7 Juin 2018

Burkina Faso: Banques locales - 100 milliards de F CFA déversés sur les routes du développement

Le Fonds spécial routier du Burkina Faso a signé une convention de crédit d'un montant de 100 milliards de F CFA avec un pool bancaire conduit par la Banque internationale pour le commerce, l'industrie et l'agriculture au Burkina Faso (BICIA-B) et Ecobank-Burkina. Cet engagement a été matérialisé, le mardi 5 juin 2018, à Ouagadougou.

Le gouvernement burkinabè sait compter désormais avec les banques locales pour la mise en œuvre de son programme de développement. Le mardi 5 juin 2018, c'est une somme de 100 milliards de F CFA qui a été mobilisée auprès d'un consortium de six banques sur le plan national.

Le partenariat a été officialisé au cours d'une cérémonie de signature de convention à Ouagadougou,entre l'Etat burkinabè et ce pool d'établissements bancaires constitué de la Banque internationale pour le commerce, l'industrie et l'agriculture au Burkina Faso (BICIA-B), Ecobank-Burkina, Société générale Burkina Faso, Bank of Africa, engagées chacune pour un montant de 20 milliards de francs CFA et la Banque sahélo-saharienne pour l'investissement et le commerce (BSIC) ainsi que la CBAO qui mettent elles chacune, 10 milliards de F CFA sur la table.

Selon les termes du protocole d'accord, la centaine de milliards est engagée au bénéfice du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) pour financer les activités de la première tranche du Programme d'entretien routier (PER) du Burkina Faso. Cette levée de fonds a consisté spécifiquement en un prêt au taux de 6,75%, remboursable sur un délai de 7 ans et demi avec un différé de six mois.

Le Président du conseil d'administration (PCA) du FSR-B, Frank Tapsoba, a indiqué que le remboursement de ce prêt sera assis sur les recettes que le Fonds escompte engranger à travers la taxe sur les produits pétroliers (une source de financement du FSR-B). Le PCA s'est montré satisfait de cette« importante » opération de levée de fonds auprès du secteur privé burkinabè, une première dans les annales de l'entretien routier au Burkina, a-t-il dit.

« Les ressources mobilisées seront consacrées à hauteur de 70% à la construction d'un important ouvrage et à la construction et au bitumage de 374 km de route répartis sur 5 tronçons. Le reste du financement sera consacré à des travaux d'entretien courant et d'entretien d'urgence », a-t-il indiqué.

Des banques citoyennes

M. Tapsoba s'est d'autant plus réjoui de ce partenariat que le réseau routier du pays, constitué de 15 272 km de route classée dont 3 411 km bitumés, est vieux de 30 ans en moyenne avec un niveau moyen de dégradation de 60%. « La norme généralement admise pour la durée d'une route est de 15 ans », a-t-il souligné.

C'est donc pour résorber le déficit d'entretien des routes que le gouvernement burkinabè a adopté, selon lui, un programme national d'entretien routier dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES) et transformé le fonds d'entretien routier en fonds de 2e génération pour lui permettre de négocier directement des conventions de financement avec des partenaires privés. Ce qui a permis au FSR-B de négocier et obtenir ce crédit de 100 milliards.

Du côté du pool bancaire accordant ce prêt, l'administrateur, directeur général d'Ecobank-Burkina, Cheik Travally, se prononçant au nom de toutes les six banque sa laissé entendre que cette opération constitue un « évènement historique à marquer d'une pierre blanche dans les relations entre les établissements financiers et l'Etat ».

C'est surtout, a-t-il ajouté, la résultante de l'engagement du système bancaire national lors de la conférence des partenaires du Burkina Faso en décembre 2016 pour le financement du PNDES.

« Nous sommes témoins des grands chantiers de réalisation et d'entretien routier à travers les grandes villes du Burkina et nous fondons l'espoir que ce financement de 100 milliards contribuera à accélérer la cadence et amplifier le mouvement », a-t-il espéré.

De l'avis de M. Travally, la conclusion de cette convention de crédit vient démontrer que les banques locales financent l'économie nationale et qu'elles peuvent être comptées parmi les acteurs du « chantier du Burkina nouveau ».

La mobilisation de cette somme de 100 milliards démontre aussi, pour lui, la capacité du système financier national à réaliser des opérations complexes, ainsi que la possibilité pour les établissements bancaires burkinabè de se mettre ensemble et de partager les risques.

Cheik Travally a, par ailleurs, noté la confiance, la disponibilité et la parfaite intelligence avec laquelle ils ont conduit les travaux en partenariat avec le directeur général de la BICIA-B, Yao Kouassi, en tant que chef de file du pool bancaire. Pour leur part le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma et celui délégué en charge du budget, Edith Clémence Yaka ont félicité ce partenariat qui vient suppléer les insuffisances du budget national.

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