26 Mai 2018

Congo-Brazzaville: Un noble de l'animation radio s'en est allé

Jean Richard Mouyeni avait conféré à « JRM », initiales de ses nom et prénoms (plutôt ses prénoms et nom), une notoriété que l'on peut, en matière de radio, considérer comme un inestimable succès d'antenne. Le destin vient de l'emporter ce 22 mai, privant les auditeurs de la chaîne nationale - c'est comme cela qu'il aimait nommer Radio-Congo- d'une sentinelle à la voix suave qui les réveillait de bon matin. Arrachant à sa famille un des siens qu'elle portait et continuera de porter dans son cœur.

Au tout début de sa longue carrière devant le micro, JRM se révéla dans sa tranche musicale "La Grande parade". Nous sommes dans le cours des années 1980-1990. Il exposait les grandes vedettes de la chanson dans tous les genres musicaux tels qu'on les adore : rumba, soukouss, soul, blues, funk, jazz, rock'n'roll, reggae, country, disco, zouk, et quoi encore ! Il balançait Marvin Gaye et son hymne aux amoureux Sexual healing, passait sans se lasser Aretha Franklin, l'immense artiste musicienne américaine dans ses grandes signatures dont entre autres Let be, entremêlait sa voix à celles des musiques à la façon d'un disc-jockey bien rôdé.

JRM a marqué cette époque aux côtés de talentueux autres animateurs. On peut mentionner Sosso Gyvner, Chrysostome Gérard, Raymond Moundzakama, Minguieli Solo Koffi, Hubert Bernard Mayassi, Claude Alain Yakité et beaucoup d'autres encore. Nul ne pourrait contester le fait qu'en ces temps-là, Radio-Congo ou la Voix de la Révolution congolaise battait les records de l'audimat. On sait que la chaîne nationale travaille à la reconquête de son audience.

Increvable, JRM s'est relancé dans les temps présents qui vont leur temps, dirait Mayassi, avec "Noblesse antenne". Toujours beaucoup de musique, mais aussi une palette de conseils pratiques pour donner du sens à la mission éducative de la radio. Il assaisonnait le tout, en fonction de ce qui lui tombait sous la main, avec une tranche spécifique, une sorte de revue de littérature dédiée aux œuvres de ses compatriotes. Ce Congo qui écrit beaucoup lui donnait matière à commentaires et à anecdotes.

Un jour qu'il passa par nos bureaux aux Dépêches de Brazzaville, nous échangeâmes sur sa production par le côté qu'il semblait affectionner le plus, celui de la musique. Il nous fit voir de toutes les couleurs en repérant à toute aise les tubes que nous balançâmes sur notre DVD, révélant pour chacun, à quelques exceptions près, le nom de son compositeur. Il alluma ensuite son vieux tacot pour, nous confia-t-il, gagner Radio-Congo.

JRM avait son timbre de voix inimitable mais une diction éminemment châtiée qui rappelait peut-être son passage dans le monde de l'enseignement. Cette voix profonde des matinées de Radio-Congo s'est estompée pour l'éternité. Après avoir rempli son office sur cette terre des hommes en perpétuel mouvement. Adieu l'artiste ! Adieu JRM, le très-très « No.b.le."

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