d'individus dans une mini villa, dans le quartier Rayongo de l'Arrondissement n°11 de Ouagadougou.

Après des investigations plus poussées, l'Unité Spéciale d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (USIGN) est montée à l'assaut des présumés terroristes, dans la nuit du 21 au 22 mai 2018.

Une fois sur le site, les suspects, au nombre de quatre, ont refusé d'ouvrir leur porte. Pire, ils ont été les premiers à faire feu sur les FDS. Il s'en est suivi des échanges de tirs nourris entre les éléments de l'USIGN et les occupants de la maison, jusqu'au petit matin.

Le butin de la villa et les liens avec les assaillants du 2 mars

Les constatations matérielles sur les lieux ont permis de découvrir un arsenal de guerre composé de deux (02) fusils de type AK47, un fusil mitrailleur PKMS, deux (02) pistolets automatiques, un (01) revolver, mille quatre-vingt-dix-sept (1097) cartouches de 7,62 et 9 mm, vingt-huit (28) chargeurs pour fusil AK47, des pains plastiques, des clous, des cordons détonants, des détonateurs, des grenades, des tenues militaires de l'armée burkinabè et de l'armée française, des appareils et du matériel de communication.

De même, d'autres objets ont été retrouvés : plusieurs plaques d'immatriculation de vélomoteurs et de voitures, une motocyclette et un vélomoteur, un véhicule de marque Nissan Alméira du même modèle que celui utilisé contre l'Etat-major général des armées le 2 mars 2018.

Une des plaques d'immatriculation est d'ailleurs celle du vélomoteur utilisé dans l'attaque de l'Etat-major général des armées. Une autre plaque saisie dans la même villa, renvoie à un véhicule aux caractéristiques identiques à celui de marque Nissan Almeira qui a explosé au sein de l'Etat-major général des armées.

L'ensemble de ces éléments découverts a permis, selon les enquêteurs, d'établir un lien entre les occupants de la villa et les assaillants des attaques terroristes du 2 mars 2018.

Du cerveau du groupe

Les premiers éléments de l'enquête font ressortir que les quatre individus occupaient la villa depuis le 10 mai 2018. De cette villa, le groupe préparait une attaque en juin 2018 à Ouagadougou.

Le cerveau du groupe, Abdoulaye Sawadogo alias Abdallah, est impliqué dans plusieurs actes à caractère terroriste. Il s'agit de l'attaque de la Brigade territoriale de gendarmerie de Samorogouan, le 9 octobre 2015 et celui du 2 mars dernier contre l'Etat-major général des armées et l'ambassade de France. Le groupe de terroristes, démantelé dans le quartier de Kilwin, le 23 octobre 2016, était sa fabrication.

Projet d'attaque en juin à Ouaga

Le groupe de la villa de Rayongo préparait un autre coup. « Il est établi qu'ils projetaient une attaque dans la capitale, courant juin 2018, contre des cibles importantes », a confié le Procureur du Faso, Maiza Serémé. Mais à l'étape actuelle de l'enquête, a précisé Maiza Serémé, il est difficile de donner les cibles visées.

On apprend que les occupants de la villa appartiennent au même groupe terroriste (Al Mourabitoun, un des groupes terroristes composant le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (Nusrat al-Islam Wal-Muslim).

D'ailleurs, a souligné le procureur du Faso, le cerveau du groupe, Abdoulaye Sawadogo alias Abdallahn, en plus d'être impliqué dans les actes terroristes, était un recruteur et formateur.

« Il formait les gens au maquis. C'est quelqu'un qui est très impliqué dans le terrorisme. Il est ressorti qu'il voulait installer au Burkina le Djihad parce qu'il se disait que les gens sont des Kafr », a-t-elle dit.

Le propriétaire de la villa entendu

Le parquet abritant le Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme a ouvert une enquête de flagrance pour association de malfaiteurs terroristes, assassinats, tentative d'assassinats, vols aggravés, détention illégale d'armes à feu et de munitions le tout en relation avec une entreprise terroriste et pour financement du terrorisme.

Répondant à la question d'un journaliste, Maiza Seremé a fait savoir que le propriétaire de la villa où étaient logés les présumés terroristes a été entendu, comme les personnes interpelées. Selon ses dires, ce dernier a confié que les présumés terroristes habitaient la maison depuis le 10 mai 2018.

Le bailleur a révélé qu'il avait été contacté par une autre personne pour louer le bâtiment pour son frère. Après un accord verbal, les locataires ont payé trois mois de loyer.

C'est après cette opération qu'il a constaté qu'il y avait plusieurs personnes qui habitaient sa cour. D'après Maiza Seremé, les témoignages des voisins font ressortir que ce sont des personnes qui vivaient retranchées.

« Ils ne se mêlaient pas à la population. Lorsqu'on venait taper à la porte, ils refusaient de répondre aux salutations. Ils vivaient renfermés sur eux-mêmes », a-t-il indiqué.

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