2 Juin 2018

Afrique Centrale: Processus de Kimberley - Marie-Chantal Kaninda plaide pour un approvisionnement responsable en diamants

La directrice exécutive du Conseil mondial du diamant (CMD) s'est exprimée devant les responsables du département d'État américain et de la société civile, le 31 mai, afin de présenter la stratégie de cette organisation consistant à sensibiliser et à encourager la participation aux efforts de lutte contre les diamants de conflits.

Le Conseil mondial du diamant a été invité à s'exprimer pour la première fois au département d'Etat américain. La présentation de sa directrice exécutive s'inscrivait dans le cadre d'une série de programmes du bureau des contre-mesures sur la menace financière du département d'État américain qui préconise des politiques visant à minimiser les financements disponibles pour les groupes menaçant la sécurité nationale, internationale et régionale. Cela comprend les groupes qui utilisent le commerce illicite de diamants et des minerais de conflits pour financer leurs opérations contre des gouvernements légitimes.

Au cours de sa présentation, Marie-Chantal Kaninda a rappelé l'histoire de l'approvisionnement responsable en diamants via le CMD , le processus de Kimberley (PK) et le Système de certification du processus de Kimberley (SCPK), qui constitue la principale initiative internationale visant à empêcher le trafic international de diamants de guerre - des diamants bruts servant à financer les conflits armés. Marie-Chantal Kaninda a également parlé des contributions actuelles à l'éducation, à la santé, à l'emploi et au développement économique rendues possibles grâce à un approvisionnement responsable.

La directrice exécutive du CMD a également évoqué des domaines où des changements et des améliorations sont nécessaires pour continuer à faire une différence positive. Ces domaines portent sur les diamants de conflits, les normes minimales du SCPK et la mise en œuvre à long terme de ses directives par l'intermédiaire d'un secrétariat permanent. Marie-Chantal Kaninda a conclu sa présentation en rappelant à l'auditoire que l'industrie, le gouvernement et la société civile sont plus forts ensemble. Elle a demandé aux fonctionnaires du département d'État américain de soutenir des changements significatifs en exerçant leurs droits de vote en tant que membres du PK. Elle a, en outre, fait appel à l'assistance, en tant que consommateurs de diamants, de continuer à insister sur les produits éthiques.

Le président par intérim du CMD, Stéphane Fischler, a déclaré que la présentation de Marie-Chantal Kaninda était une occasion importante de continuer à diffuser le message de responsabilité, d'action et de résultats significatifs de l'industrie du diamant. « Nous devons tous nous réunir avec un objectif commun et remplir le devoir de diligence envers les communautés productrices de diamants afin de protéger leur droit à une vie sûre, saine et prospère. Nous tenons également notre responsabilité envers les consommateurs les plus respectés, ceux qui achètent nos produits dans l'espoir que les diamants proviennent de sources éthiques et responsables. En encourageant les autres à se joindre à notre cause, nous pouvons faire en sorte que la chaîne de confiance demeure inébranlable », a estimé Stephane Fischler.

Rencontre avec les parties prenantes en RDC

Avant sa présentation au département d'État américain, Marie-Chantal Kaninda et Stephane Fischler étaient en RDC début mai pour rencontrer les principales parties prenantes impliquées dans le processus de Kimberley. Ils se sont ainsi entretenus avec le président du groupe de travail sur la production artisanale et alluviale, le ministre des Mines, le président du Centre d'évaluation, d'expertise et de certification , son vice-président et toute l'équipe, l'Initiative diamant et développement (DDI), les membres de la société civile de la RDC et les sociétés minières, les coopératives et les exportateurs ainsi que les ambassadeurs de l'Union européenne et du Canada. Stéphane Fischler et Marie-Chantal Kaninda ont également visité les ambassades des pays impliqués dans le PK, le département pour le développement international, la Banque mondiale et ONU Femmes. « Nous rencontrons personnellement les parties impliquées dans le processus de Kimberley, parce qu'il est crucial d'avoir ces interactions interpersonnelles et d'entendre les opinions des parties prenantes pendant que nous travaillons à travers le processus de réforme du PK. C'est un processus qui demande du temps et des discussions avec ceux qui sont touchés et ceux qui mettent en œuvre le Processus de Kimberley dans leur pays. Ces discussions fructueuses nous aident à identifier les progrès réalisés et les améliorations à apporter », avait déclaré Stephane Fischler.

Enregistrement des mineurs artisanaux

Les réunions entre le CMD et les parties prenantes ont principalement porté sur deux sujets: le soutien de la RDC en matière de réforme du PK et la mise en place du secrétariat permanent ainsi que le processus de formalisation, d'enregistrement et de traçabilité des mineurs artisanaux en RDC. Tous les acteurs locaux, indique le CMD, ont salué la campagne de formalisation très réussie de la DDI qui a permis à deux cent mille mineurs artisanaux d'être enregistrés avec le soutien du ministère des Mines. « Le gouvernement de la RDC et les agences minières reconnaissent l'importance de travailler pour formaliser les mineurs artisanaux et ont exprimé leur engagement à améliorer la traçabilité, pour laquelle leurs efforts méritent d'être reconnus. Nos discussions ont été extrêmement utiles et nous sommes impatients de continuer à bâtir ces relations et à participer à des réunions similaires avec des parties prenantes en Angola plus tard cet été », avait déclaré Marie-Chantal Kaninda.

Les résultats de ces discussions, indique un communiqué du CMD, ont été positifs et ont permis de mettre en évidence des améliorations qui méritent d'être soulignées ainsi que des défis qui continuent d'exister. « Un nouveau code minier a été promulgué dans le pays et a considérablement amélioré les dispositions en faveur de l'exploitation minière artisanale. Le principal défi à relever consiste maintenant à améliorer les conditions de travail des artisans dans le respect des normes de traçabilité proposées par la DDI et à impliquer les communautés de mineurs dans d'autres discussions sur l'avenir de l'extraction de diamants en RDC », note le communiqué.

Le CMD est une organisation industrielle axée sur la prévention des diamants de conflits d'entrer dans la chaîne d'approvisionnement mondiale et qui vise à préserver la valeur attachée aux diamants naturels. Créée en 2000, elle est la seule organisation où le commerce des diamants est totalement représenté, du producteur au détaillant, et comprend les entreprises commerciales les plus influentes, les organisations à but non lucratif et des entreprises privées. Le CMD est la voix de l'industrie internationale du diamant dans une collaboration tripartite avec les gouvernements et la société civile connue sous le nom de Processus de Kimberley.

Marie-Chantal Kaninda est la présidente du CMD depuis le 1er mars 2017. Elle a plus de vingt ans d'expérience professionnelle dans le secteur minier au sein de grands groupes internationaux comme Rio Tinto, AngloGold Ashanti et De Beers.

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