24 Mai 2018

Afrique: 53ème Assemblées annuelles de la BAD - Plaidoyer pour accélérer le processus d'industrialisation du continent

La cérémonie officielle d'ouverture des 53ème Assemblées annuelles de la Bad s'est déroulée, hier, à Busan, en Corée du Sud. Une occasion, pour le président de cette institution, tout comme les Premiers ministres marocain et rwandais et le vice-Premier ministre coréen, de faire un véritable plaidoyer pour accélérer l'industrialisation du continent.

C'est à un véritable plaidoyer sur l'urgence d'accélérer l'industrialisation de l'Afrique que les participants aux 53ème assemblées annuelles de la Bad ont assisté hier. C'était lors de la cérémonie officielle d'ouverture de ces rencontres qui se déroulent à Busan en Corée du Sud du 21 au 25 mai.

Le ton a été donné par le président de la Bad, Akinwumi Adesina, en présence des Premiers ministres du Maroc et du Rwanda, du vice-Premier ministre de la Corée, des ministres africains, des responsables de la Bad, de représentants d'institutions internationales et de nombreux autres participants. Ces dirigeants marocain, rwandais et coréen ont tous appelé à l'industrialisation du continent.

« L'Afrique doit apprendre sur l'expérience de la Corée, de la Chine et du Japon. Parce qu'elle est en train de se désindustrialiser avec des pertes énormes », a déclaré M. Adesina. Il reste convaincu que c'est l'une des voies pour le développement du continent et pour le règlement du problème de l'emploi des jeunes.

Selon lui, chaque année, ce sont près de 11 millions de jeunes africains qui arrivent sur le marché du travail dont seulement 3 millions parviennent à s'insérer.

Le président de la Bad regrette le fait que l'Afrique se retrouve au bas de la chaine de valeur. Il évoque le cas du cacao produit principalement dans le continent, mais qui est transformé ailleurs tout comme l'or. «Chaque année, l'Afrique produit 75% du cacao mondial.

Cependant, elle ne tire que 5% des 120 milliards de dollars de revenus générés par le marché du chocolat », a-t-il déploré. Pour l'or, poursuit-il, l'Afrique représente 50% des productions, mais ne bénéficie que de 4% des revenus sur un marché de 300 milliards de dollars par an. Pour inverser la tendance, il appelle à l'industrialisation.

Il a saisi cette occasion pour rappeler que la Bad a lancé, en 2016, sa stratégie pour l'industrialisation de l'Afrique couvrant la période 2016 - 2025. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution va investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l'industrialisation de l'Afrique.

En même temps, la Bad va aider le continent dans l'industrialisation de l'agriculture en soutenant les besoins des pays dans la mise en œuvre des zones de cultures de base pour faciliter la création d'agribusiness et d'industries connexes, le tout supporté par des infrastructures intégrées : routes, électricité, eau Tic.

L'objectif étant de créer de nouvelles zones économiques en milieu rural. L'autre initiative, poursuit-il, est d'investir dans les nouveaux moyens d'industrialisation : parcs technologiques, programmes d'incubation, et d'accélération, connexion des Pme aux pôles d'industrialisation.

En plus, la Bad appelle à se focaliser sur l'appui au secteur privé en restant équitable dans les investissements. Ce qui implique les Pme. L'autre moyen de favoriser l'industrialisation, c'est de continuer à soutenir le développement des marchés financiers, mais également encourager le partenariat nord-sud et sud-sud par le développement industriel.

Investissement de 35 milliards de dollars

Le Premier ministre rwandais a, à son tour, insisté sur la nécessité d'accélérer le processus d'industrialisation du continent. Edouard Ngirente affirme que le thème des assemblées annuelles est une occasion, pour les participants, de réfléchir sur l'industrialisation qui est un catalyseur pour le développement.

« L'industrialisation permet de créer de l'emploi, des revenus et la prospérité. Mais la participation de l'Afrique dans la chaine de valeur mondiale est de 2% », a-t-il dit. Pour changer la tendance, il souligne qu'il faut une volonté politique, un secteur privé dynamique.

Un autre dirigeant africain, qui a plaidé pour l'accélération de l'industrialisation du continent africain, c'est Saadeddine El Othmani, le Premier ministre du Maroc. « Il faut croire en l'Afrique, avoir une volonté d'intégration pour aller à l'industrialisation. Le Maroc a cette orientation politique », a-t-il confié.

Il a rappelé que son pays dispose, depuis trois ans, d'un plan d'accélération industrielle. Selon lui, pour accélérer l'industrialisation, il faut un financement adéquat, suffisant, mais également des infrastructures notamment dans les zones urbaines et les étendre dans le monde rural. Il pense qu'il faut également une main d'œuvre qualifiée, des cadres compétents.

Le vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances coréen, Dong Yeon Kim pense que le moment est venu pour accélérer l'industrialisation de l'Afrique. Il estime que même si certains pays ont réalisé des taux de croissance importants, le potentiel du continent n'a pas encore été réalisé.

« L'industrialisation est nécessaire. Le moment est venu. C'est ce qu'a compris la Bad en faisant de ce secteur une priorité », a déclaré M. Kim.

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