25 Mai 2018

Tunisie: BCE fera-t-il le choix du cœur ou de la raison ?

Aujourd'hui, vendredi 25 mai, les Tunisiens seront suspendus au palais de Carthage pour découvrir le sort réservé à Youssef Chahed et à son gouvernement à l'issue de la réunion des signataires du Document de Carthage sous la présidence du chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi en vue d'avaliser la feuille de route (le programme de salut national) préparée par le comité des experts et convenir sur le maintien de Youssef Chahed au palais de La Kasbah ou le choix d'une autre personnalité pour l'application du nouveau document appelé, désormais, Document de Carthage II.

Donc, aujourd'hui, les Tunisiens découvriront si le président Caïd Essebsi, l'initiateur Pacte de Carthage, cédra aux «exigences-caprices de son fils Hafedh, directeur exécutif de Nida Tounès, pour qui la stabilité signifie le choix d'un chef de gouvernement capable de mettre à exécution les priorités de la nouvelle étape, d'une part, et aux revendications-pressions, d'autre part, exercées à un rythme quotidien par Noureddine Taboubi, secrétaire général de l'Ugtt, et ses principaux lieutenants dont en premier lieu Sami Tahri et Bouali M'barki qui se relaient pour convaincre les Tunisiens que le salut national passe par l'éviction de Youssef Chahed et la désignation d'un nouveau locataire au palais de La Kasbah qui acceptera que les entreprises publiques en faillite continuent à puiser dans les caisses de l'Etat, elles aussi vides, la finalité étant que les lignes rouges comme les définissent les syndicalistes ne soient pas dépassées», comme le soulignent beaucoup d'observateurs qui suivent régulièrement les va-et-vient au palais de Carthage et les personnalités reçues quasi quotidiennement par le chef de l'Etat.

Ainsi, le président de la République a-t-il reçu, hier, le chef du gouvernement Youssef Chahed pour discuter avec lui, selon le communiqué publié par le département communication de la Présidence, «de la situation générale dans le pays et du développement des indicateurs économiques, en particulier dans le domaine du tourisme».

Comme à l'accoutumée, le communiqué ne souffle aucune indication sur ce qui va se passer aujourd'hui, comme si la réunion des signataires du Document Carthage II n'avait aucun rapport avec la décision qui sera prise à propos de l'avenir de Youssef Chahed.

Et les journalistes de se voir obligés de recouper les informations et les indiscrétions publiées ici et là dans le but de scruter les décisions qui pourraient découler de la réunion d'aujourd'hui.

Ainsi, la rencontre qui devait grouper, hier, le chef de l'Etat avec le SG de l'Ugtt, Noureddine Taboubi, vise-t-elle à convaincre le patron de la centrale ouvrière «de donner une autre chance à Youssef Chahed pour parachever son action à la tête du gouvernement mais en suivant une nouvelle approche de gestion dont en premier la concertation avec l'Ugtt sur les grandes réformes sur l'application desquelles les syndicalistes veulent que leur voix soit écoutée, et en premier lieu les dossiers relatifs aux caisses de sécurité sociale (Cnss et Cnrps) et aux entreprises publiques dont la privatisation est inéluctable mais à condition que les droits des travailleurs y exerçant soient préservés».

Et quand le président de la République reçoit le même jour Youssef Chahed et Noureddine Taboubi, il est légitime de s'attendre à ce qu'un rebondissement dans les positions des uns et des autres se produise aujourd'hui, dans le sens du maintien du chef du gouvernement à son poste à La Kasbah en contrepartie «d'un remaniement ministériel qui écarterait les visages que l'Ugtt considèrent comme incompétents et dont certains lui ont déclaré ouvertement la guerre dans leurs déclarations TV ou radio».

C'est le cas d'Ennahdha qui a enfin levé le voile sur sa position officielle.

D'après un communiqué publié, hier, à l'issue de la réunion du bureau exécutif du parti, on apprend que le mouvement «est attaché à la stabilité du gouvernement qui ne doit pas être affectée par les remaniements partiels nécessaires».

Autrement dit, Ennahdha est pour le maintien de Youssef Chahed à son poste en signe de préservation de la stabilité du gouvernement. Toutefois, les nahdhaouis ne voient pas d'inconvénient à un remaniement partiel du gouvernement.

Reste la fameuse clause relative à l'engagement de Youssef Chahed et de ses ministres à ne pas se porter candidats aux élections prévues fin 2019, la tendance générale penchant vers l'idée de la considérer comme «inacceptable, inappropriée et inconstitutionnelle».

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