11 Juin 2018

Congo-Brazzaville: Livres - « Les applications des rayonnements ionisants » expliquées au citoyen lambda

Second tome d'une série d'ouvrages que le Pr Vincent Lukanda Mwamba s'emploie à publier désormais en vue d'expliquer la portée des travaux du Centre régional d'études nucléaires de Kinshasa (Cren-K), le présent ouvrage reporte de façon méthodique l'histoire et la description détaillée et illustrée de deux réacteurs Triga du site méconnu de l'Université de Kinshasa (Unikin).

Pour le physicien Vincent Lukanda Mwamba, « ce livre est un devoir de mémoire ». En effet, dans Les applications des rayonnements ionisants, plus particulièrement le tome II présenté à la sortie du Centre républicain Ishango pour le développement et la démocratie (Cridd), le 26 mai dernier, le physicien s'est, à juste titre, étendu sur la considération que les Congolais se doivent d'accorder au Cren-K. L'on tient du commissaire général au Commissariat général de l'énergie atomique/ Cren-K que le premier réacteur nucléaire implanté en Afrique l'a été au site de l'Unikin qui est historique sur ce point de vue. « Notre pays est le pionnier du nucléaire africain », précise-t-il en entame à ce sujet. Cependant, de nombreux Congolais n'en sont pas informés.

Effectivement, plusieurs sont ceux qui ne savent pas que la République démocratique du Congo (RDC) a une histoire nucléaire. Et encore moins, a soutenu le Pr Vincent Lukanda Mwamba, que « le nucléaire congolais s'est vraiment implanté dans le nucléaire mondial ». Ce, a-t-il affirmé, en partant de l'uranium congolais utilisé« pour créer le premier réacteur de recherche dans le monde par le physicien italien Enrico Fermi à Chicago; en utilisant l'uranium provenant de Shinkolobwe ».

Que l'on ne le dise pas assez dans l'histoire du nucléaire a révolté le physicien congolais qui, dès lors, s'est donné comme devoir de commencer à expliquer, à démontrer que « la République démocratique du Congo a sa grande part dans le boosting du nucléaire mondial ». Et par-delà, « les historiens le savent très bien, c'est encore l'uranium de la RDC qui a été choisi, pour sa qualité, dans l'utilisation de la bombe atomique qui a servi à imposer la paix dans le monde », a-t-il renchéri.

C'est un autre aspect qui n'est pas des moindres sur lequel le scientifique s'est résolu de communiquer. En considération de ces deux réalités, il a jugé aussi important, de décrire l'outil utilisé « dans ce site de l'Unikin au Centre régional d'études nucléaires de Kinshasa, parce que cet instrument parfois méconnu du public est très craint par lui ». Sur ce point, le Pr Vincent Lukanda Mwamba a reconnu : « Si c'est parfois à juste titre mais il convient de savoir que ce n'est pas un instrument de destruction mais plutôt de développement. C'est aussi un instrument stratégique et de puissance ». Il estime que vulgariser les travaux du Cren-K relève de son ressort. Aussi s'attelle-t-il à cette démarche avec énergie. « C'est moi qui dirige cette institution, je m'assigne ce devoir de mettre à la portée du public, d'une manière assez simpliste, la description de ce réacteur qui est un outil important pour notre pays », rappelle-t-il.

Utilité en santé

Par ailleurs, soutient l'éminent physicien, ce réacteur est d'une plus grande importance. « C'est avec lui que nous pouvons aider la République à bien valoriser ses ressources minérales, par exemple », estime-t-il. Mais encore, ajoute-t-il : « Nous pouvons faire des analyses approfondies, appelées analyses par activation électronique pour nous donner la cartographie et quantification exactes de tous les minerais que nous exploitons ». Il a cité un cas de figure qui a permis autrefois « d'analyser avec succès les déchets que (la) République avait l'habitude d'envoyer à Hoboken, en Belgique ». Le Cren-K l'avait alors mis au parfum sur le fait que « ces fameux déchets étaient aussi une grande richesse que l'on donnait gratuitement à la Belgique », précisant qu'à partir de là, des mesures avaient été prises pour que cette richesse soit retenue au pays.

« Ce même réacteur peut servir dans le domaine de la santé car nous pouvons y produire les radioéléments utilisés dans l'industrie et en médecine nucléaire », fait savoir le professeur. « Le fléau du cancer va au galop, la chimiothérapie a prouvé ses limites. Actuellement, l'on recourt abondamment à la médecine nucléaire pour faire de la radiothérapie. Cette dernière ne peut se faire qu'avec les productions de ces radioéléments fournies par ce réacteur », poursuit-il. « Nous avons, aux cliniques universitaires, l'unique centre de médecine nucléaire qui peut servir toute la nation et dont nous avons le devoir de faire la promotion pour répondre à ce problème de cancer », porte-t-il, en outre, à la connaissance de ses concitoyens.

Ce ne sont là que les deux exemples qu'il a donnés pour présenter au public l'importance de cet outil qui est parfois très méconnu, à travers la série Les applications des rayonnements ionisants. Le premier tome, rappelle-t-il, « concernait les applications en médecine nucléaire ». Quant au second, il est centré, dit-il clairement, « sur la description de l'outil lui-même pour aider la population à comprendre » ce qu'ils font "sur la colline inspirée"

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