5 Juin 2018

Mali: Que semence germe Mali !

La terre ne ment pas. Les cieux sont généreux. Le cultivateur ne récolte que ce qu'il sème. Et l'électeur, son élu. Tant Dieu Est Grand. Le Mali est devenu ce grand hippopotame, blessé à mort, par son piroguier, aviateur en chef. Le Mali ne cessera jamais d'être cette belle graine semée par de gracieuses mains invisibles.

Son cycle végétatif planétaire passe tous les jours par la décomposition souterraine de la semence, produite par la dernière génération de ses experts en génétique politique. Chaque citoyen éclairé, du monde trouble des affaires internationales, contribue, de gré ou de force, à son enrichissement, tout en appauvrissant, à dessein parfois malsain, sa généreuse capacité de partage, de ce qu'il n'a pas.

Savoir y vendre du vent de sable, aux investisseurs en immeubles tombeaux, apporte de la pluie monétaire, à la tranquille diversité de son fleuve humain, d'où ne se distingue point, qui sue à grosses gouttes de celui qui semble confortablement installé, sous air conditionné.

Par ses effets parapluie nucléaire, la situation actuelle de déliquescence dramatique, de ses produits et de ses services, ne concerne que les corps constitués de l'Etat (la vache laitière qui broute dans le champ collectif, son sort est géré par la parole du public, qui recommande de la dépecer et distribuer en tas claniques), et certaines communautés, repliées sur leur double nombril. Cependant, cette complexe épreuve collective ne laisse personne indifférente au Cinéma 7D.

De l'intérieur ou de l'extérieur des ses terres cultivées, en jachère, ou en friche, les aigles nationaux migrent en toutes saisons électorales, au nom d'un nomadisme républicain, cher aux fonctionnaires encadrés, en démocrates de service, et sédentaires par précaution publique, pour les vieux jours privés.

Ces périodes festives de consultation du peuple, chargées de mauvais esprits individualistes, sont bénies pour la collecte internationale d'aumônes en business classe. Par toutes celles et tous ceux qui ont fait à son sol sacré, le sacrifice de leur vie, sans sécurité sociale, pour qu'il soit ce pays d'accueil, très rouge poussiéreux.

On y devient un homme qu'à la mort, autre naissance, non assistée, qui établit son identité sahélo saharienne, sur tous les océans du globe. A ce défi écologique majeur, en politique personnalisée, se consacre toute vie qui ne triche pas avec elle-même, ni ami, ni ennemi. Tout juste sincère.

Malgré la présente forte densité des mauvaises herbes, les pieds de mil s'y dressent fièrement, dans la haute solitude de leur implantation pluviale, sous fumure organique. Comme le Roi Balanza, perpétuellement hors saison forestière.

Dans le va et vient imprévisible, heureux et malheureux, d'un très long cycle de reproduction, dont les fruits sont réservés à la patience pieuse du père, à la grande sagesse maternelle et à l'énergie gratuite des jeunes et enfants, qui se saignent tout en nourrissant.

Au bout de ce silence guerrier collectif fleurit alors la talentueuse chanson de joie contenue, qui libère l'émotion individuelle des pas de danse, sans rien perdre de la raison musicale.

Et « qui règne par l'épée périt par l'épée » s'applique ici à toutes les mauvaises paroles prononcées et aux moyens actifs, licites et illicites, pour arriver au redoutable pouvoir, dont la sortie catastrophique et la gestion chaotique passent obligatoirement par l'entrée fétichiste, de son vestibule prospectiviste, sacrificiel pour les étrangers, étrangement autochtones de la Cité-Etat.

Toute la question de l'architecture politique est de savoir y poser les ouvertures et les fermetures qui donnent sens aérien aux indispensables murs, intérieur et extérieur. Renseignez vous sur le logiciel modèle auprès des maçons-imams de Djenné et de Tombouctou. Dans le cas des cases de brousse civilisée qui les servent de campement du désert ou du fleuve, l'unique porte fait office de fenêtre. Pourquoi ?

Parce que la réfection septennale du toit de la case sacrée de Kangaba impose de réunir tous les dignes bras valides de la maisonnée consultative pour poser ce qui fait office de chapeau en pailles, à vite bruler toute atteinte à la solidarité villageoise, même par défaut, lors du coup d'état improvisé de mars 2012. Maintenant que les hélicoptères atterrissent sur les terrasses d'immeubles hauts de gamme, l'ascenseur traverse le couloir de la mort VIP, à la vitesse du respect dû aux usagers, tous bouches cousues.

On ne sait jamais ce que rapportent les rumeurs aux humoristes professionnels, ils ne perdent pas un mot choc qui fasse chic et chèque. A chacun son métier qui mérite de larges parcelles de terrain à irriguer par le verbe qui créa l'homme, à son allègre arrivée au monde en criant, et le quittant tristement muet.

Côté connexion avec l'au-delà, ce pays des savanes rouges est le plus connecté des êtres vivants, visibles et invisibles. Et comment se fait-il qu'il soit le plus ignorant sur ce qui l'attend de pied ferme sur l'autre rive « tu la fermes à jamais ». Tu ne diras rien à personne. Même pas à papa, ni a maman, ni au reste élastique de la parentèle. Dur d'avoir une langue sans le droit d'y gouter un son.

En tous les cas, il n'y à rien à comprendre de ce qu'ils pensent. Ils ne pèsent pas lourd diamants sur la balance des peoples qui se paient les petites gens. Hiérarchie spirituelle oblige entre deux pierres roulantes.

Mais pas échelle religieuse, puisqu'il n'y pas de contrainte à ce niveau égalisateur, aujourd'hui vilipendé par les futilités de ses propres banaliseurs.

Tout comme la démocratie qui est une libérale prétention à la fraude électorale de l'élite, avec le consentement « business as usual » du peuple, actif ou passif, selon les vues généralisées de l'éminent politologue nord américain, Vincent Ostrom.

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