24 Mai 2018

Madagascar: Planter à Madagascar pour en refaire le grenier de l'océan Indien

L'objectif consiste à combiner la demande de La Réunion et de Maurice pour le maïs et de permettre à Madagascar de retrouver son rôle de grenier de l'océan Indien.

La possibilité de mettre en place un projet de production de maïs à Madagascar afin de satisfaire la demande à l'île de La Réunion et à Maurice sera au cœur des échanges lors de la prochaine conférence ministérielle des pays membres de la Commission de l'océan Indien. Les travaux de cette conférence, qui aura lieu prochainement à Antananarivo s'articuleront autour de l'autosuffisance alimentaire.

«Nous travaillons sur un projet en vue de combiner la demande pour le maïs à l'île de La Réunion et à Maurice. La production de maïs va se faire à Madagascar», devait déclarer Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Affaires étrangères et de l'intégration régionale, à l'issue de la première réunion de la commission mixte Maurice/Madagascar.

Les travaux de cette première réunion se sont déroulés le jeudi 17 mai au Trou-aux-Biches Beachcomber Golf Resort and Spa. «Madagascar aura alors l'occasion de reprendre en main son destin de grenier des pays de la région de l'océan Indien. La mise en place d'un tel projet est l'exemple type de ce qu'on est en mesure de réaliser ensemble.»

Elevage

N'étant pas producteur de maïs, Maurice en a importé pour quelque 95 millions de kilos en 2016 au coût de Rs 680,2 millions contre 109,5 millions de kilos l'année dernière pour un montant de Rs 742,7 millions.

La possibilité de produire du maïs à Madagascar a été accueillie favorablement par Michel de Spéville, président du conseil d'administration et fondateur du groupe Eclosia. Pour cause, il fait partie de ces nombreux Mauriciens qui ont toujours cru dans le rôle de grenier que Madagascar peut jouer pour la région.

«Nous avons opéré un développement inclusif depuis une vingtaine d'années à Madagascar», souligne-t-il. «Pour l'élevage à Maurice comme à Madagascar, le maïs est un élément essentiel. À Maurice le maïs est importé de l'Amérique du Sud. Si on tient compte de l'insécurité territoriale des océans et le vaste potentiel de la Grande Ile, la nécessité de promouvoir la culture du maïs à Madagascar est évidente.»

Il soutient que l'autosuffisance alimentaire devrait être la première motivation de ce projet de production de maïs à Madagascar. «À la base du projet, la sécurité alimentaire pour Madagascar et la région, mais aussi un moyen pour booster l'entrepreneuriat sur ce vaste territoire qui a un potentiel énorme.»

Rôle de la COI

Pour Michel de Spéville, le prix du maïs produit à Madagascar doit être compétitif : «Il est évident que le prix du maïs doit être compétitif avec le marché mondial afin de ne pas être une entrave aux entreprises engagées dans l'élevage. Il n'y a aucune raison que Madagascar ne puisse être aussi efficace que l'Amérique du Sud ou tout autre pays. Nous croyons en Madagascar ainsi qu'en l'engagement des entrepreneurs producteurs malgaches et sommes confiants que ce projet va réussir avec le soutien des autorités et de la Commission de l'océan Indien.»

Pour Hamada Madi, secrétaire général de la Commission de l'océan Indien, primor- dial est le rôle de Madagascar dans l'Indianocéanie où, avec l'appui de la FAO, la commission mène une action ambitieuse pour la sécurité alimentaire.

«La clé de voûte du dispositif est bien entendu Madagascar qui, au regard de sa grande surface agricole utile et du potentiel avéré de production, est en mesure de redevenir le grenier de l'océan Indien qui est sa vocation.»

Sécurité alimentaire

Le secrétaire général de la COI avance que les études commanditées par l'institution qu'il dirige ont conclu qu'une dizaine de denrées, porteuses pour la sécurité alimentaire des Malgaches d'abord et aussi pour répondre aux besoins de la région, ont été identifiées. Ce sont, entre autres, les grains secs, les oignons, le riz et le maïs.

«La réponse est là, à nos portes : produire du maïs à Madagascar répond à des besoins alimentaires de base et aussi à des besoins en provende notamment pour l'aviculture, comme à Maurice.»

Pour Hamada Madi, l'implication de la Commission de l'océan Indien dans un programme régional de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui démarre ses activités va bien au-delà du développement agricole régional. «Il s'agit non seulement de développer des filières agricoles productives mais aussi d'améliorer les systèmes de distribution et de stockage comme les normes phytosanitaires, entre autres.»

«La COI joue pleinement son rôle en mobilisant les partenaires techniques et financiers, comme le Fonds international de développement agricole, le FIDA, l'Union européenne et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le CIRAD et le secteur privé régional, notamment mauricien, qui se montre intéressé à cette initiative.»

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